À quelques heures de la visite du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius en Iran, de nombreux connaisseurs de la politique étrangère iranienne mettent en doute la possibilité d'une percée diplomatique française et sa capacité à arracher à Téhéran ce qu'elle n'a pas pu obtenir avant la signature de l'accord sur le nucléaire.
En effet, l'émissaire français Jean-François Giroux avait échoué dans son effort d'obtenir un engagement iranien pour le bon déroulement de l'échéance présidentielle au Liban.
Pourtant, le président français François Hollande avait promis au chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt de déployer un maximum d'efforts diplomatiques en ce sens, lorsqu'il avait reçu ce dernier au palais de l'Élysée. De plus, lors de leur récente rencontre jeudi dernier, le chef de la diplomatie française avait informé le ministre de l'Intérieur Nouhad Machnouk de sa détermination à traiter du dossier de la présidentielle lors de sa visite à Téhéran, prévue le 29 juillet prochain, et au cours de laquelle il rencontrera notamment le président iranien Hassan Rohani.
Cette initiative française intervient à l'heure où le Liban vit des débats constitutionnels stériles, lancés par des ministres qui ne sont pas calés en la matière. À cet égard, L'Orient-Le Jour a posé la question de savoir combien de temps pourrait durer cette perte de temps, ce à quoi une source informée a répondu : « Cette affaire ne sera pas réglée en une ou deux séances ministérielles et risque de devenir plus complexe encore, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle le Premier ministre Tammam Salam a agité le spectre de sa démission. Il n'a nullement envie d'être pris dans le filet de la paralysie ministérielle. » L'entourage de M. Salam est en ce moment divisé : il y a d'un côté ceux qui l'encouragent à sauter le pas et de l'autre, ceux qui lui demandent de mettre de l'eau dans son vin afin de sauvegarder le peu d'institutions qui survivent encore dans le pays. Sur le plan diplomatique, de nombreux pays occidentaux lui ont demandé d'encaisser le coup, au nom de la survie de l'État libanais.
De source politique, on estime que l'origine du blocage est désormais connue. Le courant qui l'exerce justifie sa posture par son refus d'une prorogation du mandat de l'actuel commandant en chef de l'armée et son désir de procéder à la nomination d'un nouveau général à la tête de la troupe, et ce avant l'expiration de son mandat le 21 septembre prochain. La source précitée martèle que ce même courant est à l'origine du blocage au niveau de l'échéance présidentielle.
Enfin, un ambassadeur dont le pays fait partie du groupe international de soutien au Liban – créé à New York afin de renforcer la stabilité politique et sécuritaire du pays – s'est demandé dans ce cadre « qu'est-ce qui empêche le général Michel Aoun de continuer de maintenir le blocage au niveau de l'échéance présidentielle pendant des semaines voire des mois ». Il a également exprimé sa crainte de voir l'actuelle polémique autour du mécanisme de travail du Conseil des ministres déboucher sur une démission du Premier ministre Tammam Salam.
Liban - Dans Les Coulisses De La Diplomatie
Fabius tentera de débloquer le dossier de la présidentielle lors de sa visite à Téhéran
OLJ / Par Khalil FLEYHANE, le 25 juillet 2015 à 00h00


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