Le manque d'électricité est le principal frein à l'activité économique en Afrique du Sud, a estimé hier le ministre des Finances Nhlanhla Nene qui prévoit un modeste rebond de croissance cette année à 2 %. « Le risque le plus important auquel nous sommes confrontés en ce moment est la production d'électricité », a déclaré M. Nene devant le club de la presse étrangère à Johannesburg. L'Afrique du Sud, pays le plus développé du continent africain, a déçu en 2014 avec seulement 1,5 % de croissance. « Nous sommes préoccupés par l'impact négatif que cette contrainte d'électricité fait peser sur notre croissance et sur notre potentiel de croissance », a ajouté le ministre.
Depuis novembre, les délestages font partie de la vie quotidienne de beaucoup d'entreprises et de foyers sud-africains, en raison notamment d'opérations de maintenance de la compagnie publique Eskom qui livre 95 % du courant.
Eskom est fragilisée par des années de sous-investissement, de maintenance insuffisante, un parc vieillissant, un manque de trésorerie et un fort endettement ainsi que de graves problèmes de management. « Permettre à Eskom de revenir à une pleine stabilité financière et opérationnelle est la priorité absolue du gouvernement », a déclaré M. Nene. Il a confirmé que le gouvernement envisageait de faire appel à des partenaires privés. « Le mauvais entretien des centrales et du réseau de distribution a conduit à une détérioration et une manque de fiabilité. Les délestages actuels sont une partie de la solution » car ils permettent de faire de la maintenance, a souligné M. Nene.
L'Afrique du Sud aurait selon la plupart des économistes besoin d'un taux de croissance durable d'au moins 5 à 7 % pour résorber son chômage de masse. Or si la croissance sud-africaine a dépassé les 5 % en 2006 et 2007, depuis la crise financière mondiale de 2008, le pays est à la traîne par rapport au reste du continent. Sortie de récession en 2010, le pays a vu l'activité mesurée par le PIB ralentir en 2011 à 3,2 %, puis 2,2 % en 2012 et 2,2 % en 2013 et 1,5 % en 2014.
(Source : AFP)


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