Après des mois d'atermoiements, de ruées dans les brancards du FMI et autres argentiers européens, la tragédie grecque va bientôt s'achever sur un accord historique.
Historique, car la démocratie a parlé. Berceau de la république, chantre de la démocratie, la Grèce n'a pas de leçon à recevoir en matière d'expression publique ou, a fortiori, de libertés individuelles.
Historique, car les Grecs viennent de rappeler au monde entier que l'homme doit rester au centre de la vie et que l'économie doit être à son service et non l'inverse. À quoi bon la possession et la richesse si l'homme est négligé ?
Historique, car pour la première fois dans la construction de l'Europe l'on assiste à un sursaut populaire, un cri d'une souffrance inouïe, une voix qui s'élève et qui manifeste son désaccord avec une austérité qui lui a été imposée. Et qui, massivement (60 % des votants dimanche dernier), dit non au diktat économique qui lui est soumis. Certes, de nombreuses erreurs ont été commises en Grèce. Mais n'oublions pas que la Grèce se serre péniblement la ceinture depuis 2009 et que le peuple grec est conscient des efforts consentis par les autres Européens. Mais n'est-ce pas cela l'Europe ? Quand la chancelière allemande menace de couper la perfusion, de suspendre les aides, se rappelle-t-elle un instant des aides accordées à l'Allemagne au cours des dernières décennies ? Et les agriculteurs français, grognons par nature, peuvent également rappeler à leur bon souvenir la politique agricole commune (PAC) qui a soutenu pendant de longues années la mère nourricière de l'Europe. De la communauté du charbon et de l'acier en 1951 à l'Europe à 28 en 2013, que de chemin parcouru en si peu de temps ! Peut-on croire un instant que la Grèce ne doit plus faire partie de l'Europe ? Peut-on croire un instant que les Français ne souhaitent plus faire partie de l'Europe malgré leur non au référendum en 2005 ? Les Européens ont assez souffert de guerres inutiles pendant des siècles et connaissent le prix humain d'une désunion. La Grèce vient de nous donner une leçon de démocratie, une leçon de vie et surtout un avertissement à l'Europe que nous sommes toujours en train de construire. L'Europe se fera, dans la joie, dans la douleur, mais l'Europe se fera. Croire un instant le contraire, c'est fermer la porte à l'avenir, c'est menacer nos intérêts dans le monde et hypothéquer la vie de nos enfants.
L'Europe se fera !
Nos lecteurs ont la parole - Karim Najjar
L’Europe se fera
OLJ / le 17 juillet 2015 à 00h00


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
QUAND ON PARLE... ON DEVRAIT SAVOIR... SINON ON DEVRAIT SE DOCUMENTER DE QUOI ET SUR QUOI ON PARLE !
10 h 24, le 20 juillet 2015