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Liban

L’ordonnance médicale unifiée entre (enfin) en vigueur

Santé

La nouvelle ordonnance réduira de 35 % la facture nationale du médicament, estime le Dr Atef Majdalani.

OLJ
01/07/2015

« Elle n'a que des avantages », avait déclaré à L'Orient-Le Jour à son sujet le principal artisan de sa mise en œuvre, le Dr Charaf Aboucharaf, ancien président de l'ordre des médecins. L'ordonnance médicale unifiée est enfin entrée en vigueur. Elle a été présentée au public au cours d'une cérémonie organisée au Grand Sérail, en présence du président du Conseil,Tammam Salam, des ministres de la Santé et du Travail, Waël Bou Faour et Sejaan Azzi, du président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani, auquel on doit la loi prévoyant sa création, et du président de l'ordre des médecins, Antoine Boustany.
Les ordonnances médicales se présenteront sous la forme de carnets de 50 prescriptions, chacune en trois exemplaires, une copie allant au médecin, les deux autres respectivement au pharmacien et au patient. Le prix unitaire de la prescription sera de 500 LL. Le carnet sera donc vendu à 25 000 LL.
Pour l'ordre des médecins, son principal avantage reste l'application de la loi qui exige l'apposition d'un timbre, d'une valeur de 250 LL, sur toute ordonnance. La vente des carnets alimentera substantiellement la Caisse de retraite des médecins.
D'un point de vue de santé publique, elle permettra un meilleur contrôle de la vente des médicaments, notamment des tranquillisants, car elle ne peut pas être falsifiée, mais elle permettra aussi d'avoir une traçabilité et une analyse du marché du médicament, grâce au code-barres dont elle est munie.

Substitution du médicament
La prescription unifiée contribuera enfin à faire baisser la facture de santé puisqu'elle permet au pharmacien de remplacer les médicaments originaux par leurs équivalents génériques, conformément à l'article 47 de pratique de la profession de pharmacie.
Toutefois, cette substitution ne peut être faite sans l'accord du médecin traitant et du patient lui-même, comme il est d'ailleurs indiqué sur l'ordonnance. Ainsi, si le médecin refuse que le médicament prescrit soit substitué, il coche la case dédiée à cet effet et y écrit les lettres « NS », c'est-à-dire « non substituable ». Quant à la CNSS, elle va rembourser le prix du médicament, qu'il soit un générique ou de marque. L'article 42 du règlement intérieur de la CNSS, qui interdisait au pharmacien toute substitution du médicament, a été amendé.
Beaucoup de médecins et de patients ne faisant pas confiance aux génériques, la substitution systématique n'aura probablement pas lieu au début. Le président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani, prévoit que la nouvelle prescription permettra, dans un premier temps, de réduire de 30 à 35 % la facture nationale du médicament.
Toutefois, une saine pratique devrait à terme mettre les patients en confiance et augmenter le taux de médicaments génériques vendus en pharmacie. Aux États-Unis et au Canada, rappelle-t-on, le générique constitue respectivement 83 et 81 % de la facture du médicament, alors qu'au Liban il ne dépasse pas les 15 % des médicaments vendus.
Un inconvénient : la nouvelle ordonnance médicale unifiée introduit une légère modification au modèle en usage au Liban-Nord, où elle est appliquée depuis des années. Le président de l'ordre des médecins au Nord, le Dr Élie Habib, a en vain plaidé pour être autorisé à écouler le stock de carnets disponibles, afin de ne pas gaspiller le précieux capital dépensé pour les imprimer.

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