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Nos lecteurs ont la parole - Joseph Otayek

Décidément, nous n’avons rien appris

En visite la semaine dernière à Qab Élias, je fus consterné de découvrir les réalités suivantes que je ne peux m'empêcher de partager. Il y a 27 000 Libanais qui habitent ce village, avec 32 000 réfugiés syriens. Ces derniers sont regroupés dans vingt-quatre camps, pour les uns, disséminés dans des habitations louées dans le village, pour les autres. Les vingt-quatre camps sont installés sur des terres agricoles privées. Ces terres qui étaient habituellement données en métayage pour 3 à 5 millions de livres libanaises par an, sont maintenant confiées à des intermédiaires bien protégés par les politiciens ou par des services sécuritaires. Ces métayers modernes, communément appelés chaouich, font installer des tentes par les ONG internationales pour ensuite les louer pour un million de livres libanaises par an chacune aux familles syriennes. Ce million assure à la famille un toit de toile et la bienveillante protection du chaouich.
Ces tristes personnages et les personnalités qui les protègent et qui partagent leurs bénéfices font certainement de bonnes affaires, mais vu la natalité galopante dans les camps, et la natalité déclinante dans le village, il ne faut pas être grand spécialiste en démographie pour comprendre que le Liban court vers une catastrophe totalement prévisible et qui va bien vite devenir irréversible.
Il est temps que les Libanais réagissent pour faire face à ce problème. Il faut arrêter de cacher sa tête dans le sable et de prétendre qu'il n'y a pas de problème. Il faut trouver des solutions humaines, décentes, respectables et respectueuses des réfugiés. Ces solutions doivent pouvoir leur assurer une vie digne au Liban mais un retour rapide dans leur pays ou dans tout autre pays dans lequel ils voudront se rendre.
Cela doit être fait immédiatement, car ce qui peut être fait aujourd'hui à un prix raisonnable devra être fait plus tard au prix de beaucoup de larmes et de sang. Notre mauvaise gestion du dossier de 60 000 réfugiés palestiniens arrivés au Liban en 1948 nous a valu à partir de 1975 deux cent mille morts et la destruction de notre pays. Combien nous coûtera la mauvaise gestion du dossier de 1 200 000 réfugiés syriens ?

Joseph OTAYEK

En visite la semaine dernière à Qab Élias, je fus consterné de découvrir les réalités suivantes que je ne peux m'empêcher de partager. Il y a 27 000 Libanais qui habitent ce village, avec 32 000 réfugiés syriens. Ces derniers sont regroupés dans vingt-quatre camps, pour les uns, disséminés dans des habitations louées dans le village, pour les autres. Les vingt-quatre camps sont installés sur des terres agricoles privées. Ces terres qui étaient habituellement données en métayage pour 3 à 5 millions de livres libanaises par an, sont maintenant confiées à des intermédiaires bien protégés par les politiciens ou par des services sécuritaires. Ces métayers modernes, communément appelés chaouich, font installer des tentes par les ONG internationales pour ensuite les louer pour un million de livres libanaises par...
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