Nizam Mghayt, frère de l'otage Ibrahim Mghayt, a confié à L'Orient-Le Jour que les familles des militaires otages œuvreront « par leurs propres moyens » pour trouver un médiateur « sérieux », susceptible de résoudre le dossier des vingt-cinq militaires capturés en août dernier et toujours aux mains de leurs ravisseurs du Front al-Nosra ou du groupe l'État islamique.
« Compte tenu du résultat obtenu, nous coordonnerons avec la cellule ministérielle de crise », a-t-il ajouté, précisant que « lorsque nous trouverons cette personne, nous saurons quelle partie ne coopère pas, l'État libanais ou les ravisseurs ». Nizam Mghayt a précisé en outre que si ces tentatives se soldent par un échec, « nous allons recourir à l'escalade ». Plus tôt dans la journée, il avait affirmé que les « familles en ont ras-le-bol ». « Nous avons attendu les résultats de l'action de la cellule ministérielle de crise, mais nous nous sommes trouvés face à une plus grande crise », avait-il affirmé, commentant les résultats de la réunion de mardi de la cellule ministérielle de crise. À l'issue de cette réunion, le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, avait annoncé la fin des négociations avec les ravisseurs des otages, indiquant que « l'État libanais continue d'attendre un signal du médiateur qatari, qui attend à son tour un signal du Front al-Nosra, afin d'entamer l'opération d'échange à laquelle a consenti l'État libanais et dont le plan est achevé depuis deux mois ». Pour mémoire, cette opération devrait aboutir à la libération par l'État de 16 détenus islamistes qui n'ont pas encore été jugés, en échange des 16 militaires détenus par al-Nosra.
« Personne n'a évoqué la question des menaces et nous n'avons pas obtenu une réponse susceptible d'apaiser les familles éplorées », avait martelé Nizam Mghayt. Rappelons dans ce cadre que, dimanche, le groupe État islamique avait menacé de traiter les otages qu'il détient « exactement comme sont traités les islamistes » à Roumieh, en référence aux vidéos montrant des scènes de torture contre des détenus. Dans un message envoyé sur WhatsApp à l'un des parents, les ravisseurs ont également annoncé que les visites que « l'émir des croyants » allait consentir aux parents « ont été annulées », promettant aux otages « coups de fouet et décapitation ».
De son côté, Khodr Zebiane, frère du militaire otage Seif Zebiane, a annoncé que les proches des militaires otages comptent bloquer l'autoroute entre Beyrouth et le Liban-Sud ainsi que la route devant le Palais de justice, « si l'État ne prend pas une mesure sérieuse » dans le cadre de ce dossier ou « si un progrès n'est pas perçu dans les deux prochains jours ».
Liban - Militaires Détenus Par Les Jihadistes
« Nous allons trouver un médiateur par nos propres moyens », déclare le frère d’un otage
OLJ / le 25 juin 2015 à 00h00


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