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Nos lecteurs ont la parole - Molly Selwan

Au-delà du temps

Les jours se déroulent les uns après les autres, puis viennent les semaines, les mois et les années, comme un long chapelet de prière, de bonheur et de tristesse, de guerre et de paix, qui s'égrène au rythme des évènements. Pour nous Libanais, toujours en état d´expectative, la vie et la mort se succèdent sur fond d´attente continue, tissée d´espoir, d´interrogation, de suppositions, d´ignorance et de désespoir. Les otages militaires retrouveront-ils leurs familles ? L´État Libanais résistera-t-il au chantage des terroristes armés ? Qu'arrivera-t-il aux chrétiens dans une région que se partagent, par milices interposées, les deux principales branches de l´islam ? Quel visage aura ce Moyen-Orient dont tout le monde se dispute les richesses gazières lorsque les batailles seront terminées ?... Le seront-elles un jour ? Combien d'enfants devront souffrir, d'hommes et de femmes mourir, de vestiges culturels être détruits, de villes et de bâtiments démolis, pour qu'enfin la soif de pouvoir soit étanchée ? Et puis, une question primordiale pour nous Libanais : aurons-nous bientôt un président de la République ?
Question cruciale, car son élection délimitera la frontière entre l´ordre et l´anarchie, la loi et la subversion, l´union et la discorde. Les analyses hésitantes n'arrivent pas à cerner et à déchiffrer cette situation embrouillée, alors résulte un effarant amalgame entre la religion et la guerre, le terrorisme et la révolution, la dictature et la démocratie. Si Dieu créa le monde en six jours et se reposa le septième, combien d'années mettront tous les dieux de la décision pour métamorphoser ce coin du monde par le feu et le sang, et en redessiner la carte géographique ? Vivront-ils assez longtemps pour en constater le résultat ?
Seul l´avenir nous le dira. Car, roi ou paysan, riche ou pauvre, musulman ou chrétien, nous subissons tous le diktat du temps qui passe.
Comme la peau qui enveloppe le corps, le temps enrobe notre bulle atmosphérique, S'immisce dans nos vies, modifie nos actes, lisse nos attitudes, les sculpte, les modèle. Spectateur de nos servitudes et de nos traîtrises, témoin de notre grandeur, notre générosité, il observe, impitoyable, nos chutes, nos élans, nos turpitudes et notre rédemption. Le temps ! Il nous forme, nous transforme, nous épanouit, nous défraîchit... nous flétrit. Son souffle irradie notre peau de jeunesse, la comble de collagène, la lisse d'élastine, l'embellit de plénitude et de maturité, la ride d´expériences... la vieillit de désillusions. Impassible, de sa démarche implacable, il draine avec lui nos aspirations, creuse nos espoirs de déceptions, marque nos tempes de sillons. Avec lui se fait notre fortune... ensuite se défait. Il nous enrichit... puis nous ruine. Avec lui, se bâtit l'avenir... quand l´imprévu le détruit.
« Avec le temps, il nous faut lutter contre le temps ! »
Inexorable compagnon du passé et du présent, où l´amour qui naît, éclos comme un printemps de roses, nous inonde de senteurs subtiles et voluptueuses... s´éteint lentement, mélancolique, douce flamme qui vacille sur le palier de nos rêves. Le temps, aux effets néfastes, nous courbe sous le poids des difficultés : le pays et sa politique ! La famille et ses exigences ! Le travail et ses responsabilités. Notre tempérament est ballotté ici et là. Diminués, amoindris, perturbés, nous allons sombrer dans la négation et l'oubli de soi.
Avec le temps, on apprend à vivre ! À construire des cathédrales, des temples des mosquées, à ériger des mausolées pour la mémoire de l'histoire. On apprend à édifier les nations, à établir les États, à cultiver les terres, à instruire les peuples. Et encore, comme le Petit Prince, on essaye d'apprivoiser un renard, d'arroser une fleur, de tisser la chaine de l'amitié, avec la crainte qu'elle ne devienne la corde de l'esclavage.
Le temps aidant, nous prenons notre élan pour franchir les étapes, dépasser nos limites, traverser les frontières de nos désirs, assouvir les joies et endurer les peines. À travers le temps, le corps marqué des stigmates charnels, l'esprit imprégné de l'empreinte indélébile de notre nature humaine ; assujetti aux lois de cette pesanteur qui nous tire et nous attire vers notre sort et notre destinée fatale ; nous allons au-delà du temps... rêver d'amour sans fin et du moment où nous franchirons la ligne mortelle de la couverture humaine. Quand l'âme, aspirant à l'infini de l'éternité, ira boire à la source de l´immortalité dans l'amour absolu de son Créateur.

Molly SELWAN
Rabieh, le 24-5-2015

Les jours se déroulent les uns après les autres, puis viennent les semaines, les mois et les années, comme un long chapelet de prière, de bonheur et de tristesse, de guerre et de paix, qui s'égrène au rythme des évènements. Pour nous Libanais, toujours en état d´expectative, la vie et la mort se succèdent sur fond d´attente continue, tissée d´espoir, d´interrogation, de suppositions, d´ignorance et de désespoir. Les otages militaires retrouveront-ils leurs familles ? L´État Libanais résistera-t-il au chantage des terroristes armés ? Qu'arrivera-t-il aux chrétiens dans une région que se partagent, par milices interposées, les deux principales branches de l´islam ? Quel visage aura ce Moyen-Orient dont tout le monde se dispute les richesses gazières lorsque les batailles seront terminées ?... Le seront-elles un...
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La politique avilit l'homme. Alexandre Soljenitsyne

Dounia Mansour Abdelnour

12 h 51, le 12 juin 2015

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Commentaires (1)

  • La politique avilit l'homme. Alexandre Soljenitsyne

    Dounia Mansour Abdelnour

    12 h 51, le 12 juin 2015

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