« La fuite devant la mort produit une culture de mort. L'accueil de la mort engendre une culture de vie » (Fabrice Hadjadj).
Je suis en train de vivre ma quatre-vingt-cinquième année sur terre. Pas encore de maladie grave ! Tout juste une vague mollesse qui m'empêche dorénavant d'oser ce que j'eusse fait volontiers lorsque j'étais plus jeune.
J'envisage la mort avec sérénité. Cela ne veut nullement dire que je n'en ai pas peur et je me mentirai à moi-même si je l'affirmais. Mais je me rends simplement compte qu'à chaque réveil, dès le matin, c'est un nouveau cadeau que m'offre la nature. En tant que chrétien, je devrais dire « la Providence ». C'est donc une chance gratuite, un bonus, comme disait l'une de mes connaissances. Alors je me réjouis de constater que la vie continue de vibrer autour de moi. Chez les plus jeunes surtout. Ceux qui ne pensent pas encore à leur fin. Ceux qui croient avoir l'éternité devant eux, sinon pour eux. Et je me sens soudé avec cette portion d'humanité, avec toutes ces nouvelles générations d'hommes et de femmes qui illustrent le renouvellement continu de l'existence, la consacrent, la certifient.
Chacun d'entre eux est porteur d'une parcelle d'esprit, et je sais que c'est avec eux et à cause d'eux que l'esprit se répand et avance sur le chemin d'une conscience en voie de développement.
Alors je me reprends à rythmer au quotidien les gestes qui animent mon ordinaire : petits travaux, petits projets, dessin, peinture, lecture, réflexion... À chacun sa marotte, à chacun son violon d'Ingres ! Et cette constance dans le mouvement est précisément, mine de rien, l'un de ces points d'aiguille qui enrichissent la trame de notre dentelle sociale. Parce que vivre et mourir, réussir ou échouer, jouir ou souffrir restent autant de gestes solidaires sans lesquels la vie ne peut défier le néant. Cette certitude-là me rends plus joyeux et me restitue mon cœur d'enfant.
À cause de tout cela, l'ordure du monde (je devrais employer le mot au pluriel s'agissant du Liban) ne m'exaspère pas. Et je souris de voir frétiller autour de nous ces pantins de la politique, au doigt levé et au regard puant de fausseté. Et je leur souhaite de continuer de mentir, de détruire, de se dégrader pour finalement mieux pourrir. Car je suis sûr que leur fin est proche et qu'il ne faut pas suspendre son avènement. La rédemption est à ce prix. Il nous faut passer sous les fourches caudines de la désolation totale pour que renaisse enfin la véritable lueur de l'aube.
Patientez donc encore, chers concitoyens. La délivrance est au bout du tunnel, et nul tunnel n'est exempt d'embouchure. Que vous ayez vécu vingt-cinq ou quatre-vingt-quinze printemps, que vous soyez riches ou appauvris, malades ou sains de corps,doués ou effacés, cultivés ou superficiels, rendez-vous compte tout de même que vous n'êtes tous que les éléments d'un seul corps, celui de l'humanité en mouvement. Et qu'il ne sert à rien de vouloir se détacher d'un peloton dont la richesse est précisément cette diversité de degrés dans la chance ou la malchance. En essayant de vous distinguer, de caracoler tout seuls, l'espace de quelques années de vie, non seulement vous vous leurrez « dans la frivolité d'un plaisir solitaire », mais vous vous enfoncez dans la spirale sans fin des joies qui se terminent net, vous laissant vraiment seuls face à la grande mort sans rémission : celle de l'âme.
Oh ! Je n'ai rien d'un prédicateur. Encore moins d'un faux prophète. Je suis tout juste lucide et ma vision est celle du bon sens commun. Je ne dispose ni de force particulière ni d'armes, ma seule arme étant la foi en la vérité du sens de l'existence. Cette vérité-là, les humains l'appellent Dieu. Je me livre à elle et, ce faisant, je m'assume. Avec vous tous qui êtes semblables à moi, je braque ce qui me reste d'énergie pour dire non à la pourriture, non à la dépravation, non à la décadence, et cela non seulement au Liban, mais à l'adresse de la planète entière.
Parce que, depuis pas mal de temps, j'ai largué volontairement ce complexe mesquin de l'Oriental face à ses frères du reste du monde. Ceux-là, et plus particulièrement les Occidentaux, nous ont suffisamment toisés du haut de leurs « produits intérieurs de brutes » afin que nous devenions, comme eux-mêmes, des « consommateurrs performants »... Alors que le « commerce vraiment équitable eût été qu'ils se délestent un peu de leur abondance matérielle et nous fassent la charité de se rappeler à un questionnement sur la destinée humaine ». Je reproduis ici, presque textuellement, l'une des réflexions majeures de mon récent maître à penser, Fabrice Hadjadj.
C'est à cette fin, à ce genre de méditation, que je convie mon lecteur. Plus besoin de maudire les misères que nous font endurer ceux qui ont pris en otage notre démocratie ! Mais conserver, debout, sa dignité d'homme libre face à son destin ! Non plus tenter de « réussir dans la vie » à la façon de tous les maffieux dont nous sommes envahis, mais de « réussir simplement sa vie », et, en conséquence, sa propre mort physique.
« Car la vie qui porte la mort se maintient dans la mort même qui est la vie de l'esprit. » Dixit Hegel, le philosophe.
Pareilles pensées, émanant de pareils personnages, ne sont qu'une preuve de plus de l'ascendant que prend la spiritualité par rapport à notre nature humaine.
Telle est « l'antidote à la puanteur ». Prenons-en acte !
Louis INGEA


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
PATIENTER JUSQU'À LA POURRITURE TOTALE... IL N'Y AURAIT PLUS DE CITOYENS DANS CE PAYS... NI DE VIE QUI REFOISONNERAIT... LE MOT D'ORDRE DEVRAIT ÊTRE : POURRITURES DE TOUS BORDS... DÉGAGEZ !!!
11 h 30, le 15 août 2015