Des armes, des chouettes, des brillantes,
Dès qu'il faut nettoyer souvent pour le plaisir
Et qu'il faut caresser comme pour le plaisir
L'autre, celui qui fait rêver les communiantes.
Avec ce beau refrain de la chanson de Leo Ferré on peut résumer l'état lamentable de dame justice qui ne cesse de tomber dans un grand gouffre. Il a suffi au tribunal militaire de prononcer un verdict presque de clémence à l'encontre de Michel Samaha pour que le vase déborde provoquant la contestation et encore plus de haine. Dans un pays où depuis Taëf tout doit être partagé équitablement entre musulmans et chrétiens, les quartiers sunnites de Tripoli bougent et contestent le verdict et en prennent prétexte pour proclamer l'innocence de certains cheikhs, eux aussi accusés de transport d'armes. Sur ce point, chaque Libanais rêve de voir un jour toutes ces armes finir dans le musée de l'oubli et oublier ainsi cette guerre civile, désormais larvée, qui dure depuis plus de quarante ans. Ils rêvent, ces Libanais, d'une nouvelle justice loin de tout confessionnalisme et de tout trafic d'influence pour pouvoir vivre enfin dans un pays qui respecte les valeurs humaines.
Nos lecteurs ont la parole - Antoine Sabbagha
Armes chouettes
OLJ / le 13 juin 2015 à 01h11


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