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Liban - Erreurs Médicales

Bou Faour annonce la création d’un comité consultatif d’enquête

Le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, a annoncé hier la création d'un comité consultatif, qui sera chargé de « donner son avis scientifique concernant toute plainte déposée au ministère de la Santé, avant que le dossier ne soit déféré devant la justice ».
Le comité sera formé de quatorze spécialistes « connus pour leurs compétences et leur éthique », a affirmé M. Bou Faour, au cours d'une conférence de presse. Il comprend les Drs Mohammad Saab (cardiologie), Antoine Courban (chirurgie générale et éthique médicale), Ghazi Zaatari (anatomo-pathologie), Antoine Hélou (gynécologie-obstétrique), Hadi Ghanem (oncologie), Patricia Yazbeck (anesthésiologie), Ghassan Chehab (pédiatrie), Adnan Awada (neurologie), Ziad Rassi (chirurgie générale), Amale Mansour (sciences infirmières), Zouheir Imad (néphrologie), Pierre Abi Khalil (soins intensifs) et Salah Zeineddine (pneumologie).


Cette mesure a été prise à la suite du dossier de la petite Ella Tannous, qui a été amputée des quatre membres à la suite d'une rare infection bactérienne. Ce cas « a mis de nouveau au-devant de la scène le dossier des fautes médicales », a souligné M. Bou Faour. « Les anciennes expériences de l'ordre des médecins dans ce domaine n'étant pas encourageantes, le ministère a décidé de former ce comité, a-t-il ajouté. Bien entendu, l'ordre a le droit de donner son avis consultatif et non contraignant dans une affaire, mais il y aura aussi l'avis du ministère. » Les deux avis seront exposés devant la justice « à qui il reviendra de trancher ».
Le premier dossier qui sera confié à ce comité est celui d'Ella Tannous, qui « ne peut pas être clos sur base d'occultation », mais en « toute transparence, de manière à préserver les droits et la dignité du patient et du médecin ».

 

(Pour mémoire : Affaire Ella Tannous : le Docteur Maalouf libéré)


Soulignant que le ministère « ne s'est pas mêlé de l'arrestation ni de la libération du pédiatre » de la petite fille, le Dr Issam Maalouf, « qui est un médecin compétent et honnête », M. Bou Faour a signalé que « trente-sept plaintes sont déposées au ministère dans le cadre des fautes médicales ».
« La campagne d'intimidation menée contre le ministère et la justice n'est pas acceptable », a-t-il martelé, constatant que les établissements médicaux qui se sont conformés à la grève décrétée par l'ordre des médecins jusqu'à la libération du Dr Maalouf « ont rouvert leurs portes en raison des immenses pertes qu'ils ont essuyées ». « Cela prouve que l'aspect financier est important pour de nombreux spécialistes du domaine et non le serment d'Hippocrate », a critiqué M. Bou Faour. « Si l'ordre avait traité le dossier d'Ella Tannous différemment, nous ne serions pas arrivés à ce stade », a-t-il ajouté.
Se basant sur certaines clauses du code pénal et de la loi de création de l'ordre des médecins, le ministre a affirmé que le médecin ne bénéficie « d'aucune immunité ». De plus, « l'avis de l'ordre des médecins concernant la poursuite ou l'arrestation » d'un médecin « n'est pas contraignant ». « C'est un avis scientifique consultatif qui aide à éclairer la justice » sur une question donnée, a-t-il précisé.
Et M. Bou Faour de conclure en affirmant que cette nouvelle mesure « n'est pas contre les médecins ». Au contraire, « elle protège les bons médecins, comme elle préserve la dignité et les droits du médecin et du patient libanais ».

 

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