La délégation, hier, en compagnie du général Abbas Ibrahim. Photo Ani
« Les militaires et gendarmes pris en otage l'été dernier par les groupes jihadistes sont en sécurité pour le moment. Ils sont détenus dans un lieu relativement éloigné du champ de la bataille engagée en ce moment, mais il faut faire vite, avant que ces combats ne s'étendent en leur direction et compromettent leur sécurité. »
Voilà en substance l'information livrée hier par le général Abbas Ibrahim, directeur général de la Sûreté générale, à une délégation de l'ordre des journalistes présidée par Aouni Kaaki qui lui a rendu une visite de courtoisie.
« Les négociations menées par le Liban, sous mes auspices, sont achevées, a ajouté en substance l'officier. Les termes de l'échange ont été fixés. Le seul point qui reste en suspens est le mécanisme d'application concernant le déroulement de l'opération d'échange. » Étroitement engagé dans ces négociations, le Qatar a joué un rôle-clé dans les contacts établis par le Liban avec les ravisseurs, a reconnu le général Ibrahim. « Le médiateur qatari qui se trouve actuellement en Turquie nous a transmis de bonnes nouvelles », a-t-il ajouté. Il n'est donc pas exclu que l'échange entre les otages et les détenus islamistes au Liban se déroule sur un terrain neutre qui jouit du crédit des deux parties prenantes à la négociation, comme le Qatar, estime-t-on. Mais sur cette question, le général Ibrahim est resté muet.
Sur le mouvement de protestation engagé par les familles des otages la semaine dernière, le général Ibrahim affirme avec flegme que « ces initiatives prises par les ravisseurs sont partie du processus de négociation. La vie des militaires relève de notre responsabilité, mais l'autre partie est déterminée à médiatiser l'affaire, dans une stratégie de pressions. Il est dans mon intention de régler le dossier dans le respect total des lois libanaises en vigueur sans porter atteinte à la souveraineté du Liban », a-t-il ajouté. « Se plier aux desiderata des ravisseurs, reviendrait à mettre en danger les vies de tous les Libanais », a-t-il également lancé.
Il a par ailleurs assuré que la vidéo diffusée par les ravisseurs et dans laquelle les militaires l'attaquent personnellement n'a « aucun impact sur la médiation en cours ni sur son moral ».
En ce qui concerne les deux évêques portés disparus en Syrie, Boulos Yazigi et Youhanna Ibrahim, le général Ibrahim a affirmé qu'il ne possède aucun indice permettant de les localiser ou d'être sûr qu'ils sont en vie. Ainsi, a-t-il dit, des informations nous sont parvenues selon lesquelles ils seraient vivants et détenus dans une prison en Syrie. Nous avons été au bout des pistes qui ne nous ont conduit nulle part. Par ailleurs, je ne le cache pas, nous avons sollicité l'aide de services de renseignements étrangers. Toujours rien. Croyez-moi, cette affaire nous tient à cœur et elle est pour nous plus qu'une affaire, une cause !
Enfin, M. Ibrahim a révélé qu'à la suite des restrictions imposées à l'entrée des Syriens au Liban, qui devaient désormais justifier leur présence et préciser leur lieu de résidence, quelque 300 000 Syriens ont quitté notre pays.


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11 h 33, le 09 mai 2015