Dis téta, Jésus était catholique ou orthodoxe ? C'est ainsi que dimanche passé en plein déjeuner familial, Michello, neuf ans, mon petit fils, pose de but en blanc cette question innocente à sa grand-mère.
Fort heureusement, cette dernière, titulaire d'une spécialisation obtenue de Harvard pour la formation et l'accompagnement des enfants, accuse le coup sans broncher et se met en devoir de raconter à Michello, dans un langage simple et coloré, facile à assimiler pour son âge, comment les différentes communautés du christianisme ont émergé au fil du temps, des siècles, des bisbilles, des jalousies et des schismes.
Loin de toute fioriture théologique, je suppose que, comme nous tous avec le temps, Michello se fera à son appartenance religieuse, dans un pays où il est malheureux de le constater que le communautarisme prend la pas sur les valeurs et les qualités humaines, ravivé par un clientélisme qui désormais ne se cache plus.
Les boutiquiers à la sauvette ont désormais pignon sur rue. Il ne s'agit plus de ces petites officines se cachant dans les recoins d'une petite ruelle sombre, mais de méga-installations érigées comme des cathédrales pour accueillir le flot des applaudisseurs patentés et qui en disent long sur l'origine des fonds qui ont servi à leur construction.
D'autant plus que ce n'est plus le bon petit curé de campagne qui officie. Lui qui venait chez vous le soir à l'improviste, dînait à la bonne franquette avant de rejoindre son petit logis derrière l'église, meublé d'une chaise branlante et d'un petit lit pour y reposer ses vieux os, fatigué d'avoir parcouru à pied tout au long de la sainte journée, sous un soleil de plomb ou une pluie battante, le chemin menant à ses ouailles, leur apportant réconfort et bonne parole.
En guise de bonnes paroles, ce sont plutôt des envolées incendiaires que se permettent les nouveaux papes de la démagogie. Je passe sur l'index pointé au ciel, ferme les yeux sur le poing menaçant, n'entends pas le rictus vomissant des vitupérations tenant plus de l'appel à la violence, à la haine, à la discorde, qu'à la pondération, au calme ou à l'amour.
Faites l'amour pas la guerre disait l'autre dans les années soixante du siècle dernier. Nul doute qu'avec le passage au siècle nouveau, quelque chose s'est détraqué, ce n'est même pas faites l'amour et la guerre, mais faites la guerre pour la guerre, pour le sang, pour le mal.
Une bonne nouvelle cependant, qui vient égayer ce sombre tableau. Dommage que l'exception ne confirme pas la règle. Deux personnages qui au cours des trente dernières années nous ont fait voir des vertes et des pas mûres, pratiquement détruit le pays sur nos têtes, ont décidé de revisiter les années soixante et de s'aimer follement. Tant mieux !
En France, ils ont bien le mariage pour tous, pourquoi pas chez nous, passés maîtres dans l'art du copiage. Espérons toutefois que le divorce ne sera pas sanglant.
Mais revenons à nos moutons, à mon petit fils Michello, perturbé par l'appartenance communautaire de Jésus. Comme les enfants de son âge, il lui arrive souvent d'écouter les grands débattre de la situation, les incertitudes qui menacent, les inquiétudes qui planent sur l'avenir, demain de quoi sera-t-il fait.
Ces enfants ont l'ouïe fine et les sens aiguisés, ils perçoivent sans vraiment comprendre pourquoi la déconvenue des parents quand il est question de telle ou telle personnalité, disqualifiée de fait, pour non-appartenance à la communauté adéquate, alors que son profil sied merveilleusement à la fonction visée. Et il entend quelqu'un pester tout haut : « On dirait que l'incompétence fait désormais partie intégrante de notre culture. » Puis son regard va vers les mamans, la tête levée au ciel, une larme au coin des yeux, prier pour qu'une fois bardée de diplômes, souvent au prix d'énormes sacrifices, leur progéniture comme celle des voisins et des connaissances n'aille pas grossir le rang des expatriés qui font la croissance des pays producteurs de pétrole, à défaut d'aller se geler aux pays de grand froid, jouer au cow-boy ou courir après les kangourous.
Le cerveau des enfants c'est comme du papier buvard, me dit mon épouse. Dès leur plus jeune âge ils assimilent et retiennent absolument tout. Ceci les marque à vie, préside à leurs pensées, dicte leur comportement futur. Sans doute a-t-elle raison : comme Michello, j'ai été, il y a longtemps de ça, enfant. C'est ainsi que je préfère toujours les curés de campagne, leur bonhomie, leurs petites églises où la foi macule les murs, les vieilles icônes parfois défraîchies, elles gardent profondément scellé en elles le secret des prières, des larmes, des angoisses, des vœux des fidèles qu'elles n'ont jamais trahi, vendu ou monnayé.
Ils sont plus près de Dieu !
Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan
Michello et les cathédrales
OLJ / le 10 juin 2015 à 01h33


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Ces avatars maronitiques ne sont qu’1 trêve, car on continuera à se dynamiter comme de coutume au nom d’1 Hakîm ou d’1 boSSfééér ; lesquels ailleurs regarderont ; cependant que ce Monticule rebrûlera ! Après quoi, chacun à ses occupations vaquera. Il faut dire que ces avatars sont perturbants, car ils anéantissent sans crier gare le temps qui passe, au profit du temps passé ou du temps à venir. Avec leurs rétrospectives qui tombent tout juste avant que leurs prospectives l’horizon n’obscurcissent. Curieuse coutume que de vouloir inciter leurs chrétiens à mâchouiller les années écoulées, à remémorer ce qu’ils voudraient tant oublier car, maybe, ils ne les avaient pas souhaitées. Ou, à convoquer 1 souvenir heureux déjà fané. Quant à leurs prospectives, elles sont + qu’agaçantes ! Car ce sale temps qui arrive, les aveuglés de ce monticule libanais(h) n'y verront wâloû, leurs malentendants entendront mal et leurs riches se porteront mieux que leurs pauvres à fond fauchés. Mais, voici que s'avance ainsi la babillante troupe de leurs conSultants, yîîîh si maronitiques, avatars des diseurs d'oracles qui sévissaient déjà du temps de leurs Anciens chrétiens ; intarissables prometteurs de tout et son contraire. A leurs échoppes flétries, bien achalandées, leurs new chalands nonchalants et tous autant chrétiens sont donc réinvités à revivre, pour l’instant en virtuel, ce qui est censé arriver demain grâce aux exploits maronitiques fantasmagoriques d’öuétes et d’oranginés pâmés et niais.
15 h 11, le 10 juin 2015