Liban

Le Hezbollah renvoie au Futur la responsabilité d’une solution

OLJ
14/07/2015

Le récent discours du chef du courant du Futur, l'ancien Premier ministre, Saad Hariri, a suscité des réactions mitigées hier : le Courant patriotique libre l'accuse de continuer d'occulter le partenariat national, tandis que le 14 Mars, et de nombreux centristes, soulignent que le président Hariri n'oppose de veto à personne. Entre les deux, le Hezbollah paraît soucieux de ménager son allié chrétien, quand bien même il s'était distancié de son appel à descendre dans la rue.
Après le secrétaire général du Hezbollah, qui avait appelé le chef du Futur à tenter une nouvelle ouverture sur le CPL, le Hezbollah est revenu à la charge hier, par la voix de son ministre Hussein Hajj Hassan. Ce dernier a appelé le courant du Futur à « ne pas se dérober aux résultats de son dialogue avec le CPL ». Se prononçant lors d'une cérémonie dans la Békaa-Nord, il a déclaré, à l'adresse du 14 Mars en général, et du Futur en particulier : « Vous avez eu de nombreux dialogues avec le CPL, ayant produit des résultats. Quand l'heure est venue de les mettre en œuvre, vous avez nié ces résultats. C'est ce qui a mené à l'escalade actuelle, dont le Futur est le seul responsable. Si toutefois le Futur se soucie réellement de la stabilité du pays, qu'il rétablisse les liens rompus avec le CPL (...). La responsabilité de résoudre la crise ministérielle est de la seule responsabilité du Futur. »

Pessimisme
C'est ce qui expliquerait en partie le pessimisme exprimé par le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, à la radio Voix du Liban-93.3. « Je ne vois aucun bon augure pour ce qui est du gouvernement ». Certes, « le discours du secrétaire général du Hezbollah qui a exprimé son attachement au maintien du cabinet incite à l'optimisme, mais il faudrait que cette position se traduise par des actes », a-t-il souligné, s'interrogeant sur « l'intérêt actuel de l'escalade menée au nom de droits bafoués ». Pour la ministre Alice Chaptini, le Premier ministre Tammam Salam est « l'homme qu'il faut pour gérer l'étape actuelle et la campagne dont il fait l'objet est hors contexte ».
Néanmoins, le bloc du Changement et de la Réforme continue de lancer ses accusations au Futur.
« Le discours du président Hariri est national par excellence, mais n'apporte rien de nouveau », a ainsi relevé le député Walid Khoury, membre du bloc du Changement et de la Réforme, dans une interview à la radio Voix du Liban-93.3. « Les contacts sont interrompus entre le CPL et le Futur, et l'unique canal de communication est maintenu par le biais du cabinet. Cet immobilisme est causé par une main invisible qui œuvre à empêcher les Libanais de se rapprocher les uns des autres. »
C'est sans considérer ces nuances dans les rapports du CPL avec le Futur, que le député Nabil Nicolas a commenté, non sans agressivité, le discours de Saad Hariri.
« Ce discours n'a rien apporté de nouveau et maintient la même mollesse dans la prise de décision », a estimé le député du Changement et de la Réforme, dans une interview à la radio al-Fajr. En effet, « il ne suffit pas, pour le chef du Futur, de dire qu'il n'oppose son veto à aucun candidat à la présidence, à l'heure où de nombreux cadres de son courant imposent des conditions impossibles pour soutenir certaines candidatures », a-t-il expliqué. Il a relevé en outre une contradiction entre « les critiques adressées par Hariri au Hezbollah d'une part, et ses propos sur l'ouverture, de l'autre : cette logique est le propre des personnes atteintes de schizophrénie », a-t-il affirmé de but en blanc. C'est avec la même virulence qu'il a exprimé ses doutes sur l'optique d'une nouvelle prise de contact entre le courant du Futur et le Courant patriotique libre. « Le dialogue bipartite a duré près d'un an et demi et s'est achevé sur un retournement du courant du Futur sur ce qui avait été convenu », a-t-il déclaré, avant de conclure : « Nous rejetons le daechisme politique et le daechisme de l'épée. »

« Aucune rencontre n'a eu lieu à Rome »
Dans ce cadre, le député Ammar Houry, membre du bloc du Futur, a démenti, dans une déclaration, ce que le chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun, avait relaté sur « des engagements non tenus par le Futur ». « Aucune rencontre n'a eu lieu à Rome, mais seulement à Paris. Une autre réunion s'est tenue à la Maison du centre, mais aucun engagement n'en a émané », a précisé Ammar Houry. D'une manière générale, « en dépit de toutes les divergences politiques, nous maintenons le dialogue avec toutes les parties ».
Pour le coordinateur du 14 Mars, l'ancien député Farès Souhaid, qui s'exprimait hier à la Future TV, « le discours de Saad Hariri a désengagé le conflit que d'aucuns ont voulu provoquer entre les chrétiens et les musulmans ». « L'action que le général Michel Aoun a voulu mener se fondait sur une conversion, comme par magie, du conflit sunnito-chiite en conflit sunnito-chrétien, a-t-il souligné. Le conseil du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, au président Hariri de s'ouvrir à Michel Aoun est comme une confirmation des accusations lancées par le CPL contre le Futur de dérober les droits des chrétiens. Le président Hariri a réussi toutefois, dans son discours, à désengager ce conflit en prouvant que toute cette approche est erronée. »

Mikati : Il y a des preuves du partenariat....
Pour l'ancien Premier ministre, Nagib Mikati, le discours de Saad Hariri est celui d'un partenariat avec les chrétiens. « En affirmant le respect de la Constitution et de la parité, et en appelant d'urgence à combler la vacance présidentielle, sans opposer de veto à personne, le Futur a apporté la plus grande preuve de sa sincérité et de son adhésion au principe du partenariat entier avec la composante chrétienne et toutes les autres composantes libanaises », a déclaré M. Mikati.
Mais le CPL persiste et signe. « Nous nous attendions à un discours qui propose des issues », a souligné le député Hikmat Dib, membre du bloc du Changement et de la Réforme, à Radio Liban Libre. « Nous espérions voir une sorte de main qui se tende au CPL, afin de rétablir l'équilibre interne. Mais il nous semble que le partenariat a été quelque peu occulté, comme s'il ne souffrait d'aucun problème », a-t-il conclu.

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