Les employés de l’hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal rassemblés devant l’entrée de l’établissement. Photo Ani
L'hôpital gouvernemental de Meis el-Jabal à Marjeyoun, au Liban-Sud, a été définitivement fermé hier par les employés furieux de ne pas avoir reçu leurs salaires depuis six mois.
Chadi Mazraani, porte-parole des employés, a considéré que « toutes les promesses qui (leur) ont été faites se sont révélées inutiles ». « Nous sommes épuisés, et personne ne reconnaît nos efforts et les contraintes auxquelles nous faisons face dans cet établissement érigé à la frontière avec l'ennemi israélien et qui, malgré tout, continue à assurer des services médicaux à toute la région », dit-il.
« Nous demandons notre dû et le versement de nos salaires avec effet rétroactif ainsi que la cherté de vie, et l'octroi des bourses scolaires et une certaine continuité dans le paiement de nos salaires mensuels », martèle M. Mazraani. Les employés ont par ailleurs demandé à ce que le dossier de l'hôpital soit pris en charge par les ministres de la Santé et des Finances à cause d'une mauvaise gestion de l'établissement qui croule sous un déficit de deux milliards de livres libanaises.
Les employés qui observaient un sit-in se sont dirigés vers la grille principale afin de fermer définitivement l'accès à l'hôpital. Tard dans la soirée, les portes de l'hôpital étaient toujours fermées et aucun membre du personnel ne répondait au téléphone.
Contacté par L'Orient-Le Jour, le ministre de la Santé Waël Bou Faour a considéré pour sa part qu'il ne revenait pas aux employés de fermer un hôpital gouvernemental qui dépend de l'État, surtout que l'hôpital dessert une région éloignée de la capitale. Les contacts nécessaires ont été entrepris selon le ministre et l'hôpital rouvrira bientôt ses portes. Il a affirmé par ailleurs que les salaires des employés seront payés dans les deux jours à venir et qu'ils sont déjà transférés au ministère des Finances, et que le retard est simplement dû à la routine administrative.
Répondant à une question concernant les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les employés de l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri à Beyrouth, le ministre a affirmé avoir œuvré dans une étape antérieure pour l'amélioration des conditions de travail et pour le versement des salaires non payés.
Le ministre de la Santé avait reçu plus tôt dans la journée le président du syndicat des propriétaires des hôpitaux privés, Sleimane Haroun, à la tête d'une délégation des patrons d'hôpitaux privés. M. Bou Faour a procédé avec les membres de la délégation à un état des lieux concernant notamment les appréhensions des chefs des hôpitaux quant aux dettes de l'État accumulées depuis 2001.
Le ministre a exposé lors d'une conférence de presse, à l'issue de la rencontre, les problèmes qui opposent le ministère aux hôpitaux privés et a dressé une liste de critères qui serviront de plateforme pour régir dorénavant les relations entre l'État et ces institutions privées, notamment le bon traitement réservé aux patients accueillis aux frais du ministère et la réduction des plaintes concernant les admissions aux hôpitaux.
« J'espère et je m'attends à une initiative positive de la part du syndicat des hôpitaux privés, et je suis prêt à ce moment-là à être doublement positif, laissant l'avis des citoyens être le critère qui définira la relation entre nous. Dans le cas contraire, la confrontation entre le ministère de la Santé et les hôpitaux privés continuera », a averti M. Bou Faour.


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