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Liban

Un Syrien, un Palestinien et un Égyptien, lauréats du Prix Samir Kassir 2015

Distinction

La 10e édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse a récompensé cette année les journalistes du Machrek.

03/06/2015

C'est au palais Sursock que la Délégation de l'Union européenne a organisé hier, en collaboration avec la Fondation Samir Kassir, la remise du prix pour la liberté de la presse du nom éponyme du grand journaliste assassiné en 2005.

Dans la catégorie des articles d'opinion, c'est le Syrien Ayman al-Ahmad, journaliste indépendant auprès de plusieurs sites d'information syriens et arabes, qui a remporté le prix pour son article intitulé Papa, qui est Michel Seurat ?. Publié dans le magazine en ligne Le Printemps maudit, le 13 mars 2015, son papier est un hommage à l'écrivain et sociologue français dont le nom était considéré comme prohibé dans la décennie 80-90 en Syrie, notamment pour ses travaux sur la structure du pouvoir répressif et la société syrienne.
Hicham Manaa a quant à lui été récompensé dans la catégorie des articles d'investigation. C'est dans le magazine en ligne Veto, le 3 mars 2015, que ce journaliste égyptien a publié les résultats de son enquête sur le non-respect des normes sanitaires dans le secteur de la santé de son pays, et, plus précisément, sur les produits cosmétiques toxiques. Son article était intitulé Cleansing Masks Burn Consumers' Faces (Les masques nettoyants brûlent les visages des consommateurs).
Dans la catégorie des reportages audiovisuels, c'est un réfugié palestinien en Syrie, Mohammad Nour Ahmad, qui a remporté le prix pour son film intitulé Bleu. Son œuvre est la preuve du rôle de la musique, et plus particulièrement d'un piano en plein cœur du camp de Yarmouk en Syrie, qui tend à promouvoir l'espoir dans cet espace où il est dur de l'entrevoir.

Les trois lauréats se sont vus récompensés d'un prix d'une valeur de 10 000 euros chacun, attribué par un jury des plus impressionnants, composé de sept personnalités du Liban, de Jordanie, de France, d'Irlande et de Suède. On peut citer le Prix Albert Londres 2004, Christophe Ayad, ancien grand reporter au journal français Libération et, depuis mai 2014, chef du service international du quotidien Le Monde. Le journaliste suédois Magnus Falkehed, ancien otage en Syrie entre novembre 2013 et janvier 2014, dont la notoriété est à la hauteur de la polyvalence de ses sujets, était aux côtés de la journaliste Rana Sabbagh, ancienne rédactrice en chef du journal The Jordan Times, qui a été la première femme arabe à occuper un tel poste.

C'est donc pour la liberté d'une presse forte et déterminée que le Prix Samir Kassir récompense ses journalistes. Originaires d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient ou du Golfe, leurs articles doivent paraître dans un journal qui fait partie des pays de l'Union européenne. Pour sa dixième édition, le concours a reçu au total 158 candidatures, portant ainsi le nombre de participants depuis la création du prix à plus de 1 500.
L'ambassadrice et chef de la Délégation européenne Angelina Eichhorst a insisté sur la pression à laquelle sont soumis les journalistes professionnels, en particulier les reporters. Elle a notamment souligné que le « pluralisme des médias est important » pour créer un « véritable débat public qui soit libre et ouvert sur les sujets de préoccupation ».

Elle a ensuite laissé la parole à la présidente de la Fondation Samir Kassir, Gisèle Khoury, et c'est dans un discours fort et riche en émotion que les mots de l'ancienne compagne du défunt journaliste ont touché un public massivement présent. Elle a noté « les profonds changements du monde arabe que Samir Kassir soulignait déjà » à l'époque et n'a pas manqué de souligner que l'engagement pour la liberté et les droits des hommes ne cessera d'exister tant que des professionnels tels que ceux qui ont été récompensés existeront.
« La guerre et les assassinats sont le fruit d'un choix. Si, à l'époque, la classe politique avait d'autres horizons, nous aurions pu éviter la guerre civile. C'est ce que Samir Kassir avait un jour écrit. Aujourd'hui, 24 ans après la fin de la guerre, 15 ans après la libération du Liban de l'occupation israélienne et 10 ans après le départ des troupes syriennes et la fin de la tutelle, nous pouvons dire : si, aujourd'hui, nous avions une classe politique imperméable au petit clientélisme et au sectarisme dans chaque aspect de la vie, politique ou civile libanaise, nous aurions pu éviter des lois réactionnaires et des politiques opportunistes, à commencer par la loi électorale et la loi sur le statut civil, en passant par la mauvaise gestion du dossier des réfugiés et l'implication du Liban dans des batailles donquichottesques sans issue », a-elle affirmé.

 

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