Au cours des trois dernières années, on a parfois pu penser que c'est de France que viendrait la nouvelle crise en zone euro. Une économie faible, un gouvernement divisé sur ses priorités d'actions, un budget déficitaire malgré les hausses d'impôts, un président impopulaire... Tant de sujets d'inquiétudes. Quelle est la situation actuelle ?
- Économie – De 2012 à 2014, l'économie française a presque stagné. La croissance de 0,4 % par an était bien insuffisante pour stopper la hausse du chômage et rétablir la confiance. Divers chocs externes positifs (euro, taux, pétrole) laissent désormais espérer une amélioration. L'année 2015 a débuté sur de bonnes bases grâce à la consommation des ménages. Depuis qu'il n'est plus question de nouveaux impôts, leurs intentions d'achat se redressent très vivement. Le crédit bancaire accélère, ce qui devrait aider à la relance de l'investissement.
- Europe – Dans les premiers temps de son mandat, François Hollande a tenté de fédérer les pays du Sud pour faire un contrepoids à l'Allemagne. C'était le temps où il n'était pas rare d'entendre des ministres français fustiger l'austérité budgétaire imposée par Berlin via Bruxelles. Les rapports entre les deux poids lourds de la zone euro sont apaisés. Il n'y a pas de différences de vues entre Hollande et Merkel sur les sujets critiques du moment (Grèce, Ukraine). Certes, le déficit français ne se réduit pas à la vitesse promise, mais des efforts de réformes structurelles sont menés, ce qui est une compensation suffisante. La BCE aidant, le spread de taux France-Allemagne s'est fortement contracté.
On pourrait considérer que c'est le moment propice pour être plus audacieux sur les réformes. L'histoire personnelle de François Hollande fait plutôt penser qu'il va attendre patiemment de meilleurs chiffres économiques. La fameuse « inversion de la courbe du chômage » promise depuis 2012 sera visible en 2016, un an avant les élections...
Cet article est réalisé par Fidus


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