Mohammad Raad a violemment critiqué les régimes arabes. Photo Ani
S'exprimant durant une cérémonie organisée hier à Aïta el-Chaab, au Liban-Sud, à la mémoire d'un des cadres du Hezbollah, Hussein Khalil Mansour, décédé il y a trois jours, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a consacré tout son discours à l'accord de Vienne entre l'Iran et les 5+1.
Il s'est ainsi félicité de ce qu'« une nouvelle page a été ouverte entre l'Iran et la communauté internationale », estimant, à l'instar du président de la Chambre, Nabih Berry, il y a deux jours, que la période consécutive à la signature de l'accord sur le nucléaire iranien sera totalement différente de celle qui l'a précédée. « Plusieurs équations et équilibres vont changer parce que le monde a fini par reconnaître la présence d'une force qui a réussi à faire plier les puissances occidentales », a-t-il dit, en insistant sur le fait que « l'Iran est devenu lui-même une puissance mondiale, de l'aveu des grands de ce monde qui misent aujourd'hui sur son rôle afin de parvenir aux compromis et aux règlements nécessaires aux crises qui se déroulent dans notre région ».
Après avoir assuré que Téhéran « ne reconnaîtra jamais l'entité sioniste qui occupe Jérusalem et la Palestine », Mohammad Raad a violemment critiqué les régimes arabes en établissant une comparaison entre ce qu'il a appelé « les réalisations de l'Iran au cours des 36 dernières années et celles des États et des dirigeants arabes qui n'ont même pas réussi à construire une usine d'allumettes, qui ont déçu les Palestiniens et leur cause, qui complotent vaillamment l'un contre l'autre, qui ne réagissent à aucune attaque ennemie, qui sont de connivence avec l'ennemi de la nation vers lequel ils rampent pour se réconcilier avec lui, mais qui en veulent à l'Iran et aux valeurs et modèles qu'il représente parce qu'ils n'ont pas réussi à s'élever au niveau qu'il a atteint, en dépit de toutes les humiliations qu'ils ont subies, de leur soumission et en dépit de tout l'argent qu'ils ont payé ».
M. Raad s'en est pris particulièrement à l'Arabie saoudite, sans la nommer, l'accusant d'avoir conclu avec la France l'accord sur l'armement et le rééquipement de l'armée libanaise pour pousser Paris à faire avorter les pourparlers de Vienne. « N'est-il pas honteux pour le prince héritier du plus grand État du Golfe de se rendre en France pour la convaincre de faire échec à l'accord (nucléaire) avec l'Iran, en l'appâtant avec un accord d'armes de 15 milliards de dollars ? » s'est-il interrogé avant de ricaner : « Sauf que les Français ont empoché l'argent puis ils se sont rendus à Vienne pour approuver l'accord. »
Considérant que la communauté internationale tient compte de la force et non pas des valeurs morales, le député du Hezbollah a stigmatisé « l'intervention saoudienne au Yémen », dénonçant le fait que « l'aviation de ces hypocrites de Saoudiens, qui n'a plus de cibles militaires, s'en prend à des objectifs civils, tels que des marchés, des écoles et des hôpitaux ». Il a accusé Riyad en des termes très durs de « suivre au Yémen le même style israélien qui s'est soldé par un échec en 2006 au Liban ».


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18 h 25, le 17 juillet 2015