Les mois d'été viennent à peine de commencer et, avec eux, l'effervescence dans les foyers libanais. Laquelle ? Celle des mariages et leurs finitions ! Qui d'entre nous n'a pas au moins 3 ou 4 mariages par saison estivale au Liban ? Qui n'a pas déjà débuté ses recherches pour les robes, les accessoires et tout ce qui va avec depuis 6 mois ? C'est un casse-tête monumental, alors imaginez dans quel état vont être les mariés et leurs préparatifs.
Les Libanais en général adorent en faire plus que les voisins, plus que les cousins, « toujours aktar », bref, mieux que tout le monde.
Nos mariages ressemblent à des contes de fées, des rêves sur terre, bien réalisables, oui, mais selon le budget qu'on possède, ou, devrais-je dire, selon l'emprunt bancaire qu'on pourrait contracter dans certains cas, même si on doit le rembourser pour 10 ou 20 ans. On ne peut pas passer à côté du mariage de sa vie, alors tout doit être au mieux, au top, et la palme d'or revient à celui qui en met plein la vue à ses invités et celui qui fait parler le plus de son mariage. Il ne faut rien oublier : la robe et le costume; le fleuriste ; les photographes ; le restaurant pour la grande soirée ; les invitations ; le choix du menu pour les invités, etc.
Ah, sans oublier le plus important : les 300-700 convives (car plus nous avons d'invités, plus on monte dans l'échelle sociale), même si certains d'entre eux sont des cousins lointains avec qui l'on n'a jamais, ou presque, parlé de sa vie. Mais ce n'est pas grave : il faut qu'ils soient là pour le grand événement. On remarque rarement un mariage libanais avec seulement 80 personnes, comme à l'européenne. C'est à la limite le nombre de personnes faisant partie de la famille d'un des mariés. Oui, au Liban, les familles sont nombreuses entre oncles, tantes, cousins...
Un jour, une amie parisienne, émerveillée au début de ces mariages de contes de fées, me demande après coup : « Pourquoi fait-on tout cela au Liban ? Pourquoi inviter tout ce monde et faire de tels mariages, extravagants aux yeux des Français ? » La réponse était toute simple : on adore les grands mariages, on n'arrive pas à faire autrement, et il faut marquer le coup. Néanmoins, une partie de la réponse réside dans les propos des mariés, ainsi que leurs parents : « Yi walaw, mon fils est lieutenant, son mariage doit être énorme », ou « Ma fille est docteur, maa'oul qu'elle se marie à la va-vite ?! Quand même ! ». N'est-ce pas du prestige, quelque part, car les apparences comptent beaucoup pour nous ?
Alors, est-ce vraiment de l'exubérance ? Est-ce la normalité pour les autres ? Qui peut vraiment le juger ? Cette magie qui opère pendant le mariage est tellement essentielle pour nous que nous ne pouvons strictement pas nous en passer. Les gens veulent nous pointer du doigt ou ne comprennent pas notre façon de faire, eh bien soit ! Comme certains disent : « Hayda nehna, hayda jawna ».
Bienvenue au Liban...
Nos lecteurs ont la parole - Noura Metri
Classique ou exubérant ?
OLJ / le 13 juillet 2015 à 01h19


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