Le président Gemayel, à Bkerké, en compagnie du patriarche maronite. Photo Émile Eid
Le chef du parti Kataëb, l'ancien président de la République Amine Gemayel, s'en est pris aux députés qui boycottent les séances à la Chambre pour l'élection d'un nouveau président de la République, estimant que « la situation dans laquelle le Liban se trouve actuellement est un suicide et un coup d'État contre la Constitution et la bonne marche des institutions ».
Une telle situation « constitue un danger pour le pacte national et l'unité nationale, surtout qu'une composante libanaise essentielle est occultée », a indiqué M. Gemayel, au cours d'un entretien samedi à Bkerké avec le patriarche maronite, Mgr Béchara Raï. L'occasion pour l'ancien chef de l'État de s'enquérir des résultats de la tournée de Mgr Raï au Vatican et en France.
« Nous savons que le problème intérieur est important. Cependant, la dimension extérieure du problème libanais a besoin d'être traitée, d'où le fait que nous comptons sur les visites du patriarche à l'étranger. Il existe une conviction commune que le problème à la base est libanais », a indiqué M. Gemayel à l'issue de la rencontre.
« Si l'intérieur n'aide pas à le résoudre, l'extérieur ne peut pas le faire. La situation à laquelle nous faisons face actuellement est une sorte de coup d'État contre la Constitution et la bonne marche des institutions. Les choses commencent à prendre une tournure destructrice et à atteindre le point de non-retour », a-t-il ajouté.
Amine Gemayel a indiqué qu'il avait été question, durant sa rencontre avec Mgr Raï, d'une gamme de solutions et d'initiatives dans les prochains jours, principalement au plan intérieur, pour mettre fin « au coup d'État contre les institutions et la Constitution ». « L'absence d'élection d'un président depuis le 25 mai dernier constitue un coup d'État contre la volonté du législateur, qui a élaboré les dispositions constitutionnelles pour préserver le Liban et le système, ainsi que la bonne marche des institutions », a noté M. Gemayel. « Utiliser ces dispositions dans une perspective insurrectionnelle contre tous ces principes est destructeur pour le pays. Il s'agit d'un suicide, d'abord au plan chrétien et maronite, puis au plan national général, puisque cela constitue un danger pour l'esprit du pacte national et l'unité nationale, d'autant qu'il existe une composante essentielle qui est occultée », a-t-il ajouté.
Selon le chef du parti Kataëb, le Liban traverse une étape difficile, d'autant que les régimes et les frontières qui l'entourent se disloquent. « Il faut cesser donc de jouer avec le feu, qui finira par embraser le Liban. À ce moment-là, il ne servira plus à rien d'être pris par le remords », a souligné Amine Gemayel.
L'ancien président de la République s'est dit prêt à toute initiative susceptible de résoudre la crise afin de préserver la Constitution et les institutions, estimant que le problème réside chez un camp qui paralyse l'élection présidentielle, et qui refuse de revenir à sa conscience et de donner la priorité à l'intérêt national et chrétien.


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