Reuters / archives
Les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé hier soir le déblocage d'une première tranche de l'aide à la Grèce, qui lui permettra de rembourser dès aujourd'hui 3,4 milliards d'euros dus à la Banque centrale européenne, a annoncé dans un communiqué le Mécanisme européen de stabilité (MES). Le conseil d'administration du MES, composé des ministres des Finances des 19, « a approuvé le programme pour la Grèce », indique le communiqué. La Grèce va recevoir immédiatement une somme de 23 milliards d'euros sur les 26 milliards prévus pour la première tranche de prêts, a confirmé une source proche du dossier.
Les 19 attendaient, avant de donner leur feu vert définitif à ce versement, que les Parlements nationaux appelés à se prononcer sur le nouveau programme d'aide à la Grèce l'aient fait. Mercredi, le dernier obstacle a été levé avec le vote du Bundestag allemand et des députés néerlandais en faveur de ce plan comportant une aide financière, sous forme de prêts, pouvant aller jusqu'à 86 milliards d'euros sur trois ans, accompagnée d'un mémorandum prévoyant de nombreuses mesures d'austérité et de réformes à mettre en œuvre par Athènes.
Sur cette somme, attendue jeudi en fin de matinée à Athènes, selon une source proche du dossier, le gouvernement grec va utiliser 13 milliards pour rembourser à la BCE les 3,4 milliards d'euros, dont 200 millions d'intérêts, dus jeudi-même, 7,16 milliards d'euros d'un prêt-relais accordé par l'UE en juillet pour que la Grèce puisse honorer un précédent paiement à la BCE, ainsi que ses arriérés à un autre grand créancier public, le FMI.
Dix milliards sont par ailleurs destinés à la recapitalisation des banques grecques. Une somme de 3 milliards d'euros a été mise en réserve et sera débloquée d'ici à novembre en fonction de la mise en œuvre des réformes votées par le Parlement grec.
L'accord sur le principe d'un nouveau plan, conclu in extremis le 13 juillet entre Athènes et ses créanciers pour éviter une sortie du pays de l'euro, a soulagé les milieux financiers et donné une bouffée d'air au pays, menacé d'asphyxie par d'interminables discussions, stériles jusqu'alors, avec les créanciers. L'agence de notation financière Fitch a relevé d'ailleurs d'un cran mardi la note à long terme de la dette de la Grèce, passant à CCC au lieu de CC. Mais en Grèce, le plan n'a été adopté la semaine dernière par le Parlement que grâce aux voix de l'opposition, et au prix d'une fracture au sein de Syriza. Trois députés sur dix du parti de M. Tsipras ont voté contre ou se sont abstenus lors du vote de ce plan, qui, comme les précédents (d'un montant à eux deux de 240 milliards d'euros), comprend des mesures d'austérité très controversées en échange de l'argent. Du coup, le gouvernement de coalition entre Syriza et son petit partenaire Anel ne semble plus pouvoir compter que sur une base de 119 députés sur 300, ce qui paraît ingérable, car l'opposition ne semble plus avoir l'intention de soutenir les votes demandés par M. Tsipras.
Vote de confiance
Le Premier ministre semble donc contraint de demander tôt ou tard au Parlement un vote de confiance. S'il le perd, des élections doivent être organisées dans le mois qui suit. D'autres personnalités comme le ministre de la Santé Panagiotis Kouroumplis estiment de toute façon que, « même si le gouvernement obtient le vote de confiance, les élections sont la seule solution pour faire face au problème avec Syriza ».
M. Tsipras cache son jeu pour l'instant. Mais « après l'achèvement de la phase actuelle, c'est-à-dire le paiement au FMI jeudi, le gouvernement va prendre des initiatives politiques », a confirmé hier Olga Gerovassili, porte-parole du gouvernement à la radio Skaï. Elle a reconnu que « des questions se posaient sur la stabilité du gouvernement », mais assuré que celui-ci « n'a l'intention de discuter de ces sujets qu'à partir de la semaine prochaine ».
Les médias grecs se perdent en conjectures sur la date possible d'un scrutin. Si M. Tsipras est pressé, les plus téméraires osent la date du 13, ou plus probablement celle du 20 ou du 27 septembre. D'autres estiment que M. Tsipras pourrait vouloir attendre que les créanciers donnent un premier avis positif sur l'avancée des réformes, pour ouvrir la voie à un allègement de l'énorme dette grecque (175 % du PIB actuellement). Un succès dont l'électorat pourrait lui savoir gré.
Un proche de Syriza, aux idées différentes de celles du gouvernement, estimait il y a quelques jours auprès de l'AFP que M. Tsipras, qui reste très populaire, pourrait très bien à la fois se débarrasser de son aile gauche et emporter la majorité absolue.
(L'OLJ avec agences)
Tsipras veut désormais un quintet des créanciers
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a sollicité hier l'implication d'un cinquième membre dans le groupe des créanciers de son pays, le Parlement européen, « seule institution européenne investie d'un mandat populaire direct ».
M. Tsipras a écrit en ce sens hier au président du Parlement européen Martin Schulz : « Je demande l'implication directe et entière du Parlement européen en tant que cinquième acteur de ce qu'on appelle le quartet des créanciers, UE, BCE, FMI, Mécanisme européen de stabilité, « notamment dans le processus d'évaluation de la mise en place de l'accord sur un troisième plan d'aide au pays, conclu à l'issue du Sommet européen du 12 juillet ».
Il observe que cette possibilité est prévue par les textes européens, pour les États membres « connaissant des difficultés sérieuses de stabilité financière ».
M. Tsipras indique « considérer comme politiquement impératif que la seule institution européenne investie d'un mandat populaire direct agisse en tant que garant ultime de la responsabilité économique et de la compatibilité de la politique économique en Europe avec les acquis européens (expression en français dans le texte, NDLR) politiques et sociaux ».


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve