La Cour de cassation militaire, que préside le juge Tany Lattouf, a fixé au 16 juillet prochain la date de la réouverture du procès de l'ancien ministre Michel Samaha, après avoir accepté dans la forme et dans le fond le pourvoi en cassation qui lui avait été présenté par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, le juge Sakr Sakr.
La cour a pris sa décision après avoir examiné les motifs présentés dans le pourvoi qui sollicitait notamment la présentation de bandes vidéo et d'enregistrements qui n'avaient pas été visionnés et entendus lors du premier procès, en mai dernier.
Dans ces enregistrements, M. Samaha converse avec l'informateur Milad Kfoury (qui avait permis son arrestation) lui livrant les plus infimes détails de l'opération terroriste planifiée, notamment des attentats qui devaient être commis dans le nord du pays, visant des personnalités politiques et des rassemblements populaires. M. Samaha révèle également dans les vidéos les noms des commanditaires, à savoir le président syrien Bachar el-Assad et le général Ali Mamlouk, son conseiller en matière de sécurité.
Il convient de préciser dans ce contexte que la Cour de cassation militaire prévoit également de dissocier les deux dossiers Samaha et Mamlouk. Elle a par ailleurs rejeté le pourvoi en cassation présenté par l'avocat de la défense, Sakhr Hachem, réclamant une réduction de la peine de son client, après avoir également examiné ses motifs.
Rappelons que Michel Samaha avait été condamné à quatre ans et demi de prison après avoir été reconnu coupable d'avoir transporté des explosifs en vue de perpétrer des attentats au Liban en 2012. Comme l'année judiciaire est de neuf mois et qu'il avait été arrêté en août 2012, M. Samaha devrait donc être libéré à la fin de l'année. Ce verdict a suscité un tollé dans plusieurs milieux politiques libanais, qui l'estiment trop clément.
Liban
Réouverture, le 16 juillet, du procès Samaha
OLJ / le 03 juin 2015 à 00h45

