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Liban

Pharaon déplore « une image peu encourageante pour la saison touristique »

Sérail
OLJ
23/07/2015

Le ministre du Tourisme, Michel Pharaon, a déploré hier l'impact de la crise des déchets ménagers sur la saison touristique, appelant à une solution loin des surenchères.
M. Pharaon, qui s'est entretenu hier au Grand Sérail avec le Premier ministre Tammam Salam, a replacé le problème dans son contexte politico-touristique.
« Il y avait cette formule dans le pays selon laquelle certains torpillent la saison estivale chez nous. La résolution 1701 a bridé les ardeurs d'Israël. L'an dernier, l'armée a dissuadé toutes les forces qui tentaient de porter atteinte à notre souveraineté dans la Békaa-Nord. Et voilà que nous en sommes une fois de plus à parler de blocage cette saison. C'est comme si la lumière rouge s'était allumée dans l'avion », a indiqué M. Pharaon à l'issue de la réunion.
« La résolution 1701 est appliquée. Au plan sécuritaire, la situation est calme et il existe un accord entre les services de sécurité empêchant toute détérioration ou tout terrorisme. Et voilà que nous avons désormais une ligne rouge en politique. Il y a des manifestations, des empoignades avec l'armée libanaise, et maintenant une crise des déchets qui influe sur la saison touristique », a-t-il déploré.
« Nous avions une opportunité durant ces deux mois, dans la mesure où la situation sécuritaire était acceptable... Et voilà que nous donnons de nous-mêmes, à travers la crise des déchets, une image peu encourageante », a souligné Michel Pharaon.
« Nul ne veut assumer la responsabilité des déchets de la capitale. La question ne supporte aucune surenchère supplémentaire. Nous devons trouver des solutions à cette crise après un retard de trois ans. J'étais au gouvernement, et le problème se posait depuis trois ans, sans résultats. Ce gouvernement a accusé un retard de six mois, et un tel dossier est de nature à faire tomber des gouvernements », a-t-il ajouté.
« Mais le problème est plus grave que d'abattre ce gouvernement ou de l'empêcher de fonctionner », a-t-il souligné.
« Nous sommes en état d'urgence aux plans politique et financier, ainsi qu'au niveau des déchets. Il y a certaines solutions qui se posent de part et d'autre. La grande catastrophe est pour Beyrouth, qui souffre du problème des déchets et du courant électrique », a noté M. Pharaon.

Système « fédéral » pour les ordures
Le cas de Beyrouth a d'ailleurs été au centre d'une réunion entre M. Salam et une délégation des députés de la capitale, formée de MM. Ammar Houri, Sebouh Galbakian, Imad el-Hout, Atef Majdalani, Hani Kobeissi et Mohammad Kabbani, en présence des ministres de l'Environnement, Mohammad Machnouk, et d'État pour le Développement administratif, Nabil de Freige.
« Pour les citoyens, qui voient les déchets s'amonceler à l'entrée des maisons et dans les rues, cette question est devenue le souci premier », a indiqué M. Kabbani à l'issue de la rencontre. « Cette question a besoin d'une coordination nationale et locale, entre le gouvernement comme pouvoir central et les municipalités comme autorités locales. Il y a huit ou neuf mois, le Conseil des ministres avait pris une décision logique, en vertu de laquelle Beyrouth aurait son dépotoir hors de la capitale administrative. Beyrouth ne peut pas enterrer les ordures dans ses rues ou dans ses places », a-t-il dit.
Le député a mis en garde contre « les veto de part et d'autre » de différentes régions qui refusent d'accueillir les déchets de la capitale et qui pourraient conduire le Liban à adopter « un système fédéral au niveau des ordures, ce qui emportera le Liban, en définitive ».
« Nous ne demandons pas une solution pour les années à venir, mais une solution à court terme, jusqu'à ce que nous parvenions à une issue sur le long terme », a-t-il ajouté, estimant que cette solution serait « le tri et l'incinération des déchets », comme ailleurs dans le monde.
Tammam Salam a ensuite reçu les ministres des Finances, Ali Hassan Khalil, de la Défense, Samir Mokbel, et des Télécoms, Boutros Harb, puis le ministre serbe des Affaires étrangères, Ivica Dačić, l'ambassadeur de Norvège, Svein Oos, et la nouvelle représentante de l'Unicef à Beyrouth, Tanya Chapuisat.
Le Premier ministre a enfin reçu un appel téléphonique de l'ancien président de la République Michel Sleiman qui a estimé que le fait de « tenter de se renvoyer la bombe environnementale d'une région à une autre et d'un dépotoir à l'autre ne ferait qu'augmenter le problème sans assurer la solution requise ».

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ON OFFRE DES BAINS DE POUBELLES...

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

De véritables "indigènes", il est vrai !

NAUFAL SORAYA

Ce n'est pas seulement au niveau de la gestion des déchets que le gouvernement donne une image peu encourageante, mais cette crise en est l'iillustration parfaite. Elle est parfaitement visible aux yeux de tous!

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