Des jeunes rassemblés place des Martyrs pour exiger que justice soit faite dans l’affaire de l’assassinat de Hachem Salmane, dont ils brandissaient le portrait. Photo Hassan Assal
Il y a deux ans, presque jour pour jour, le jeune Hachem Salmane, qui participait à une manifestation organisée par le parti de l'Option libanaise devant l'ambassade d'Iran pour protester contre l'envoi par le Hezbollah de combattants libanais en Syrie, était froidement abattu non loin des forces de sécurité, de ses camarades de lutte et des médias. Un sit-in a été organisé hier par l'Option libanaise à la place des Martyrs pour commémorer cet événement et dénoncer le fait que l'enquête sur ce meurtre piétine. Abir el-Assaad, responsable du département jeunesse à l'Option libanaise, représentant le président du parti Ahmad el-Assaad, était présente, ainsi que des partisans et des représentants des forces du 14 Mars.
« Le tueur est connu, il ne craint pas les représailles parce qu'il sait très bien que personne n'osera lui demander des comptes », a martelé Amir Abou Adilé, responsable estudiantin du parti. « Nous sommes là pour demander que ce meurtre soit élucidé, a-t-il poursuivi. Les menaces qu'ils nous adressent ne nous effraient pas, son martyre est une source de force pour nous. Nous exigeons que justice soit faite dans l'affaire Hachem Salmane afin que personne n'ose plus assassiner des citoyens libres sur ordre du waliy el-fakih (NDLR : dans une référence au Hezbollah). »
Pour sa part, Christiane Gemayel Abou Zeid, responsable de communication du parti, a insisté sur « l'importance de transférer le dossier du meurtre de Hachem Salmane au Tribunal spécial pour le Liban ». Elle a espéré que « l'État libanais recouvrera son prestige et étendra sa domination sur tout le territoire libanais ».
Interrogée par L'Orient-Le Jour sur l'enquête, Abir el-Assaad a déploré que l'affaire « demeure au niveau de la gendarmerie de Ouzaï » (la gendarmerie du secteur où a eu lieu le meurtre, face à l'ambassade d'Iran). « Nous pensions que la nomination de ministres de la Justice et de l'Intérieur du 14 Mars ferait avancer l'enquête, ce n'est malheureusement pas le cas, poursuit-elle. Les tueurs sont connus, certains sont réfugiés dans la banlieue sud de Beyrouth. Nous avons mené notre propre enquête et avons communiqué des informations aux autorités. Personne n'a encore été interrogé à notre connaissance. »
Elle ajoute : « Le meurtre de Hachem est différent de tous les autres. Il a été tué sous les yeux de tout le monde. Ses compagnons ont vu les tueurs, les forces de sécurité aussi, les médias étaient présents. Dans quel genre d'État vivons-nous ? Dans un pays qui se respecte, des gouvernements seraient tombés après un tel scandale. »
À la question de savoir comment le parti comptait s'y prendre pour faire parvenir le dossier au TSL, Abir el-Assaad indique qu'une demande officielle devrait être présentée incessamment. « Suivant la procédure en place, il faudrait passer par le ministère de la Justice, et la décision doit être prise par le Conseil des ministres réuni, ajoute-t-elle. Et c'est là que le bât blesse. Il reste peu probable qu'une telle décision soit prise par ce gouvernement. »
Quelle alternative a le parti pour poursuivre sa lutte ? « Nous n'avons que nos prises de position et nos voix pour protester, répond-elle. Nous ne sommes pas de ceux qui poussent nos jeunes à prendre les armes, quelles que soient les difficultés et les menaces qui entravent leur chemin. »
Le Parti national libéral (PNL) a publié, à l'occasion de cette commémoration, un communiqué dans lequel il assure « militer sans relâche pour que justice soit faite dans l'affaire Salmane ». Le communiqué, signé Simon Dargham, responsable estudiantin du PNL, poursuit : « Nous ne demanderons pas au mini-État du fait accompli, qui prétend protéger la nation et repousser les takfiristes, de révéler l'identité des tueurs de Hachem Salmane et de les livrer. En revanche, nous continuerons à exorter les forces de sécurité à rechercher les coupables et à les arrêter. Nous avons une grande confiance dans l'État libanais et dans la justice comme seules voies de protection du citoyen. »
Pour mémoire
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Appel à un sit-in pour relancer l'enquête sur le meurtre de Hachem Salmane


Apparemment la vie de Hashem Salman n'a aucune valeur pour la justice libanaise!
13 h 00, le 08 juin 2015