Liban

La mise en garde de Nasrallah à Salam : Démissionner, c’est plonger le pays dans l’inconnu

Le secrétaire général du Hezbollah appelle le courant du Futur à entamer un dialogue avec le Courant patriotique libre afin de débloquer le Conseil des ministres.

OLJ
27/07/2015

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde samedi contre une démission du Premier ministre Tammam Salam et une chute du gouvernement, estimant qu'une telle démarche est « dangereuse et mènerait le pays vers l'inconnu ».
Le chef du parti chiite s'exprimait dans un discours retransmis en direct, dans le cadre d'une cérémonie de remise de diplômes aux « enfants des martyrs du parti », qui s'est déroulée à proximité de l'aéroport de Beyrouth.
« Certains médias évoquaient une éventuelle démission du chef du gouvernement (Tammam Salam). Ces informations ne peuvent être fondées, a estimé le numéro un du Hezbollah. Pourquoi alors parler d'une telle démission ? Pour faire pression ? Pour menacer ? Cela ne changera rien. L'allusion à la démission est néfaste pour le pays », a-t-il indiqué.
« Nous sommes accusés de vouloir mener le pays vers le vide et apparemment c'est vous qui le faites », a-t-il indiqué, à l'adresse du président du Conseil et au courant du Futur.
Et le secrétaire général du Hezbollah de poursuivre : « Il y a des forces politiques essentielles dans ce pays qui veulent dialoguer autour du mécanisme de travail et de prise de décision du gouvernement. Pourquoi cette question n'est-elle pas tranchée ? Pourquoi est-elle reportée de semaine en semaine ? Qui la reporte ? Qu'attend-il ? Sur quoi parie-t-il ? S'il attend la situation régionale et internationale, c'est vous qui nous avez appelés, il y a quelques jours, à ne pas faire ce genre de paris. Nous vous l'avions pourtant dit avant et vous ne nous aviez pas crus. Qu'il y ait ou pas des répercussions sur le Liban, laissez l'accord sur le nucléaire de côté. Ne pariez pas (sur l'extérieur). Ne parions pas. Oubliez le régional et l'international. Quelle est l'option pour les Libanais si un dialogue n'a pas lieu ? Aucun résultat. Le pays ira vers sa perdition, certainement. Vous entraînerez le pays vers le vide. »
« Nous faisons partie du gouvernement et sommes ouverts à tous, mais que personne ne s'attende à une médiation du Hezbollah. Nous sommes partie, pas médiateur ». Il a à cet effet pointé du doigt le courant du Futur de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, affirmant que lors de la dernière séance du dialogue, le Hezbollah avait ouvertement appelé le Futur à entamer un dialogue avec le CPL.

« Descendre de sa tour d'ivoire »
« Après la séance (du Conseil des ministres) prévue mardi, le courant du Futur devrait descendre de sa tour d'ivoire afin de parler avec le CPL, prendre en considération ses demandes et ne pas lui tourner le dos », a-t-il dit.
Et de s'adresser directement à Tammam Salam et au Futur : « Vous êtes responsables du blocage du pays. Et vous nous menez vers le vide, c'est-à-dire vers l'inconnu. Ce jeu-là est dangereux. C'est entrer dans l'inconnu. Il s'agit d'une attitude irrationnelle et irresponsable. Marquez bien mes mots : que personne ne conduise le pays dans cette direction. Nous voulons que le gouvernement reste en place. Ne le faites pas tomber de vos propres mains. »
Le secrétaire général du Hezbollah a par ailleurs répété que la formule « armée-peuple-résistance » protège le pays, en allusion à la menace des conflits régionaux, celle des groupes jihadistes qui sévissent en Syrie et à la frontière libanaise, et aux menaces israéliennes.
Au sujet de la vacance à la présidence, il a dénoncé le fait qu'« on accuse le Hezbollah de bloquer l'élection à la magistrature suprême en vue d'aboutir à une Constituante afin de changer le système libanais. Tout cela est dénué de tout fondement et relève de la rancune, et non d'un différend d'ordre politique. »
Évoquant par ailleurs la crise des ordures ménagères, Hassan Nasrallah a estimé que « cela est la preuve de l'échec cuisant de l'État. Nous pouvons, selon des experts, transformer cette menace des déchets en une opportunité qui assurerait des rentrées à l'État. Le gouvernement en est responsable mais il n'a pas la volonté de s'en charger, même si mes propos vont déplaire à certains. »

« Fiers d'être sanctionnés par le Grand Satan »
Avant d'aborder les dossiers de l'actualité locale, le secrétaire général du Hezbollah a abordé dans les détails ce qu'il a qualifié de guerre psychologique menée contre son parti, en profitant pour évoquer la question de l'accord sur le nucléaire iranien.
« Depuis 1982, il existe une volonté américano-israélienne, en accord avec certains régimes arabes et certains instruments libanais locaux, pour torpiller la résistance et l'anéantir. Ils vont poursuivre le travail à présent, a indiqué Hassan Nasrallah. Après l'accord sur le nucléaire, l'angoisse dans la région est l'Iran post-accord. Le Hezbollah et la résistance au Liban entrent dans le cadre de cette angoisse. L'on craint que cet accord ne les renforce », a-t-il dit. C'est ce qui explique, selon lui, les nouvelles sanctions US contre le Hezbollah, visant à « rassurer Israël et les alliés des États-Unis dans la région ».
Or les accusations de terrorisme en provenance des États-Unis « ne sont pas nouvelles et n'ont aucun effet sur nous, notamment les sanctions économiques, puisque nos frères n'ont pas d'argent et n'ont pas besoin de visas », a-t-il dit.
Hassan Nasrallah a toutefois reconnu « une portée morale » à ces sanctions. Abordant en outre les sanctions américaines contre certains membres du parti chiite, le chef du Hezbollah a martelé : « Nous sommes fiers d'être sanctionnés par les États-Unis, le"Grand Satan", qui restera le Grand Satan, avant comme après l'accord sur le nucléaire. Nous sommes fiers parce que nous résistons et défendons notre pays, sa liberté, sa sécurité, sa souveraineté, sa dignité et son existence, que ce soit face au projet sioniste, américain ou takfiriste. »

« Fiers d'être financés par l'Iran »
« Au Hezbollah, nous n'avons pas de projets financiers, commerciaux, d'investissements. Nous n'entrons pas dans ce monde », a-t-il ajouté, reconnaissant, dans ce cadre, que son parti se finance uniquement grâce à l'Iran. « Nous n'avons pas besoin de WikiLeaks pour dévoiler cela. Nous l'affirmons clairement. Nous sommes fiers de recevoir un tel soutien et nous sommes fiers que la République islamique soutienne cette résistance. Ce soutien iranien est suffisant. Nous n'investissons pas ici et là. Ceci est une position de principe (...) », a souligné Hassan Nasrallah. « En dépit de cela, il existe une volonté américaine, israélienne et dans certains pays arabes et certains services de renseignements de porter atteinte à des hommes d'affaires, des sociétés et compagnies libanaises. L'objectif est de porter atteinte à ce pays et sa capacité économique, en visant telle ou telle compagnie qui emploie des centaines de gens », a-t-il dit, reprochant au gouvernement libanais de ne pas protéger ces citoyens.
« Les commerçants qui sont visés par ces sanctions, leur argent n'appartient pas au Hezbollah. Ils œuvrent dur. C'est la responsabilité de l'État de les protéger et les défendre. Ce n'est pas à chaque fois qu'il y a un signal du Trésor américain que tout le Liban doit se soumettre et être terrorisé », a-t-il souligné.

« L'Iran ne nous délaissera pas »
Hassan Nasrallah a en outre mis en exergue une « volonté acharnée de nuire à la réputation du Hezbollah, et à sa crédibilité, notamment morale ». Il a déploré dans ce cadre une « campagne de mensonges » dans les médias, la presse et sur les sites Web, notamment en ce qui concerne « les accusations de trafic de drogue, de blanchiment d'argent ou de réseaux de vol » portées à l'encontre de son parti.
Évoquant les liquidations physiques subies par le directoire du Hezbollah au fil des ans, le secrétaire général du parti chiite a estimé que les cadres de la formation sont également victimes de « liquidations morales », à travers des « accusations infondées lancées par les sites électroniques israéliens et de renseignements spécialisés ». Il s'est élevé dans ce cadre contre un film iranien qui s'en prend à la révolution iranienne et porte atteinte au wali el-faqih, « qui n'est que mensonges ».
Toujours au registre de cette guerre psychologique, Hassan Nasrallah a dénoncé une campagne paradoxale visant à faire souffler le chaud et le froid sur la situation du Hezbollah, en affirmant « tantôt qu'il est faible et vulnérable », et tantôt qu'il « veut dominer le Liban, pousser vers une Constituante et abolir Taëf ». « Certains médias rapportent que le Hezbollah est à bout de souffle, épuisé, qu'il vit ses derniers jours, et ce en raison de l'accord sur le nucléaire, a-t-il ironisé. En même temps, d'autres parties du même camp craignent que cet accord ne permette de financer davantage le Hezbollah et craignent ce que le Hezbollah va faire de la région. Ils faudrait qu'ils se décident. » « S'il y a une agitation dans les rangs du Hezbollah, qu'on me la montre. L'on dit que les familles des martyrs appellent le directoire du parti à leur rendre leurs fils. Dois-je vous montrer les messages des familles des martyrs qui m'appellent à envoyer leurs fils sur les fronts, pour que vous nous croyiez ? Nos détracteurs nous disaient que l'Iran allait nous délaisser une fois l'accord sur le nucléaire signé avec l'Occident. Évidemment, l'Iran et la Syrie ne sont pas comme cela. La relation de l'Iran avec ses alliés est idéologique et morale avant d'être fondée sur des intérêts politiques. Qui a eu raison aujourd'hui ?
Nos détracteurs menteurs, ou nous-mêmes ? » a-t-il conclu.

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LS

Nous serions donc toujours dans le connu ? Ouf !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

L’hassine trouve normal qu’un seul bonhomme, le bien- aimé despote et fakkîh, s'approprie l'État, sacrifie plus ou moins tout un bon peuple à sa "propre personne et à sa seule fraction ; établit chez ce peuple des degrés d'avilissement, le répartit en divers factions et ordres, et c'est, au fond, par amour de sa seule, unique et nobody personne qu'il fait officiellement de chaque membre de la société politique l'ennemi de tout autre. Notre Nabääâh ne peut percevoir les autocrates qu’au sommet de l'édifice social. Il ne doute pas un seul instant qu'ils ont fait dans le passé leur propre fondement social, et qu'ils le font chaque jour de nouveau. Pour expliquer le lien de la tyrannie avec les conditions sociales dont elle est l'expression politique officielle, quoi de + simple que de laisser ces mollâhs tyranneaux et Malsains faire ce lien ! L'Olympe retors fakkihiste despotique, avec sa seule schlague, sa férule et sa hiérarchie, a fait ainsi le petit monde profane de l’hassine dont il est le saint des saints. De même, l'Olympe du walïï religieux et Per(s)cé si sectaire aura fait les conditions profanes qui s'y reflètent de manière divinisée et imaginaire. Le héZébbollâhisme aigri qui débite cette ânerie simili-sagesse terre-à-terre niaise avec le conVenable pathétique, doit être naturellement aussi étonné que moralement indigné face à l'ennemi ; yîîîh sunnitique ; qui s'évertue à lui démontrer mais, Rien à faire, que c'est pas la datte qui a fait le dattier !

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

"Nos détracteurs menteurs, ou nous-mêmes ? a-t-il conclu." ! Vous-même, äïynîîîh, comme de bien entendu.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

QUI A DIVINEMENT PLONGÉ LE PAYS DANS L'ANARCHIE ET LE CHAOS ? TOUT Y POINTE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PROGRAMMÉ... ET SOUHAITÉ ! DIRECTEMENT... ET PAR PARAVENTISSIME INTERPOSÉ !

Halim Abou Chacra

Le Hezbollah "médiateur" ? Quelle offense ! Le Hezbollah ne fait pas des médiations, il donne des ordres. Aux alliés comme aux adversaires.
Chaque phrase de ce discours de sayyed Hassan Nasrallah est imprégnée de cette "modestie". Il n'y a aucun lieu de s'en étonner. N'est-il pas le Guide suprême du Liban ?

Bery tus

decidement c'est a ne rien comprendre walla, mais c'est pas possible non plus d'etre a ce point autoritaire .. chou le gars il a meme pas le droit de demissionner khedlak ba2a lool !!

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