« Aucune communauté ou faction ne peut s’imposer à l’autre, il vous faut trouver les moyens d’une entente qui préserve les intérêts de chacun », a affirmé Patrice Paoli. Photo Michel Sayegh
À l'occasion de la fête nationale française, hier, l'ambassadeur de France, Patrice Paoli, a donné une réception à la Résidence des Pins, en présence d'un grand nombre de personnalités. Les présidents de la Chambre Nabih Berry et du Conseil Tammam Salam étaient respectivement représentés par Mahmoud Berry et Samir Mokbel.
« C'est avec une émotion très particulière que nous vous accueillons, Annie et moi, pour notre quatrième 14 Juillet à Beyrouth qui est aussi le dernier de ma mission diplomatique dans ce pays », a d'emblée affirmé le diplomate dans le discours qu'il a prononcé pour l'occasion.
M. Paoli, qui a brièvement dressé le bilan de son mandat, s'est attardé sur les relations franco-libanaises. « Au gré des circonstances, l'action de la France, la mienne ont pu être diversement commentées. C'est la règle du jeu dans une démocratie, mais je puis vous affirmer sans hésiter que tout ce que nous faisons, nous le faisons dans l'esprit de fraternité que j'évoquais et dans le but d'être aux côtés du Liban et des Libanais, de tous les Libanais ». (...) Ce principe m'a été énoncé très clairement dès mon arrivée par un interlocuteur politique – et ami – avec lequel je peux avoir de réelles différences, mais qui m'a dit précisément : « Nous pouvons avoir des divergences, mais nous ne doutons pas quant à nous des intentions de la France, nous savons que ce que vous faites, vous le faites pour le Liban. »
Après avoir rappelé l'engagement « jamais démenti » de son pays en faveur du Liban, notamment au sein de la Finul et son soutien à l'armée, grâce au don saoudien, l'ambassadeur a relevé que « les Libanais ont entre leurs mains, en grande partie sinon totalement, les clefs de leur destin ». « Certes, la situation régionale a toujours pesé sur le Liban et celui-ci n'a pas toujours été libre de ses choix, par excès de fraternité parfois de ses voisins. Mais si les Libanais voulaient s'entendre, ils pourraient sans doute s'affranchir des influences extérieures. Les Libanais sont voués à s'entendre dans le cadre de ces frontières qui sont pour eux la meilleure des garanties. Aucune communauté ou faction ne peut s'imposer à l'autre, il vous faut trouver les moyens d'une entente qui préserve les intérêts de chacun. Je persiste à croire pour ma part que c'est possible et que les Libanais trouveront les ressources pour élire un président, et rétablir le bon fonctionnement de l'État et des institutions indispensables à l'intérêt général et au bien-être de tous. La promotion de l'État démocratique, fondé sur des institutions fonctionnant au bénéfice de tous les citoyens, est plus que jamais au cœur du message de la France pour la région tout entière », a affirmé M. Paoli avant de poursuivre : « Un Liban stable et uni est une nécessité pour les Libanais, mais aussi bien au-delà des frontières du pays, par le message qu'il porte. »
Évoquant la montée du terrorisme, il a déclaré : « Le Liban a été durement frappé, la France aussi, encore récemment : nous sommes dans la même tranchée contre la haine et l'obscurantisme. Démontrons ensemble que la fraternité et la compréhension de l'autre l'emporteront. »


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