Maria Bou Habib présentant ses travaux à Sousse en juin dernier.
Vingt-deux doctorants sélectionnés dans plusieurs pays d'Europe centrale et orientale, du Maghreb et du Moyen-Orient ont pris part au collège doctoral interrégional « Patrimoine dans le pourtour méditerranéen » organisé par l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) à Sousse, en Tunisie, pendant la première semaine de juin. Unique participante en provenance du Liban et du Moyen-Orient, Maria Bou Habib, artiste-peintre libanaise, y a présenté la thèse qu'elle prépare à l'Université Paris Ouest Nanterre-La Défense en histoire de l'art et muséologie sur le sujet : « La conception d'un musée des arts au Liban : problématique d'actualité ou idée futuriste ? ». Un sujet que l'ambitieuse doctorante a choisi d'explorer pour le « défi qu'il représente », malgré les avis l'avertissant du manque de références bibliographiques sur le sujet dans le contexte libanais.
Une rencontre riche en opportunités
« Chacun des participants disposait de quinze minutes pour présenter ses travaux. Les présentations ont été suivies par des discussions durant lesquelles les membres du comité (composé de cinq représentants de l'AUF) nous ont fait part de leurs commentaires », raconte la jeune artiste-peintre qui a déjà à son actif trois expositions en solo : au Centre culturel allemand (à Jounieh) en 2009, au Centre culturel espagnol (à Beyrouth) en 2011 et à l'Usek (à Kaslik) en 2014.
Des conférences portant sur la méthodologie de recherche et le patrimoine ont également été proposées aux thésards. « J'ai beaucoup appris au cours de cette semaine », affirme Maria. La jeune doctorante, qui est également enseignante dans différents établissements universitaires, dont l'Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek), poursuit : « J'ai eu l'opportunité de rencontrer une excellente équipe qui nous a encadrés pendant toute la durée du collège. J'ai également eu l'occasion d'échanger avec les autres doctorants de différentes spécialisations qui viennent du Maroc, d'Algérie, de Tunisie, de Roumanie et de Bulgarie autour de nos expériences respectives. J'ai appris par exemple que le manque de références bibliographiques dans le domaine du patrimoine est un problème que rencontrent aussi nos collègues dans les autres pays arabes. »
Ce collège, le premier regroupement d'un programme qui a vocation à s'étendre sur trois ans, s'est terminé par une visite culturelle à la découverte du patrimoine tunisien notamment au musée de Sousse, réputé pour ses magnifiques mosaïques et objets issus de l'Antiquité romaine et de la période paléochrétienne, et à l'amphithéâtre d'el-Jem, aussi appelé Colisée de Thysdrus, monument romain le plus célèbre de la Tunisie, classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1979.
Mais le plus grand apport de cette expérience pour la jeune artiste-peintre libanaise est qu'elle lui a permis de décrocher une bourse de l'AUF France pour approfondir ses recherches bibliographiques à Paris. « Ma participation à ce collège doctoral – opportunité que le Bureau Moyen-Orient de l'AUF m'a offerte – m'a ouvert d'importantes voies », confie-t-elle reconnaissante.
Maria, qui entame dans quelques jours la rédaction de sa thèse à Montpellier (France), reprendra, à la prochaine rentrée, ses activités pédagogiques et artistiques et retrouvera son atelier (à Antélias) où elle s'adonne à la création artistique, principalement la peinture, la céramique et la conception et réalisation de bijoux.
Pour en savoir plus sur Maria Bou Habib :
www.mariabouhabib.com.

