Le ministre d'État pour la Réforme administrative, Nabil de Freige, s'est plaint hier des difficultés rencontrées par son ministère à faire appliquer les réformes dans une administration récalcitrante, et souligné le manque de prérogatives de ce ministère. Il a également estimé que le Conseil des ministres devrait se réunir deux fois par semaine plutôt qu'une, quelles que soient les absences.
M. de Freige était invité au Club de la presse pour parler du travail de son ministère. Ce dernier « ne dépense pas beaucoup, l'argent étant plutôt consacré aux projets exécutifs », a-t-il dit. Il a juste cité deux projets financés par l'Union européenne (UE), l'un pour la gestion des déchets solides dans le Sud, la Békaa et le Nord (40 % des déchets du Liban, dans sept usines, a-t-il précisé), et l'autre, baptisé « Afkar », visant à aider la société civile à maintenir les populations sur leurs terres.
« Tous les autres projets que nous entreprenons doivent recevoir l'aval du Conseil des ministres et être mis en application en coopération avec l'administration concernée, a-t-il ajouté. Mais nous n'avons aucune prérogative pour imposer la mise en œuvre de ces projets, le cas échéant, et c'est une lacune. »
À ce sujet, le ministre a principalement évoqué le projet de simplification des formalités en vue de réduire la corruption. « Certains fonctionnaires voient dans ce projet une limitation de leurs revenus, et tous les moyens sont bons pour retarder son application, déplore-t-il. Ils prétextent régulièrement la nécessité d'amender les lois. Nous menons des batailles avec les trois quarts des administrations en vue d'appliquer les réformes. »
Évoquant l'actualité politique, M. de Freige a insisté sur le fait que « le Conseil des ministres devrait se réunir deux fois par semaine plutôt qu'une ». Le gouvernement ne s'est pas réuni depuis près de trois semaines en raison de tensions autour des nominations sécuritaires et des menaces de blocage des décisions de la part des ministres aounistes. « Celui qui voudra se rendre à ces réunions sera le bienvenu, et celui qui s'absentera est libre de le faire, mais il ne peut continuer à freiner l'activité gouvernementale autour des affaires de la vie quotidienne », a-t-il dit. Et de poursuivre : « En l'absence d'un président de la République, le Conseil des ministres ne prend pas de décisions très importantes, mais il lui est demandé au moins de faire avancer les dossiers qui servent les intérêts de la population. »
Liban
De Freige : Les trois quarts des administrations refusent d’appliquer les réformes
OLJ / le 24 juin 2015 à 01h31


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