Lors du lancement du ballon au Golf Club de Beyrouth, le 21 juin au petit matin.
Six jeunes étudiants en génie mécanique et aéronautique de l'Université de Balamand ont réussi à envoyer dans la stratosphère –deuxième couche de l'atmosphère terrestre – un ballon gonflé à l'hélium auquel est attachée une plateforme de photographie. L'exploit, baptisé « Balamand to Stratosphere », a permis de photographier la terre à plus de 30 000 mètres d'altitude.
Les ingénieurs en devenir, encadrés par leur professeur Johnny Issa, ont mis au point un dispositif constitué d'un ballon haute altitude et d'une capsule repérable, récupérable et résistante aux températures extrêmes de la stratosphère.
Le ballon a été lancé depuis le Golf Club de Beyrouth, le 21 juin, à 5h21, dans un ciel rosé par le soleil levant. La sécurité étant une priorité pour l'équipe universitaire, l'heure et le lieu du lancement ont été fixés après concertation avec les instances concernées. Le ballon a atteint, à 6h10, une altitude maximale de plus de 30 kilomètres. À cette altitude, les photos enregistrées montrent la courbure de la planète et la noirceur de l'espace. Conçue de manière à résister aux températures extrêmes de la stratosphère qui peuvent atteindre -55°C, la caméra est restée fonctionnelle tout au long du vol. Puis, tel que prévu, le ballon a éclaté et le parachute s'est déployé ; ce qui a permis à la capsule d'entamer une descente de 18 minutes avant d'atterrir en douceur à 6h28, au nord de Baalbeck, dans la région de la Békaa, à moins de 3 km du lieu d'atterrissage prévu par les étudiants. Repérée grâce au système de géolocalisation, elle a été récupérée, intacte, deux heures plus tard.
Un voyage de 67 minutes
Les étudiants Anthony Diba, Ghady Moussa et Tarek Tahan ont conçu et construit la plateforme de photographie qui est facilement localisable grâce à l'appareil GPS qui y est intégré. Trois autres étudiants, Élie Chami, Élie Mahfoud et Élie Harb, formant l'équipe de l'aérodynamique, ont estimé la trajectoire du vol et le lieu de l'atterrissage en se basant sur des données météorologiques et le calcul des forces exercées sur le système. Ils étaient également responsables du gonflage du ballon et de la mise en place du parachute permettant de récupérer l'appareil photographique.
Ce projet, réalisé avec la coopération et le soutien du département de génie mécanique de l'Université de Balamand, l'armée libanaise, la Direction générale de l'aviation civile et l'organisation Mjad el-Ghad qui lutte contre l'émigration des jeunes Libanais, ouvre la voie à de futurs projets spatiaux permettant, par exemple, de recueillir des données météorologiques ou de surveiller la pollution de l'air.
Une vidéo présentant le projet et montrant des étapes du voyage est consultable sur le lien suivant :
https ://www.youtube.com/watch ? v=_CXQ1ppV928

