L’édito de Élie FAYAD

Gendre affairiste contre neveu puriste ?

L’édito
04/08/2015

À l'heure où le Courant patriotique libre joue les trublions de la politique libanaise à un point inégalé dans l'histoire de cette formation et du Liban, contribuant à tous les blocages qui rendent ce pays ingouvernable quand ce n'est pas lui qui les initie carrément, les militants aounistes se préparent à une confrontation inédite, « à la maison » cette fois-ci.

Le 20 septembre prochain doivent se dérouler, en effet, des élections visant à désigner le successeur du général Michel Aoun à la tête du CPL, sans qu'il soit tout à fait clair, à ce stade, de ce qu'il adviendra du statut du fondateur après cette date.

Vu de l'extérieur des murs du courant aouniste, l'événement peut paraître surfait et inintéressant, surtout en ces temps de déliquescence des institutions, à l'ombre de laquelle la politique dégoûte, autant ou même plus que les ordures ménagères qui pourrissent sous l'écrasant soleil d'août.

Pourtant, on aurait tort de négliger l'importance que pourrait avoir cette échéance sur la façon de faire de la politique au Liban dans le futur, à condition toutefois que les protagonistes de la bataille veuillent bien jouer cartes sur table et débattre des vrais enjeux. Or hélas, rien n'est moins sûr.

Deux candidats s'affrontent, que tout, ou presque, oppose : d'une part l'omniprésent Gebran Bassil, collectionneur de portefeuilles ministériels et de... défaites électorales aux législatives, de l'autre le discret Alain Aoun, qui fut témoin plutôt qu'initiateur du changement radical de cap opéré par sa formation depuis 2005 et de son ancrage aux côtés du 8 Mars et de l'axe irano-syrien.

L'un est le gendre du fondateur, l'autre son neveu. De ce point de vue, les soupçons de népotisme s'appliqueraient, en théorie, à l'un et l'autre cas. Il reste que la préférence marquée du général à l'égard du premier indispose nombre de militants. De ce fait, ces derniers se rallient en masse à la candidature du second, une posture visant plus à préserver la virginité réformatrice du CPL, telle qu'ils la conçoivent, qu'à défier la volonté du chef.

Mais bien davantage que le népotisme, c'est l'affairisme attribué à l'actuel ministre des Affaires étrangères qui semble déranger les militants aounistes, sauf au Liban-Nord, où M. Bassil continuerait de bénéficier d'un avantage certain sur son concurrent. Presque partout ailleurs, Alain Aoun a actuellement le vent en poupe, ce qui pousse certains militants à exprimer des craintes pour la tenue du scrutin.

Quoi qu'il en soit, la campagne – c'est, en l'occurrence, un bien grand mot – paraît donc s'articuler autour de qualités et de défauts attribués un peu sommairement à l'un et l'autre des deux rivaux, plutôt qu'à des enjeux clairs. Et cela se déroule au milieu d'une absence quasi soviétique de transparence chez les cadres et députés de la mouvance. C'est dommage, sachant que les deux candidats ont, chacun de son côté, de la matière à opposer à l'autre. L'architecte de la politique de rapprochement du CPL avec le Hezbollah et l'axe irano-syrien qu'a été Gebran Bassil ne devrait-il pas saisir l'occasion pour défendre son bilan face à un Alain Aoun qui, lui, serait appelé à être fidèle à lui-même et prôner, sinon une remise en question de cette politique, du moins certaines corrections?

Du train où vont les choses, il n'en sera rien, apparemment. On le regrettera d'autant plus que cette échéance aurait pu aussi être l'occasion d'une réflexion sérieuse autour des méthodes du CPL, de ce populisme démagogique et outrancier duquel ne s'est jamais départi son chef.

Le changement et la réforme, ce n'est assurément pas encore pour demain...

Élie FAYAD

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Dounia Mansour Abdelnour

Quand Le CPL prétend s'appeler parti de la Réforme et du Changement, il n'use pas de népotisme comme les autres partis, il Réforme et il Change. Malheureusement c'est une appellation devenue creuse, vidée de sons sens et qui ne traduit en rien les principes de ce parti dirigé par une famille plus préoccupée par ses intérêts personnels que par ceux du pays! Lamentable!

Le Faucon Pèlerin

Le festival électoral du CPL ressemble au scénario de la succession de Jean-Marie LePen par sa fille Marine et sa petite-fille Marion. Le scénario LePen est d'ordre familiale tandis que le festival du CPL est d'ordre affaires et combinaisons.

Ma Fi Metlo

On attaque tout azimuth le Phare , le fils et le saint esprit .
Mais rien ne pourra empêcher que le phare Aoun , un jour pas si lointain , verra lui et sa lignée prendre le dessus sur les forces du passé , corrompues et néfastes .

Pierre Hadjigeorgiou

Le CPL ne peut changer que si les Aounistes changent leur mentalité et reviennent a leur programme initial. Sinon c'est peine perdue que ce soit le gendre, le neveu ou le saint esprit qui n'en sera plus un a les fréquenter. Les accords d'entente avec les FL seraient ils les prémices de se changement? S’être a tel point vendu pour quelque talents de bronze permettra-t-il au successeur de Aoun de sortir de la nasse dans laquelle le fondateur l'a plongé? ayant goûté au miel Iranien le sieur qui succédera pourra-t-il oublier ses intérêts personnel pour celui du pays? Bassil surement pas, mais qu'en est il des autres? A suivre!

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Sous le règne de l’ex-Système Sécuritaire dégueulasse ante, le parti boSSféràRien était juste "pur", i.e. qu'il voulait que la domination droitière revêtît une forme parlementaire non une autocratique, et demandait surtout la part du lion. Quant aux conditions de la transformation, il n'en avait aucune idée. Ce qui, par contre, lui était clair c'était son impopularité parmi les démocrates et surtout chez les "futurs" Cédraies. Ces "purs" orangés-là, comme c'est d'ailleurs naturel de la part de nuls "purs" pareils, étaient déjà sur le point de se contenter juste d'1 amélioration de leur condition sous la botte de ce système, lorsqu’éclata la Cédraie qui leur offrit alors enfin une place au soleil. Les boSSféràRiens possédaient d'avance la confiance sûr des Moyens chréti(e)ns. Les "anarchistes de la Cédraie" furent ostracisés mahééék, et le parti du boSSfééér en profita pour se débarrasser de ses rivaux les + proches. L’oranginée, qui se considérait since longtemps comme l'héritière "légitime" du régime d’avant 90, se trouvait avoir dépassé son idéal ; mais elle arrivait au pouvoir non pas comme elle l'avait rêvé sous ce Système, à la suite d'1 révolte libérale, mais suite à un soulèvement réprimé du Cèdre libéré contre cet ex-Système. Ce qu'elle s'est imaginée comme devant être l'événement le + en sa faveur, se passa, en réalité, comme l'événement le plus contre elle. Le fruit tombait dans ses mains, oui, mais il provenait de l'arbre de la science et non de l'arbre de vie !

Irene Said

..."à condition toutefois que les protagonistes de la bataille veuillent bien jouer cartes sur table et débattre des vrais enjeux..."

On peut toujours rêver d'un changement de mentalités transmises d'une génération à l'autre= de père en fils...en neveu...en gendre etc., non ?
Et tout ce système "uniquement pour le bien de la patrie !"
Promis...juré !!!

Irène Saïd

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

POURQUOI DÉNIER FURIEUSEMENT AU GÉNÉRALISSIME PARAVENTISSIME CE QU'ON ACCEPTE GENTIMENT DES AUTRES ?

Dounia Mansour Abdelnour

Le programme du CPL tel qu'il est dirigé à l'heure actuelle :
- népotisme et favoritisme à outrance alors que Iznogoud-Aoun vilipendait les dynasties politiques et en faisait de leur bannissement tout un programme,
- obstructionnisme et blocage tous azimuts,
- mélange des genres entre communautarisme et laïcité, un jour on prône la protection des chrétiens dans un souci de démagogie, l'autre la laïcité comme réforme, et l'on se noie entre les deux
- despotisme de Iznogoud-Aoun qui dicte, décrète, légifère, impose en veux-tu en voilà, 'c'est mon avis et je le partage' sans se soucier de l'avis des partisans
- alignement d'un parti initialement souverainiste à la République islamique d'Iran et à sa branche armée au Liban le Hezbollah.
Un beau programme en perspective.

Hitti arlette

Toute cette tartine pour dénoncer le népotisme au Liban ? Super et tres vrai . si ... Si walid beik n aurait pas "abdique " pour son fils taymour , si cheikh Amine n aurait pas cede sa place par "election democratique a l unanimite " a son fils Sami , et si saad Hariri ...et j en passe

Halim Abou Chacra

"L'architecte" de la politique de fusion dans l'axe irano-syrien a creusé la tombe politique de mon général. Cette fois ce serait le creusement de la tombe du CPL tout court.

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