À Katmandou, hier, deux grands immeubles se sont effondrés dans le quartier de Balaju Nayabazar après le nouveau puissant séisme. Au moins 48 personnes ont été tuées au Népal, 17 autres dans le nord de l’Inde et au moins une au Tibet. Athit Perawongmetha/Reuters
Un séisme de magnitude 7,3 suivi de puissantes répliques a secoué hier le Népal, moins de trois semaines après le tremblement de terre le plus meurtrier connu par le pays en 80 ans. La secousse tellurique du 25 avril avait provoqué la mort de plus de 8 000 personnes. Celle d'hier matin a tué, elle, au moins 48 personnes au Népal, selon les autorités, et 17 autres dans le nord de l'Inde, essentiellement dans l'État du Bihar.
Ces nouvelles secousses ont poussé les habitants, pris de panique, à courir dans les rues pour éviter l'effondrement de bâtiments déjà fragilisés par le tremblement du 25 avril. La télévision népalaise a montré des images de bâtiments historiques se balançant au rythme des mouvements du sol, tandis que les zones rurales ont été touchées par de nouveaux glissements de terrain.
Le séisme, qui s'est produit à 76 km à l'est de Katmandou, était un peu moins fort que celui du 25 avril, dont la magnitude était de 7,8, selon l'institut américain de géophysique (USGS). Il a été ressenti jusqu'à New Delhi, à 1 000 km de là, où des employés ont évacué leurs bureaux. Il a également provoqué l'effondrement de bâtiments au Tibet, provoquant la mort d'au moins une personne. Une demi-heure après la première, une deuxième secousse, de magnitude 6,3, a fait trembler à nouveau la petite nation himalayenne, selon l'USGS.
Par précaution, l'aéroport de Katmandou a été fermé quelques heures. Il sert de porte d'entrée principale à l'aide internationale dans le pays, où les secours apportent encore eau, nourriture et assistance médicale aux victimes des zones reculées les plus touchées par le séisme d'avril qui a fait des dizaines de milliers de sans-abri. « Au moment d'une catastrophe naturelle comme celle-ci, il nous faut faire face avec patience et courage », a déclaré le Premier ministre Sushil Koirala après une réunion d'urgence du gouvernement.
« Cela recommence... »
Les districts de Dolakha et Sindhupalchowk, parmi les plus touchés par le premier séisme, ont à nouveau payé un lourd tribut. Dans le seul district de Dolakha, la mort de 26 personnes a été confirmée. « De nombreuses maisons se sont effondrées à Dolakha et il y a un risque que le nombre de morts dans ce district augmente », a fait savoir le ministre de l'Intérieur, Bam Dev Gautam. Pour sa part, la Croix-Rouge a indiqué avoir reçu des informations faisant état de nombreuses victimes à Chautara, dans le district de Sindhupalchowk où elle gère un hôpital de campagne.
Selon l'ONG Save The Children, deux grands immeubles se sont effondrés dans le quartier de Balaju Nayabazar à Katmandou, tandis que de grandes fissures sont apparues sur de nombreux autres. Huit personnes sont mortes dans la vallée de Katmandou.
Les habitants de la capitale ont raconté la terreur qui les a saisis. « Nous l'avons ressenti et immédiatement une foule immense s'est mise à courir en tous sens », a raconté Suresh Sharma, qui se trouvait alors au marché. « C'était effrayant et j'ai eu du mal à sortir », a ajouté cette femme de 63 ans. « La dernière fois, lors de l'énorme séisme, j'étais sortie en courant de ma maison, m'en tirant de justesse. J'ai eu la même impression pour celle-là. Je ne peux pas y croire, cela recommence ! »
Un hélicoptère US disparu
Les habitants ont été pris de panique à l'idée que ces nouveaux séismes entraînent l'effondrement de bâtiments déjà très endommagés. « Je pensais déménager dans une chambre en location, mais j'ai eu tellement peur aujourd'hui que je ne veux pas mettre en danger la vie de ma famille », a expliqué Dipak Koirala, qui vit sous une tente dans le district de Ramechaap (centre) depuis fin avril.
Rose Foley, qui travaille pour l'Unicef à Katmandou, a raconté que les équipes s'étaient réfugiées sous des tables. « Nous sommes sortis le plus vite possible. Assis dehors, nous avions l'impression d'être sur un bateau en haute mer, au fur et à mesure que des répliques survenaient », a-t-elle écrit dans un courriel.
Par ailleurs, le commandement militaire américain au Népal a annoncé qu'un hélicoptère militaire des marines, participant aux opérations humanitaires, a disparu hier. « Huit personnes se trouvaient à bord », a précisé le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone.
(Source : AFP)

