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Liban - L’Éclairage

Qu’est-ce qui empêche Michel Aoun de passer à l’escalade ?

Le chef du bloc du Changement et de la Réforme, Michel Aoun, a suscité la surprise générale vendredi dernier en n'annonçant aucune mesure d'escalade à l'issue de sa conférence de presse, contrairement aux rumeurs entretenues par les milieux aounistes, disproportionnées au point qu'il était question que « le général renverse la table ». Il n'en a rien été.

Le chef du Courant patriotique libre (CPL) s'est contenté de lever d'un cran le ton de son discours politique et de lancer des mises en garde implicites, reprenant, pour ce faire, des propositions déjà faites par le passé, mais formulées d'une manière nouvelle, comme l'introduction du suffrage universel direct pour débloquer la présidentielle et l'élaboration d'une nouvelle loi électorale garantissant une saine représentation pour rétablir le partenariat national au sein du pouvoir, à travers le retour au projet dit « orthodoxe », que le général Aoun considère comme la meilleure formule pour permettre aux chrétiens d'élire leurs 64 représentants à la Chambre.

Michel Aoun n'a pas voulu fixer de calendrier à une éventuelle escalade dans ses prises de position, comme par exemple, entre autres, un gel de la participation de ses représentants au Conseil des ministres. Rabieh préfère pour l'instant maintenir une aura de mystère autour de ces mesures, en attendant les résultats des concertations menées par la délégation aouniste avec les différents blocs parlementaires, auxquels les députés du CPL sont en train de remettre un mémorandum de leur chef, dans le but d'obtenir des réponses à ses propositions pour trouver une issue à la présidentielle.

Dans son allocution télévisée de samedi, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, est venu consolider la position du chef du CPL, appelant les différentes forces politiques à discuter sérieusement des propositions de ce dernier concernant la présidentielle. De son côté, Nabih Berry a préféré attendre la visite de la délégation aouniste avant de s'exprimer. Selon des sources proches de Aïn el-Tiné, ce qui a frappé le président de la Chambre dans le discours de Hassan Nasrallah, c'est que ce dernier a affirmé avoir « une idée » concernant l'échéance présidentielle, qu'il s'est gardé de dévoiler. M. Berry affirme en effet n'avoir été tenu jusqu'à présent au courant d'aucune « idée » à ce sujet émanant du secrétaire général du Hezbollah.

Pour les milieux du 14 Mars, l'appel de Hassan Nasrallah à prendre au sérieux les propositions du général Aoun est interprété comme un appel du pied de la part du parti chiite pour commencer à discuter véritablement d'une issue au blocage et de circonscrire la dynamique du chef du CPL. Pour le 14 Mars, les propositions aounistes ne sont qu'une manœuvre, puisqu'elles sont impossibles à réaliser à l'heure actuelle et qu'elles nécessitent un amendement de la Constitution et une modification de la formule de partenariat telle qu'énoncée par l'accord de Taëf. Partant, elles ont besoin d'un consensus politique pour réussir. C'est en tout cas ce que le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, a affirmé hier à la délégation du CPL à Bkerké, estimant que les chrétiens ne peuvent pas faire cavalier seul pour réformer le régime et la formule politiques, et que de telles démarches nécessitent une légitimité nationale. Aussi, pour le 14 Mars, l'appel de Hassan Nasrallah à étudier les propositions du général Aoun n'est qu'une tentative de trouver une voie de sortie à la candidature de ce dernier, après qu'il se fut avéré impossible pour le chef du CPL de générer un consensus national autour de lui.

Mais quelles sont les raisons qui ont poussé le chef du CPL à ne pas recourir à l'escalade ?
D'abord, la situation intérieure et extérieure serait inopportune aux deux plans international et régional, et une telle mesure aurait des répercussions négatives sur les positions de M. Aoun, sa popularité et sa candidature. De plus, les alliés du chef du CPL au sein du 8 Mars, notamment le Hezbollah, ne sont pas enthousiasmés par une telle escalade, surtout pour ce qui est de torpiller, paralyser ou geler les travaux du Conseil des ministres, compte tenu du fait qu'il est impensable de bloquer les intérêts des citoyens.

En outre, une escalade éventuelle détériorerait la relation du CPL avec ses alliés au sein du 8 Mars, d'autant que plus d'un leader de cette alliance a affirmé que le temps n'était pas opportun au dynamitage du gouvernement, mais plutôt au maintien de la stabilité politique. Elle détériorerait également la relation entre le CPL et les FL, alors que les deux partis sont en plein dialogue pour une réconciliation, ainsi que ses rapports avec le courant du Futur. Le général Aoun joue gros également au niveau de sa popularité, puisque la rue chrétienne est attachée à la stabilité et ne supporterait guère une nouvelle aventure inconsidérée qui viendrait creuser encore plus le fossé entre les Libanais. Une telle équipée aurait de surcroît des conséquences négatives sur la présence active du CPL au gouvernement et, partant, sur l'adoption de certains projets vitaux pour le parti, d'autant que le 8 Mars n'est pas très chaud pour accompagner le général Aoun dans sa démarche. Tout cela pourrait enfin avoir des retombées négatives à l'intérieur même de la formation, partagée entre deux points de vue, l'un en faveur de l'escalade, l'autre en faveur de l'attentisme.

Quand le général Aoun mettra-t-il en œuvre ses menaces? Des sources ministérielles assurent que l'escalade n'aura pas lieu, et que le chef du CPL ne « renversera pas la table » politiquement, les circonstances étant inopportunes, comme le lui a expressément dit Hassan Nasrallah lors de leur dernière rencontre dans la banlieue sud. Le Hezbollah tient au gouvernement, dernière institution qui fonctionne encore. Le temps n'est ni au blocage des intérêts des citoyens ni à la déstabilisation politique et sécuritaire. C'est pourquoi, jugent certains observateurs, au-delà des propositions pseudo-constitutionnelles liftées, la conférence de presse du général Aoun ne laissera, en définitive, aucune trace sur la scène politique locale.

 

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commentaires (5)

Rien....! mais faudra tout de même mesurer le temps , avec les montres molles de Dali...! nous ne sommes pas en orient pour rien........

M.V.

15 h 12, le 19 mai 2015

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Commentaires (5)

  • Rien....! mais faudra tout de même mesurer le temps , avec les montres molles de Dali...! nous ne sommes pas en orient pour rien........

    M.V.

    15 h 12, le 19 mai 2015

  • non seulement la conference de presse ne laissera aucune trace, le personnage ne laissera plus jamais une trace de son patriotisme et de ses capacités à servir le pays Il n'aura même pas à "Waterloo, morne plaine..." car il n'en jamais eu le niveau Quant à "l'idée" de son Maître, un moyen médiatique de maintenir un suspens inutile et grotesque

    FAKHOURI

    10 h 15, le 19 mai 2015

  • La seule vraie raison est qu'il a reçu l'ordre de ses financiers de rester sage point barre! Il a perdu l'initiative et n'est plus maître de ses décisions et cela depuis longtemps pour ne pas dire depuis toujours. S'il était vraiment libre, s'il voulait franchement régler les problèmes, s'il était honnête envers les intérêts du pays et des Chrétiens, il aurait pu très simplement se mettre d'accord avec les FL-Kataeb-PNL etc..., quitter le gouvernement, rejoindre le 14 Mars et participer a en reformer un autre donnant la majorité, et gouvernementale et parlementaire, a un président qui sera élu et fort de se support. Mais lorsque l'on vend son âme au diable, il est difficile de s'en défaire, et c'est tant pis pour lui car après sa chute il tombera avec.

    Pierre Hadjigeorgiou

    10 h 02, le 19 mai 2015

  • IL ATTEND LES DERNIERS ORDRES DE SES SEIDES !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 23, le 19 mai 2015

  • Longue vie à boSSfééér ! "Divin" fakkîh noirci, dont la langue fourcha en fut l’initiateur, et Râëéhhh l’annonciateur. Quelle mouche les piqua donc pour booster ce caporal-là ! Le gradé imaginaire, connu suite à un lapsus et à un élan "chréti(e)n", était le chaînon manquant. Et sans alourdir le budget, qui n'est jamais populaire chez ces campagnards économes jusqu'en leurs ferveurs. Mâräoûn pourra donc putscher, entretenir ses Orangés niais au sein du maronitisme coinnique, faire des coming-out : "Suis ambidextre, allergique aux 14 Sains" ; vendre à l'encan ses fonds de grenier de Bääbdâh et de Râbïyéhhh, alterner les démissions et les rémissions, adouber des roublards et des cu rés, démissionner vite fait et rempiler aussi sec. Bref, assumer la cheftainerie "chréti(en)ne" sans provoquer de conflit intra-maronitique puisqu'il restera inaltérablement ectoplasmique. Exutoire des exécrations 14 Saines ou emblème d’engouements 8 Malsains, le bigaradier aura pour fonction de protéger de la moindre atteinte ou de la désapprobation la plus ténue les membres de sa smala : les homologués, les vrais, les patentés et les morganatiquement rapportés qui sont tous si souvent si justement brocardés. Ce sera là une tâche exaltante qui lui vaudra l'estime unanime, qui est rarissime, de ses coreligionnaires, yîîîh, au sein de ce maronitisme oranginé aigri. Puis, longue vie à boSSfééér ! Et qu'on le garde logé bien loin là-bas à Râbïyéééh mais, pleaaase, only à sa Préfectûûûre s’il vous plaît !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    04 h 49, le 19 mai 2015

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