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Liban - Université Saint-Joseph

Le retour d’un étudiant hezbollahi à Huvelin rallume la mèche entre les étudiants du Hezb et du 14 Mars

Le dénommé Abou Zeynab, expulsé l'an dernier de l'université, a assuré à « L'Orient-Le Jour » avoir obtenu l'autorisation de revenir à Huvelin pour présenter des examens. Il est accusé par les étudiants du 14 Mars d'avoir provoqué la bagarre qui a éclaté hier aux portes de l'université.

Les agents de sécurité essayant de séparer les étudiants.

Une altercation a éclaté hier rue Huvelin, à l'entrée du campus de l'Université Saint-Joseph, entre des étudiants partisans du Hezbollah et d'autres pro-14 Mars. Pendant plus d'une demi-heure, le matin, les forces de sécurité du campus ont tenté tant bien que mal de disperser les plus bagarreurs, qui étaient soutenus par des tierces personnes venues du dehors de l'université. À coups de cris et de bousculades, les hommes assurant la protection du campus ont enfin pu rétablir le calme, expulsant des partisans du Hezbollah groupés devant l'enceinte de l'université pour prêter main-forte à leur camarade, qui s'est finalement avéré être au centre du problème.

Il s'agit, en fait, de l'étudiant Karim Moustapha, le dénommé Abou Zeynab, qui a été interdit d'entrée à la faculté depuis novembre 2013, quand l'université avait témoigné d'accrochages similaires qui avaient abouti à la suspension des cours au campus de Huvelin pendant deux jours. Abou Zeynab avait alors été accusé, à tort selon lui, de porter des armes aux alentours de l'université. Son retour à Huvelin, hier, a d'emblée rallumé une mèche facilement inflammable, même si chaque partie s'obstine à présenter sa version des faits.

Interrogé par L'Orient-Le Jour, Karim Moustapha a assuré avoir obtenu, il y quelques jours, l'autorisation de revenir au campus pour passer ses examens, étant toujours un étudiant en master à l'USJ. « J'ai eu l'autorisation du doyen et il a même décidé de me faire accompagner par un agent de sécurité, a-t-il expliqué hier à L'Orient-Le Jour. J'ai fini tout ce que j'avais à faire au sein du campus et je m'apprêtais à rentrer chez moi. Je discutais avec l'agent de sécurité devant la portière quand une dizaine d'étudiants partisans des Forces libanaises se sont jetés sur moi et m'ont mis à terre. J'ai reçu des coups sur le visage et dans le dos. J'ai senti que cette attaque était préparée à l'avance, comme s'ils avaient eu vent de mon passage à Huvelin. Ils ont ensuite été rejoints par leurs camarades et moi de même. Certains de mes amis ont appelé des renforts, des partisans du Hezb, qui se sont rassemblés devant l'entrée de l'USJ, et l'altercation a duré un bon bout de temps avant que les agents de sécurité ne réussissent à la contenir. » Et Abou Zeynab d'ajouter : « J'ai entendu beaucoup d'insultes durant ces échauffourées. Ils disaient que chaque chiite du Hezbollah doit baisser la tête à Achrafieh. »

(Pour mémoire : Daccache : « L'USJ est un lieu d'apprentissage pour tous les Libanais »)

 

L'USJ dément
Expliquant qu'il n'était pas venu participer à la « fête de la Libération » organisée à l'université par le bureau étudiant du Hezbollah, et qui a plus tard été annulée en raison de l'altercation, Karim Moustapha a démenti les informations selon lesquelles il serait interdit d'entrée à la faculté, et selon lesquelles il aurait proféré des insultes à caractère religieux qui seraient à l'origine de l'accrochage. « Il suffit de lire le communiqué de l'USJ pour constater que toutes ces informations sont erronées, et l'université m'a assuré que les coupables seront punis et expulsés de la faculté », a-t-il poursuivi.

Dans un communiqué rendu public quelques heures après le différend, l'USJ a en effet assuré qu'un incident à caractère individuel a dégénéré en accrochage devant le campus de la rue Huvelin, et qu'il a été réglé par l'administration avec l'aide des parties concernées. « L'USJ dément les informations rapportées par certains médias, et selon lesquelles des personnes ne faisant pas partie de l'université ont pénétré dans le campus pour faire de la provocation et insulter des figures religieuses », ajoute le communiqué.

 

(Pour mémoire : Les étudiants résistent à la suspension des élections à l'USJ)


Hier, et suite à l'altercation, le site électronique des Forces libanaises a rapporté de son côté des informations selon lesquelles le dénommé Abou Zeynab serait à l'origine du litige, après avoir pénétré dans le campus avec des camarades qui ne suivent pas des études à l'USJ et avoir lancé des insultes provocatrices aux partisans du 14 Mars, avant d'être rejoint par des hommes du Hezb. Le site a par ailleurs publié des photos où l'on voit le jeune homme armé dans une ruelle.

Le bureau estudiantin du Parti national libéral a pour sa part dénoncé l'incident de la rue Huvelin estimant que « le Hezbollah tente de faire des démonstrations de force dans toutes les régions ». « Ces étudiants affiliés au parti ont tiré leur force de quelques camarades qu'ils ont rassemblés près de l'université, où ils n'ont rien à faire », a ajouté le PNL, qui a appelé l'administration de l'université à prendre des mesures strictes à l'égard des fauteurs de troubles. Et de conclure : « Il est inacceptable que le Hezbollah poursuive sa politique de répression des libertés dans les régions qu'il contrôle, comme au campus de l'Université libanaise de Hadeth, et qu'il essaie d'imposer son autorité dans les régions qui ne ressemblent ni à son milieu social ni à sa façon de penser. »

 

 

 

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Quand on s'arroge le titre de Parti de Dieu, c'est normal de se sentir détentaire d'un droit divin, non?

Dounia Mansour Abdelnour

17 h 51, le 28 mai 2015

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Commentaires (1)

  • Quand on s'arroge le titre de Parti de Dieu, c'est normal de se sentir détentaire d'un droit divin, non?

    Dounia Mansour Abdelnour

    17 h 51, le 28 mai 2015

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