« Il est faux de dire que la guerre contre ces groupes à la frontière libanaise est la guerre du Hezbollah. Cette guerre est celle de tout l'État libanais et nous vous appelons à assumer vos responsabilités. » (sayyed Hassan Nasrallah, discours du 24/05/2015)
Quels que soit leur véracité ou leur degré d'honnêteté intellectuelle, tous les feux d'artifice verbaux seraient bons pour déchaîner les passions et galvaniser les foules. Dans ce discours, chaque communauté confessionnelle du Liban a eu droit à son lot de locutions anxiogènes et d'idiomes phobogènes. « Daech n'est pas un petit groupe. » Il est là, à nos portes. Il n'épargnerait personne et personne ne pourrait l'arrêter sauf le Hezbollah. Alors, tous unis derrière lui !
Cette rhétorique simpliste peine cependant à convaincre parce qu'elle occulte une vérité flagrante et essentielle. Quand une organisation paramilitaire est principalement responsable du débordement, sur le territoire national (Liban), d'un conflit armé qui se déroule dans un pays voisin (Syrie) et d'avoir drainé le péril extérieur vers les frontières, elle ne peut prétendre, a posteriori, vouloir ni pouvoir l'endiguer.
En droit, il existe un adage très connu qui dit en latin : « Nemo auditur propriam turpitudinem allegans » (souvent abrégé par Nemo auditur...), ce qui signifie que « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ». En résumé, l'applicabilité de cette maxime, quoique variable d'un pays à l'autre, reste souvent restreinte aux seuls contrats dont la cause est immorale ou illicite (droit civil)(1). Ainsi, par exemple, un créancier ne peut pas, en principe, réclamer par une action en justice le paiement de sa dette de jeu (de hasard) parce que le jeu revêt un caractère immoral et souvent illicite. De même, est irrecevable, devant le juge, l'action en résolution de bail engagée par l'acheteur d'un immeuble où est exploitée une maison de tolérance (prostitution) dont il connaissait l'existence et dont, en continuant à percevoir les loyers, il a tiré profit.
Dans le contexte politique actuel et loin des rouages juridiques, c'est l'acception populaire et plus large de l'adage qui serait intéressante, à savoir : le refus d'une action pour cause d'indignité.
Très concrètement, le Hezbollah n'est-il pas en train de se prévaloir de sa propre turpitude pour essayer de mobiliser tout le pays et l'entraîner dans sa guerre transfrontalière en Syrie ? Pour cela, a-t-il vraiment le droit de se prévaloir d'avoir violé, après l'avoir expressément entérinée, la déclaration de Baabda soulignant la neutralité du Liban par rapport au conflit syrien ? Peut-il se prévaloir d'avoir participé massivement au massacre du peuple syrien, bien avant la création de l'organisation de l'État islamique (EI) et fertilisant ainsi le terrain de son existence, au point d'être complètement assimilé, par le « Rapport de la Commission d'enquête internationale indépendante » sur la République arabe syrienne, aux forces gouvernementales syriennes(2) ? Surtout, comment échapper à la turpitude alors qu'il est nommément pointé du doigt, par le même rapport, pour « son implication croissante » dans le conflit syrien ayant « induit une extension de la violence à (son) pays d'origine », et pour son « intervention militaire (...) dans le camp gouvernemental (...) (qui) accentue les risques préexistants de déstabilisation dans des pays limitrophes »(3) ?
Par ailleurs, comment faire table rase du passé très proche et faire croire que l'EI exista ex nihilo, alors que ses actuels combattants étaient enfermés, avant le début de la révolution syrienne en 2011, dans les geôles de l'allié du Hezbollah : le régime syrien(4) ?
Comment expliquer que Palmyre, Ramadi et avant elles bien d'autres localités syriennes et irakiennes ont été directement livrées à l'EI, sans véritables combats, par les régimes de « l'intransigeance », dans un jeu de dupes et d'alliance objective qui devient de plus en plus manifeste sur le terrain ? En somme, le Hezbollah croit-il vraiment qu'il va pouvoir convaincre les Libanais de lui fournir une couverture légitimant sa guerre contre le peuple syrien et que, par suite, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis en Syrie le soient dorénavant au nom du Liban et des Libanais(5) ?
Au Liban, d'ailleurs, comment le Hezbollah va-t-il s'exonérer de toute la turpitude cumulée pendant son long feuilleton de terreur ? Comment faire oublier les 7 et 11 mai 2008, ces « jours glorieux », ses chemises noires pendant les nominations à la présidence du Conseil en 2010, les abus réitérés par ses « Brigades de la résistance » le long du territoire libanais, son refus de livrer à la justice ses membres accusés par le procureur du TSL dans le meurtre de Rafic Hariri, sa défense pas que médiatique d'un grand théoricien de l'alliance des minorités pris en flagrant « délit » de terrorisme ? Bref, croit-il vraiment qu'il réussira à convaincre la majorité des Libanais que la source première du danger qui les guette quotidiennement, depuis des années, va maintenant les protéger et les défendre ? Croit-il qu'il sera réellement capable d'obliger ses compatriotes à choisir entre deux terreurs ? Comment arrivera-t-il à les persuader que l'armée n'est pas capable, à elle seule, de défendre les frontières du Liban, alors qu'elle a fait suffisamment ses preuves, surtout pendant les derniers mois, et qu'elle est de mieux en mieux équipée ?
Machiavel n'a-t-il pas affirmé, il y a cinq siècles, que « celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes » ? Et pour cela, certes, « un mensonge répété dix fois reste un mensonge ; répété dix mille fois, il devient une vérité » (Hitler, Mein Kampf), et « plus le mensonge est gros, mieux il passe » (Goebbels, son ministre de la Propagande), mais la supercherie a tellement enflé qu'elle devient ridicule. À la fin d'une mauvaise aventure, il est toujours trop tard et, non, nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude pour être sauvé, in extremis, par un consensus qu'il méprisait au début.
Sagi SINNO
1) Voir, notamment : Cardahi (Choucri), « L'exécution des conventions immorales et illicites. Étude de l'adage Nemo auditur..., d'après le droit comparé, le droit musulman et les moralistes chrétiens », Revue internationale de droit comparé, vol. 3, n°3, 1951, pp. 385- 411.
2) AGNU, Conseil des droits de l'homme, doc. n° A/HRC/28/69, 5 fév. 2015, notamment §8, note n° 3 ; §16 et §28 (reconquête de Qousseir).
3) Ibid., §122.
4) Voir Hénin (Nicolas), « Jihad Academy. Nos erreurs face à l'État islamique », Fayard, 2015, notamment le chapitre 2 : « La genèse des djihadistes ».
5) Voir, par ex., l'annexe II au « Rapport de la Commission d'enquête », « Violations Documented Between 15 July 2014 and 15 January 2015 ».


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Les fakkihistes sont parvenus au maniement de "l'echec Per(s)ce" grâce à la mesquinerie que l’hassine noirci ; qui, lui, n'est pas n'importe qui ; n'avait acquise qu'après des années de commerce intime avec la "pure" roublardise. Nabää 1er avait coutume, lorsque ses fakîhàRiens l'ennuyait, de moufter : "Ils sont libres, certes, mais s’ils pers(c)istent, je re-(résisterai) à nouveau." ! Et ces "déshérités", pour qui l’anthracite était l'homme "le + nécessaire", se regroupent alors derechef autour de leur sous-chef "menacé" comme une troupe sous le tonnerre. L’hassine 1er est en fait un individu à l'esprit léger, et il jouera à ce jeu gamin until ses "déshérités Per(s)cés aient trouvé la mesure comble enfin. Le Cédraie, lui, est 1 Sain Libanais aux opinions solides qui sait jusqu'où il peut aller. Pour ce qui est de Nabää 1er, quand on est aussi sûr de ses bääSSyriens que lui l’hassine 1er et dernier l'est de ses exotiques Per(s)cés, on s'épargne du temps et des arguments. Et on leur coupe rondement la parole quand l'existence de "la résistannnce, mahééék, est engagée. Cette méthode convient donc tout à fait à cette sorte d'individus à qui tout bavardage sociétal est plus qu'insupportable ; tel l’enturbanné. Mais pour les hommes qui scrutent les événements avec leur regard aiguisé, pour des esprits supérieurs comme le Cédraie ; cet expédient fakîhàRien ne peut convenir. Qu'il le lui laisse, et qu'il reste lui, Sain libanais, dans la sphère supérieure où on aime tant l'observer.
17 h 53, le 12 juin 2015