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Liban - New York, Sylviane Zehil

À New York, émouvant hommage posthume à Serge Hochar, « ambassadeur passionné du vin du Liban »

Serge Hochar, disparu tragiquement en décembre dernier à Acapulco.

Le « légendaire » Serge Hochar, dont la disparition tragique, le 31 décembre dernier à Acapulco, au Mexique, a secoué le monde international du vin, continue de faire parler de lui à la faveur d'hommages qui lui sont rendus aux quatre coins de la planète. Après une « cérémonie solennelle » à Londres qui a regroupé 140 « amis venus des États-Unis et de divers horizons européens », un autre émouvant hommage posthume, « plus amical que solennel », a eu lieu à New York, au prestigieux University Club, en présence de plus de 150 invités du Royaume-Uni et des États-Unis.
Clin d'œil à l'humour du disparu : le portrait de Serge Hochar, à l'éternel sourire espiègle, dégustant du vin, était projeté sur tous les écrans de la salle, marquant fortement sa présence parmi ses amis. Une présence « qui rappelle la capacité de Serge à retenir l'attention d'une pièce », écrit sa nièce, Reem Kettaneh Yared, avant d'ajouter : « Son éternel sourire l'a ramené parmi nous. »

 

(Pour mémoire : Disparition de Serge Hochar, militant indéfectible des vins du Liban)


Serge Hochar, à la personnalité joviale, a su capter l'imagination de sa famille, de ses amis, et aussi des personnes qui l'ont côtoyé, connu et aimé. Épicurien éclairé, Serge Hochar, PDG de Château Musar et président de l'Institut de la vigne et du vin, était aussi l'« ambassadeur passionné » du vin du Liban. Il comptait de nombreux amis, admirateurs et adeptes qui ne cachent pas avoir succombé à son charme, son sens de l'humour et sa convivialité. Son bagout et sa philosophie du vin l'ont distingué parmi ses pairs. Grand communicateur, respecté internationalement pour son vin, il savait transmettre avec brio l'art de bien boire et celui de boire bien.
Reem Kettaneh Yared souligne combien « la cérémonie pour Serge à New York était émouvante ». « Curieusement, tout le monde était heureux à la fin, bien que triste à cause de notre perte. Triste mais heureux d'avoir connu le sourire espiègle, le rire et la philosophie du monde de Serge. Car les Américains célèbrent la vie d'une personne plutôt que de la pleurer », ajoute-t-elle. C'est ce qui s'est passé lors de la célébration de la vie de Serge à New York. Une vidéo relatant sa vie, sa philosophie et ses théories a été projetée durant l'événement.


S'adressant aux amis présents, Ronald Hochar, frère du disparu, a décrit avec une grande émotion « les liens puissants au cours d'une belle vie partagée » entre les deux. Mais l'heure était à la célébration de la vie, la personnalité et la philosophie de Serge par les personnes qui l'ont connu de près, telles que Michael Broadbent, critique de vin, écrivain, commissaire-priseur, directeur du département vin chez Christie's, auteur de plusieurs ouvrages et le plus ancien chroniqueur mensuel du magazine Decanter.
Michael Broadbent a fait un récit ému d'une amitié de plusieurs décennies avec Serge Hochar. Bartholomew Broadbent, fils du précédent, expert en vin, en Porto et Madère, a évoqué à son tour sa « belle » amitié avec son « mentor inspirant » et salué la qualité des « vins brillants » de Château Musar.
Quant à Elizabeth Gilbert, romancière, essayiste et biographe américaine, auteure de Eat, Pray, Love : One Woman's Search for Everything Across Italy, India and Indonesia, elle a évoqué le « délicieux souvenir » de six heures d'une dégustation avec Serge, « qui, au lieu de décrire le vin, décrivait ce qu'il ressentait », tandis que Paul Grieco, fin sommelier et critique « parmi les plus influents à New York », et Catherine Miles partageaient des anecdotes touchantes sur des moments poignants de la vie de Serge.
Marc Hochar : Le style Musar « en de bonnes mains »


Le jeune fils de Serge, Marc Hochar, en charge du marketing international du vin Musar, a rendu un vibrant hommage à son père, soulignant la « continuité à la fois dans l'esprit et le style » de Musar. Avec le leadership de Gaston et de Marc Hochar, Musar reste en « de bonnes mains » dans le respect de la « tradition et de la philosophie » mises en place par leur père.
Marc Hochar a rappelé les multiples « dons et talents » de Serge, « à la fois vigneron, visionnaire, prophète, esthète, épicurien, maître zen, mais souvent aussi vieil homme grincheux ». « Communicateur avec un grand C. Il privilégiait la communication en tout parce qu'elle engendre l'interaction, la discussion, le partage et la jouissance des choses », a-t-il noté.
Et d'ajouter : « Goûteur fantastique », Serge était aussi un « être fantastique. » « J'ai toujours admiré la manière avec laquelle mon père et mon oncle, Ronald, ont suivi les traces de mon grand-père, en prenant les rênes de Château Musar alors qu'ils avaient vingt ans. » Mais tout cela n'est que « du business. Et pourtant quel dédain exprimait-il lorsque je devais parler business ! Aujourd'hui ce ne sont pas les affaires que je respecte le plus, mais bien cette extraordinaire capacité à goûter et à fabriquer du vin à partir de rien ».
« C'est par le vin qu'il communiquait, partageait, interagissait avec les gens et avec la nature. Serge a su être l'inspirateur de nombreux viticulteurs, un visionnaire qui a mis en avant depuis des décennies le concept "naturel, authentique et vrai". "Heureux, positif et amusant", était devenu sa devise. C'est cette croyance qui a permis à Serge "de tant réaliser avec Musar". »

 

Pour mémoire

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