La chambre de première instance du Tribunal spécial pour le Liban a entendu hier un témoin masqué, une employée relevant d'une société de production travaillant pour le compte de la chaîne al-Jazira.
Le témoin a précisé avoir reçu un appel téléphonique après l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, alors qu'elle se trouvait seule avec le directeur du bureau d'al-Jazira à Beyrouth, Ghassan Ben Jeddo. Elle a précisé que son interlocuteur était un homme à l'accent étranger, qui cherchait toutefois à imiter l'accent libanais. Ce dernier a affirmé qu'il avait un communiqué à divulguer. Il lui a demandé de prendre un papier pour inscrire ses propos. Il s'exprimait rapidement et de manière particulièrement nerveuse, a-t-elle poursuivi, soulignant lui avoir fait remarquer qu'il allait trop vite. Le correspondant s'est énervé et a menacé de raccrocher. Immédiatement, elle a fait appel à Ghassan Ben Jeddo qui a pris le combiné et noté par écrit la teneur du communiqué.
Le témoin a ajouté que le communiqué lu au téléphone était le même que celui qui est parvenu par la suite à la chaîne par écrit et signé par un groupe qui s'est présenté comme étant « Nosrat el-islam fi Bilad el-Cham ».
Elle a indiqué que la même personne a appelé une seconde fois et a demandé à parler à Ghassan Ben Jeddo pour l'informer de l'emplacement d'une vidéo qui s'est avérée par la suite être la vidéo de revendication par un groupe islamiste de l'assassinat de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Le directeur d'al-Jazira a envoyé un employé du bureau à l'endroit indiqué mais ce dernier n'a pas trouvé la bande. Il a alors envoyé une seconde personne qui a réussi à localiser la vidéo accompagnée d'un communiqué. Le témoin a affirmé avoir alors fait une copie de la bande pour l'envoyer au siège de la chaîne à Doha, afin qu'elle soit diffusée. À noter qu'un long échange a eu lieu au cours de l'audience entre l'accusation, la défense et les juges sur la question des appels téléphoniques concernant le témoin en question, et les contacts effectués par ce dernier après l'attentat du 14 février 2005 notamment, dans ce qui est apparu comme un avant-goût du débat à venir sur les données de télécoms qui représentent la pierre angulaire des preuves présentées par l'accusation.
Liban - Tsl
Un témoin masqué d’al-Jazira raconte l’épisode de la vidéo de revendication de l’assassinat de Rafic Hariri
OLJ / le 24 juin 2015 à 01h03


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