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Destination émotions

I - Le parfum envoûtant de Bangkok

Ce n'est pas un carnet de voyage dans le sens exact du terme : il n'y a pas d'adresses, pas de numéros de rues ou de noms d'établissements. C'est plutôt un carnet d'émotions, une invitation au voyage à travers cinq sens, exacerbés, irrités, mais heureux. Et une constante : l'envie, irrépressible, de revenir. Deux fois par mois, « L'Orient-Le Jour » vous emmène, sans visa et sans ceinture de sécurité...

Tout se consomme dans les rues de Bangkok. Photos C.H.

Excessive, suffocante, intense, Bangkok vit dans un chaos organisé par une étrange routine qui lui est propre. Les gens se bousculent. Les voitures, les tuk-tuk et les vélos envahissent les lieux dans un rythme lent, obsédant, inlassablement répétitif... L'air est irrespirable, encombré de pollution. Les visages, impassibles, finissent par ressembler aux façades flétries des immeubles, sorties d'une autre époque, qui se plient sans (encore) s'écrouler. Sur ses trottoirs vieillis par le temps, un temps qui s'est arrêté un jour, et indifférentes à une foule de gens pressés qui ne se regardent même pas, les scènes d'une vie plus qu'ordinaire se jouent, comme dans un théâtre improvisé sur lequel le rideau ne tombe jamais.
Tout se passe dans les rues de Bangkok. Tout se renifle, se sent et tout se hume. On y cuisine à longueur de journée et jusque tard dans la nuit. Du poisson, de la viande et des ragoûts qui dégagent d'étranges arômes exotiques mêlés à la citronnelle. On découpe les fruits, on brise les noix de coco pour en saisir le cœur et la fraîcheur. On propose indifféremment des cafards, des seiches, des colliers de fleurs. On s'arrête pour prier dans les magnifiques temples et retenir la spiritualité d'un encens apaisant. On s'aime, on se touche, on se quitte. On vend son corps pour quelques bahts. On s'exhibe, étranges personnages, plus vraiment hommes et pas encore femmes, portant haut et fort les couleurs d'un troisième sexe libéré.

 


Un moment de recueillement devant le bouddha doré. Photo C.H.

 

Corps blasés
Dans cette ville poursuivie par sa réputation hot de destination sexuelle, le meilleur côtoie le pire sur les trottoirs de Patpong. Les mineurs ont des regards d'adultes. Les vieux, ceux d'incurables dépendants presque pitoyables, sans que l'on sache vraiment qui des deux est le plus désespéré. Les bouddhas observent leur monde qui se transforme, impassibles mais bouleversés. La curiosité des corps est malsaine dans ces quartiers qui proposent pour quelques minables sous des shows d'une impudeur blasée à des touristes surexcités. Éternels pubères face à une sexualité facile et bon marché, noyés dans une odeur de soufre. Les extrémités se bousculent, chacune essayant d'imposer sa place et son rôle.


Des fruits, des couleurs, des saveurs qui rythment le quotidien. Photo C.H.

 

Addiction
Et pourtant, Bangkok est attachante et séduisante. La modernité se dresse face aux quartiers modestes. Les tours défient le traditionnel. Le présent essaye de doubler le passé. Les temples cohabitent avec les grands malls où tout s'achète pour un dollar only. Les Financial Districts à l'américaine avec les marchés flottants qui proposent des fruits aux relents de poisson.La vieille ville flirte avec les quartiers plus résidentiels, plus surfaits. Les palais de Wat Phra Kaew, Wat Pho, Wat Sake, Arun et Traimit et le Grand Palais permettent un moment de répit et de recueillement dans le silence de leurs allées bordées de bouddhas et de temples dorés. La vie s'organise également, à sa façon, autour de Chao Phraya, le fleuve, aujourd'hui très sali, des rois. La ville, traversée sur un bateau qui flotte auprès de barques de fortune, de remorqueurs et de bateaux de marchandises, se dévoile sous un autre angle. Un grand angle qui évolue au fil des heures. Le quartier hippy de Khao San Road, même si très cliché et baba cool, fait souffler un air de légèreté sur les nuits thaïes.

 


Le passé souvent dépassé par le présent. Photo C.H.


Et lorsque, justement, la nuit tombe sur ce concentré d'émotions. Que les corps se reposent, après avoir été caressés, pétris, massés, imbibés d'huiles magiques. Qu'un vent léger vient décoiffer toutes les idées reçues, que la violence fait exploser son équilibre précaire, Bangkok apparaît, fragile et tendre, passionnée, mais surtout passionnante, bourrée de contradictions.
Une ville qu'on a envie de quitter, tant ses odeurs sont présentes. Tant son goût est épicé, piquant. Pour y repenser de loin. L'aimer autrement. Et revenir se noyer dans ses parfums. Quoi qu'il arrive...


Excessive, suffocante, intense, Bangkok vit dans un chaos organisé par une étrange routine qui lui est propre. Les gens se bousculent. Les voitures, les tuk-tuk et les vélos envahissent les lieux dans un rythme lent, obsédant, inlassablement répétitif... L'air est irrespirable, encombré de pollution. Les visages, impassibles, finissent par ressembler aux façades flétries des...

commentaires (1)

Excellents ces carnets de voyage Chere Carla Hnoud, comme si on y etait !!!! Avec l'envie pressante d'y aller de nouveau !!! Style chaleureux , haut en couleurs et saveurs , qui relate a merveille l'esprit de ces grandes metropoles! Guitta Chami Germanos.

Guitta Germanos

06 h 15, le 14 janvier 2016

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Commentaires (1)

  • Excellents ces carnets de voyage Chere Carla Hnoud, comme si on y etait !!!! Avec l'envie pressante d'y aller de nouveau !!! Style chaleureux , haut en couleurs et saveurs , qui relate a merveille l'esprit de ces grandes metropoles! Guitta Chami Germanos.

    Guitta Germanos

    06 h 15, le 14 janvier 2016