Angoissants et insupportables sont aujourd'hui les questionnements des hommes déboussolés que nous sommes devenus.
Comment le monde en est-il arrivé là ?
Terrorisme qui sévit sur la planète entière, décadence des mœurs un peu partout, crise universelle des systèmes économiques, chute des valeurs morales tant individuelles que sociales, montée fulgurante des appétits, des égoïsmes, de la recherche effrénée des plaisirs, accompagnant un appât du gain qui ne trouve son couronnement que dans la corruption, le blanchiment d'argent et le crime organisé.
Tout se confond et se consume dans un brasier qui brûle à l'air libre. Et le monde est là, spectateur impuissant, à danser autour de ces feux d'enfer sa farandole désespérée. À titre d'exemple, le touchant et lamentable spectacle de chefs d'État et de responsables, au lendemain des derniers carnages dans leurs pays respectifs. Désolantes images de veulerie où le premier, larme à l'œil, entame sans conviction son air nationaliste noir resté sans portée, alors que le second se désole de ne plus savoir sur quel tempo « valser ».
Je suppose que certains d'entre nous conservent encore la lucidité nécessaire pour se poser une question. Une question unique, à avancer sans détour : quelles peuvent être les raisons d'un tel déferlement de cassures, certainement liées les unes aux autres par un effet fatal de tenants et d'aboutissants ?
À mon sens, et je n'ai rien inventé, les raisons invoquées sont à retrouver dans ce concours irréversible des deux explosions majeures auxquelles avait fait allusion un Albert Einstein au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. À la question qu'on lui avait posée sur ce qu'il pensait des suites de la découverte de la bombe atomique, il avait répondu à peu près ceci : « Ce n'est pas tant la bombe atomique qu'il faudrait craindre dorénavant. Mais bien plutôt les deux horribles explosions qui, déjà, pointent le bout du nez et qui dévasteront le monde dans les décennies à venir : à savoir la bombe démographique et la bombe psychique qui vont, de concert, nous entraîner dans un chaos d'individualisme, plongé lui-même dans une productivité matérielle sans limites. Le tout sous le signe du progrès ! »
Pour ceux qui sauraient lire entre les lignes, cette déclaration n'est pas seulement un aveu d'impuissance. Elle est surtout un avertissement. Venant de la part d'un scientifique génial, censé ne faire confiance qu'aux calculs et aux certitudes matérielles, c'est un aveu hautement troublant d'une référence à la spiritualité qu'il nous faut redécouvrir.
Car pour faire face à un tel déploiement de la matière et des passions qui lui font cortège, un seul outil est à la disposition des êtres pensants. Un seul, à l'exclusion de tout autre : l'esprit.
Insaisissable dans son essence et régulièrement ignoré en dépit de son incontournable présence, l'esprit est la seule force qui puisse endiguer, canaliser, transformer tous les excès en bienfaits. Conscience et volonté, mais courage aussi, en sont l'expression la plus répandue. Sauf que conscience et volonté ont besoin d'être nourries et que le seul moyen d'y parvenir est l'éducation et la culture.
Nous touchons ici au bât qui blesse. Éducation et culture ont, à la base, leur source dans un encadrement parental intelligemment organisé. Point de salut en dehors de telles conditions ! Or, comment pense-t-on s'y appuyer lorsque la permissivité et la société de consommation règnent sans partage autour de nous ?
Impossible et infernal pari que de vouloir maintenir contre vents et marées un courant spirituel battu en brèche par un monde infecté de technologies, de fausse écologie et de fanatisme religieux : les trois fléaux, justement, de notre monde postmoderne.
Reste donc le dernier recours. Celui de la religion bien comprise.
Ah ! le grand, le lourd problème que voilà ! La religion, disons-nous ? Elle se manifeste d'abord sous plusieurs formes tout en restant au fond la seule, l'unique façon de célébrer la force vive qui mène l'univers.
Que nous soyons nés bouddhistes, juifs, musulmans ou chrétiens, peu importent en définitive les étiquettes qui nous régissent. Nous faisons tous, en fait, référence à la même réalité, affublée de divers titres au gré des ethnies et des continents.
Dieu et l'Esprit de Dieu imposent cependant une terrible exigence. Plus terrible encore est la responsabilité de ceux qui croient pouvoir les annoncer. Et voilà où viennent échouer, voilà comment ont échoué tous les systènes religieux ou politiques qui ont animé notre monde jusqu'à nos jours. À commencer, peut-être, par le plus apparemment brillant de tous les enseignements, celui du christianisme. Un échec auquel emboîtent le pas toutes les autres doctrines des hommes.
Nous n'avons pas, il est vrai, nous autres particuliers, à nous arroger le droit de critiquer la gestion de pareilles valeurs. Mais seulement à déplorer le manque de courage de tous les responsables et à poser encore une fois notre question : « Pourquoi l'Europe et le monde occidental sont-ils en train de se déchristianiser ?
Pourquoi l'islam permet-il le fanatisme ? Pourquoi le judaïsme ne cesse-t-il de se radicaliser ? »
La seule réponse plausible est la suivante : « Parce que ceux qui président à la diffusion de ces valeurs sacrées ou qui sont censés les protéger dans la chose publique ont failli à leur mission. » La société de consommation aura tout englouti . Jusqu'aux consciences ! Et les meneurs du jeu, étouffés par leurs intérêts matériels et les intrigues pour les maintenir juteux, laissent fatalement filtrer le laxisme des masses, noyé dans l'inculture.
Quant aux Églises chrétiennes, nonobstant la qualité des valeurs que véhicule l'Évangile, elles s'avèrent, hélas ! incapables de soutenir le rythme du développement et de l'évolution de l'esprit du monde, et se retrouvent par conséquent réduites à suivre à la traîne.
Dieu n'est plus qu'un slogan affiché ! Navrant constat que tout cela, alors que c'est de Lui seul que dépend le salut.
La solution ? Elle ne peut plus être à l'échelle publique. Elle ne peut que provenir de chaque être humain en particulier, de sa volonté personnelle, de sa seule prise de conscience.
Le monde moderne est truffé de moyens pour se ressaisir, se cultiver, réagir et vaincre. Si chacun de nous ne saisit pas sa chance, ne se réveille pas, ne réalise pas la puissance infinie que l'esprit lui permet d'avoir, alors le suicide sera inéluctable et le monde entier aura trouvé ses limites et sa fin.
Nos lecteurs ont la parole - Louis Ingea
Les temps de l’apocalypse
OLJ / le 08 juillet 2015 à 01h13


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
C'EST QUE L'ABRUTISSEMENT S'EST ANCRÉ ET A VIDÉ LES BOÎTES CRÂNIENNES À L'ÉCHELLE MONDIALE !
12 h 22, le 08 juillet 2015