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Santé - Tribune

Vivre en bonne santé, un droit universel

Dans un article paru dans « Chronique Onu », publié par le département de l'information des Nations unies, Lauren Barredo*, Irene Agyepong*, Gordon Liu* et Srinath Reddy* se penchent sur l'un des objectifs du Millénaire pour le développement, tels que définis par les Nations unies, à savoir permettre à tous de vivre en bonne santé et à promouvoir le bien-être de tous à tout âge.

Les Objectifs du millénaire pour le développement ont encouragé des interventions spécifiques qui ont eu un effet bénéfique pour les sous-populations, notamment pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans. Photo tirée du site un.org

La santé est fondamentale au développement humain. Toutes les populations, quel que soit leur statut social, placent la santé en tête de leurs priorités et l'on sait que celles qui jouissent d'une bonne santé sont essentielles au maintien des sociétés. Il n'est donc pas surprenant que quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) soient directement liés à la santé.
Les OMD ont réussi à focaliser l'attention et les ressources mondiales sur des défis mondiaux spécifiques, urgents, notamment la faim, la santé maternelle et infantile, le VIH/sida et le paludisme. Ces questions ont été inscrites en tête de l'ordre du jour mondial, invitant les organismes nationaux, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et la société civile, les entreprises privées ainsi que d'autres parties prenantes à se réunir pour atteindre les objectifs fixés. L'extrême pauvreté a été réduite de moitié, d'importants progrès ont été réalisés dans la lutte contre le paludisme et la tuberculose, et plus de deux milliards de personnes ont eu accès à l'eau potable.
Néanmoins, comme pour de nombreuses autres cibles mondiales, à côté des points forts et des succès, il existe aussi des défis et des défaillances. Les progrès ont été inégaux, à la fois dans les pays et entre eux. Si la malnutrition chronique et la mortalité maternelle et infantile ont été considérablement réduites, il reste encore beaucoup à faire. L'éducation du public et le dépistage rapide du VIH/sida ont réduit le nombre de nouveaux cas, et des traitements plus efficaces ont permis aux personnes infectées de vivre plus longtemps.
Mais il faut offrir l'accès aux traitements à un plus grand nombre de personnes, éviter l'apparition de nouveaux cas, et réduire la stigmatisation et la discrimination.

Changement de la charge mondiale de morbidité
Les OMD ont encouragé des interventions spécifiques qui ont eu un effet plus bénéfique pour les sous-populations, notamment pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, que pour l'ensemble de la population (...).
Par ailleurs, la charge mondiale de morbidité ayant considérablement changé au cours des trente dernières années, les systèmes de santé doivent faire l'objet d'une plus grande attention. Les maladies non transmissibles, comme les accidents vasculaires cérébraux, le cancer et le diabète, sont l'une des causes de mortalité et de morbidité de plus en plus importantes à la fois dans les pays développés et ceux en développement.
De fait, avec la croissance économique rapide, de nombreux pays en développement font face à de nouveaux problèmes. Dans les régions pauvres, plus reculées, la réalisation des OMD accuse un retard important, alors que le diabète et les maladies cardiaques sont en progression dans les villes plus aisées. Même au sein des ménages, la dynamique familiale peut faire que certains membres de la famille souffrent de carences en calories ou en micronutriments alors que d'autres sont obèses. Le programme pour l'après-2015 doit donc pouvoir offrir un soutien aux pays pour qu'ils abordent toutes ces questions (...).
Nous recommandons que le programme de développement pour l'après-2015 réaffirme l'engagement aux OMD et couvre les nouvelles questions qui méritent une attention mondiale urgente. L'ODD 3, permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge, peut facilement s'inscrire dans ce vaste programme. Le texte actuel, qui comprend des cibles chiffrées pour la mortalité infantile et maternelle, peut relancer l'action afin de mener les OMD à leur terme. Les cibles relatives aux maladies non transmissibles, à la toxicomanie et à la santé environnementale sensibiliseront la communauté internationale à l'importance de ces questions et accéléreront les progrès.

Services de santé de qualité
L'aspect le plus révolutionnaire de l'objectif actuel est probablement la cible relative à la couverture sanitaire universelle (CSU). Celle-ci risque d'être critiquée par certains jugeant que le concept est trop large et qu'elle est donc difficile à réaliser ou à mesurer. Toutefois, des cibles ambitieuses sont souvent nécessaires pour susciter des progrès. Alors que les OMD donnent un degré de priorité aux interventions spécifiques pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, la CSU encourage une vie saine en investissant dans la santé. Des éléments de plus en plus nombreux montrent que les investissements dans les systèmes de santé sont essentiels pour améliorer les résultats en matière de santé.
En résumé, la cible relative à la CSU vise à ce que tous les individus aient accès aux services de santé de qualité dont ils ont besoin sans s'exposer à des difficultés financières (...).
Relever le défi de la CSU au cours des quinze prochaines années pourrait changer les choses à la fois pour les pays riches et les pays pauvres. Il est crucial que l'amélioration de la santé soit bénéfique pour tous, pas seulement pour certains groupes (...).
Il est évident que l'établissement d'objectifs et de priorités a ses limites. Le vrai test sera de voir comment les objectifs seront mis en œuvre, et les progrès mesurés et évalués. Vu l'ampleur de l'objectif, qui est de permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge, les gouvernements, les organisations internationales et d'autres acteurs doivent se montrer pragmatiques concernant la mise en œuvre des politiques et le suivi des progrès. L'accord sur les objectifs et les priorités mondiaux, ainsi que sur toutes les décisions politiques sera inévitablement un processus politique ainsi que technique, même avec la coopération des parties prenantes participantes. Il faudra gérer les tensions entre ces deux niveaux, politique et technique, pour que les objectifs et les cibles puissent être atteints, et qu'il soit possible de vérifier et de suivre leur mise en œuvre.
Des débats sont en cours sur le choix des indicateurs à utiliser et la manière de financer les ODD. Le Réseau des solutions pour le développement durable (SDSN, www.unsdsn.org) a proposé un cadre d'indicateurs pour l'après-2015. Ils doivent être clairs et directs, choisis par consensus par un groupe diversifié de parties prenantes et basés sur les sources d'information existantes. Ces indicateurs doivent mesurer les résultats dans toute la mesure du possible et être ventilés par diverses variables socioéconomiques (âge, sexe, urbain/rural, etc.) afin d'assurer des progrès équitables. De plus, les gouvernements doivent soutenir les appels à une « révolution des données » et s'attacher à publier les rapports annuels des données disponibles. Les nouvelles technologies, comme les téléphones portables et la télédétection, facilitent de plus en plus la collecte et l'analyse rapides de données de haute qualité ; le programme pour l'après-2015 devrait en tirer avantage.
Nous avons la possibilité d'établir un programme de développement ambitieux, équitable, pour les quinze prochaines années. Les processus politiques mondiaux sont bien engagés et devraient générer des résultats importants, ce qui pourrait transformer la santé mondiale. Alors que nous approchons de septembre 2015, les parties prenantes doivent veiller à ce que les gouvernements aboutissent à un accord sur le cadre de leurs engagements et commencent à travailler ensemble à la mise en œuvre des ODD.

* Lauren Barredo est responsable du Réseau des solutions pour le développement durable à New York (États-Unis).

* Irene Agyepong est professeure à la faculté de santé publique à l'Université du Ghana, à Accra.

* Gordon Liu est directeur du Centre de la Chine pour la santé et la recherche économique à l'Université de Beijing.

* Srinath Reddy est président de la Fondation de la santé publique de l'Inde à New Delhi.

La santé est fondamentale au développement humain. Toutes les populations, quel que soit leur statut social, placent la santé en tête de leurs priorités et l'on sait que celles qui jouissent d'une bonne santé sont essentielles au maintien des sociétés. Il n'est donc pas surprenant que quatre des huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) soient directement liés à la santé.Les OMD ont réussi à focaliser l'attention et les ressources mondiales sur des défis mondiaux spécifiques, urgents, notamment la faim, la santé maternelle et infantile, le VIH/sida et le paludisme. Ces questions ont été inscrites en tête de l'ordre du jour mondial, invitant les organismes nationaux, les gouvernements, les organisations non gouvernementales et la société civile, les entreprises privées ainsi que d'autres parties...
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