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Liban - Tribune

CPL-FL : Plus loin qu’un dialogue !

Le dialogue entre les Forces libanaises et le Courant patriotique libre n'a pas arrêté de susciter des réactions partagées. Si les plus sceptiques ont vu l'impossibilité de tout accord substantiel, les plus optimistes ont osé, quant à eux, imaginer les scénarios d'une alliance commençant par la présidence de la République et se prolongeant dans des listes communes aux prochaines élections législatives. Mais bien que tous ces souhaits soient légitimes et tout à fait normaux – cette relation devant se concrétiser politiquement d'une façon ou d'une autre –, le vrai défi reste néanmoins de pouvoir donner des réponses plausibles à une grande question qui préoccupe les chrétiens non seulement pour leurs échéances présentes mais aussi pour leur futur ; une réponse qui se doit de sortir du simple cercle classique d'une lutte pour le pouvoir et d'avoir la profondeur stratégique du devenir chrétien dans le dernier de ses bastions au Moyen-Orient.


Pour y arriver, toutes les forces chrétiennes temporelles et spirituelles devraient commencer par avoir le même diagnostic des mutations et transformations qui s'opèrent dans la région et dans leur pays. Ceci est la première des exigences pour un dialogue réussi. Partir sur des bases et des évaluations divergentes des réalités de la région, de ses défis et de ses dangers, est une recette assurée pour non seulement rater les accords politiques circonstanciels mais aussi compromettre l'avenir.


La deuxième exigence serait d'avoir un dialogue doté d'une grande dose de réalisme et d'objectivité. Ce n'est ni en restant otage d'un passé, même glorieux, ni par des surenchères verbales interposées, que les chrétiens avanceront mais par une prise de conscience objective de leur situation présente et leurs moyens pour pouvoir répondre aux interrogations relatives à leur place et leur rôle dans une région dont le futur se joue par le feu et par le sang sur plus d'une scène actuellement.


Pour cela, les chrétiens devraient s'émanciper dans leur réflexion : se décomplexer d'abord de leur nostalgie d'une époque révolue, investir ensuite correctement les marges de manœuvre qui leur restent pour débloquer le présent et mettre à jour enfin leur projet pour le futur.


En d'autres termes, les chrétiens doivent passer plus de temps à réfléchir sur ce qu'ils doivent dorénavant être et faire, plutôt que de se lamenter sur ce que jadis ils étaient.
Leur problème est de retrouver le chemin de l'efficacité qui leur fait défaut dans beaucoup de leurs actions et celui de l'utilité dans un conflit dont les dynamiques et enjeux les dépassent.
Pour redevenir efficaces, ils doivent recouvrer le maximum de poids aux différents échelons du pouvoir de la présidence de la République jusqu'à l'administration, en passant par le gouvernement et le Parlement, d'où l'enjeu critique de la bataille présidentielle actuelle et celui de la loi électorale. Ils doivent également se mettre d'accord sur une série de réformes indispensables pour rééquilibrer le système de pouvoir, ce qui préserverait leur rôle indépendamment des fluctuations du rapport de force confessionnel dans le pays. Ils doivent enfin évoluer vers un système de travail institutionnel beaucoup plus efficace et stable que les individualités qui les caractérisent assez souvent.


Pour redevenir utiles, ils ont besoin de réinventer un système d'intérêts dirigé vers leurs partenaires de l'intérieur avec qui ils se battent pour être reconnus à titre d'égal, mais aussi vers les puissances extérieures qui ne leur portent plus grande considération dans le Moyen-Orient d'aujourd'hui. Dans un jeu de nations macroscopique qui les néglige sans aucun état d'âme, les chrétiens ont la tâche titanesque de reconvaincre la communauté internationale et les puissances régionales de l'importance de la présence chrétienne dans la région. Ce n'est certes ni par des regroupements politiques chrétiens obsolètes et peu crédibles, ni par des discours stéréotypés ou parades télévisées qu'ils y arriveront, mais par une performance politique combinant habilement relations, initiatives et positions, de façon à peser et contribuer d'une façon déterminante aux solutions de crises et ainsi réaffirmer le besoin de leur apport dans l'équation politique interne et surtout dans la stabilité du pays.


Le dialogue entre le CPL et les FL, dont on souhaite fortement la réussite et par la suite l'élargissement aux autres forces chrétiennes, est une vraie opportunité pour une nouvelle dynamique chrétienne et pour la mise en place d'une nouvelle stratégie revue et adaptée aux temps et aux défis que nous vivons aujourd'hui. Une stratégie dans laquelle chacun trouvera sa place à partir de la présidence jusqu'au dernier acteur chrétien.
Son issue doit être à la hauteur de ces attentes exceptionnelles pour éviter que cette opportunité prometteuse ne se transforme en une nouvelle occasion ratée !

 

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Le dialogue entre les Forces libanaises et le Courant patriotique libre n'a pas arrêté de susciter des réactions partagées. Si les plus sceptiques ont vu l'impossibilité de tout accord substantiel, les plus optimistes ont osé, quant à eux, imaginer les scénarios d'une alliance commençant par la présidence de la République et se prolongeant dans des listes communes aux prochaines élections législatives. Mais bien que tous ces souhaits soient légitimes et tout à fait normaux – cette relation devant se concrétiser politiquement d'une façon ou d'une autre –, le vrai défi reste néanmoins de pouvoir donner des réponses plausibles à une grande question qui préoccupe les chrétiens non seulement pour leurs échéances présentes mais aussi pour leur futur ; une réponse qui se doit de sortir du simple cercle classique...
commentaires (6)

CORRECTION ! MERCI : ".... sa prédominance à ce courant eût été absolue, si elle n’avait pas été...."

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

05 h 52, le 14 mai 2015

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Commentaires (6)

  • CORRECTION ! MERCI : ".... sa prédominance à ce courant eût été absolue, si elle n’avait pas été...."

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    05 h 52, le 14 mai 2015

  • Les Forces libanaises et les autres chrétiens n'ont pas à recevoir des leçons de quelqu'un qui patauge dans le marécage nauséabond des boycotteurs de l'élection présidentielle. Dont acte.

    Annie

    17 h 45, le 13 mai 2015

  • Nombriliste comme tous ces énergumènes qui croient encore au pere Noel.... Commencez par respecter le peu de crédibilité (Taef) qu'il reste a ce bled pourri avant de nous encenser de mots et d'idées creuses, démagogie et populisme ne fondent aucune base solide et pérenne. Nous sommes la risée du monde et ce n'est pas en gesticulant et en mentionnant (plus de douze fois) le mot chrétien que cette conscience communautaire verra le jour.

    Tabet Karim

    09 h 10, le 13 mai 2015

  • 3AM I CHTIGHLOU BI BA3DON... BATTIKH M3AFAN !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 48, le 13 mai 2015

  • Sa "chrétienneté" garde l’héritage et le glorifie ! Si elle va vers le croissant…. fertile, c’est presque pour le convertir ! Et n’a pas honte de la pompe : "Nous referons chrétiens nos frères, par Jésus-Christ nous le jurons !", fredonne-t-elle. Son courant d’air Orange est l’instrument de ce triomphalisme. Qu’il soit centralisé selon le précepte de l’unitarisme comme boSSfééér le souhaite ; qu’il soit décentralisé au nom de l’autonomie de ses divers mini-boSSfèèèrs, et pour mieux rencontrer leurs multiples intérêts spécifiques ainsi que le "neveu" veut qu’il devient, il demeure un foyer unique qu’il importe d’attiser. L’ "Al(i)ain chrétien" a été désigné par son boSSfééér pour mener une œuvre Or angine "apostolique". Et le "courant" n’est pas une invocation électoraliste pour batteur d’estrade, c’est "Le Signe", au sein même de cette campagne, de la victoire du bigaradier et de son émirat-principauté : "Caporal vincit - Caporal regnat - Caporal imperat" ! Il serait abusif de qualifier ce courant d’air de conFessionnel, ne trouvant nulle part dans ses statuts de référence explicite, mahééék, au conFessionnalisme. Mais sa "laïcité" en théorie ne s’y était nullement accomplie. Sa prédominance au courant eût été absolue, si elle n’avait pas été contrariée par La Force des Öûééétes et si Mâr Nassrallâh n’y avait pas fait heureusement contrepoids. Et son slogan à ce courant de s’énoncer : Beauf et boSSfééér ne sont que des prénoms, "Chrétien" maronite est notre nom !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    07 h 39, le 13 mai 2015

  • Les chretiens, les chretiens, les chretiens...on est libanais avant d'etre chretiens et en tant que libanais, on devrais respecter le jeu democratique, tant dans son texte que dans son esprit. Vous etes oblige d'aller donner votre choix a travers le vote au parlement, que ca vous plaise ou pas. On n'a pas "besoin de reinventer un systeme d'interet". Taef est un texte qui est tres bien et equitable, pourquoi ne pas l'appliquer avant de reinventer la roue? vous nous fatiguez avec vos elucubrations dans l'OLJ, vous avez plus de chances de changer l'eau en vin que de convaincre un nombre croissant de gens de voter pour vous aux prochaines elections, c'est peut etre pour cela que votre equipe est tellement aggripee au pouvoir...

    George Khoury

    07 h 00, le 13 mai 2015

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