M. Machnouk au point de rassemblement des FSI à la Cité sportive. Photo Ani
Le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, a effectué hier une tournée dans la banlieue sud de Beyrouth pour inspecter les agents de l'ordre déployés dans ce secteur dans le cadre de l'application du plan de sécurité qui doit s'étendre à tous les quartiers de la capitale.
Accompagné du directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Ibrahim Basbous, et de plusieurs autres officiers, M. Machnouk ne s'est toutefois pas rendu, comme prévu, au siège du bloc parlementaire du Hezbollah, à Haret Hreik, et c'est finalement au siège du commandement de la brigade détachée pour la banlieue, à Ouzaï, qu'il a tenu sa conférence de presse. Sur les raisons de ce changement de programme, il a invoqué des « motifs techniques », sans donner davantage de précisions. Il a cependant fait état de contacts permanents avec les députés du bloc du Hezbollah, notamment dans le cadre du dialogue de Aïn el-Tiné. Notons que l'annonce de la visite de M. Machnouk à Haret Hreik avait été faite mardi soir par le Hezbollah et avait été reconfirmée hier matin.
Toujours est-il que le ministre a visité les principaux points où les agents des FSI sont déployés. Dans ses déclarations aux médias ainsi que dans sa conférence de presse, il a expliqué que l'application du plan de sécurité dans la banlieue beyrouthine était prévue depuis plus d'un mois et que les préparatifs allaient entre-temps bon train, avant de préciser que sa concrétisation n'est pas liée à un événement particulier.
Le plan, a-t-il rappelé, avait été appliqué en premier à Tripoli puis dans la Békaa. « Nous ne prétendons pas vouloir réaliser des miracles. Mais son application a bien montré que le choix de tout le monde porte sur l'État qui reste le seul refuge pour tous », a-t-il observé, affirmant avoir eu ce sentiment partout où le plan de sécurité a été réalisé.
Une liste de repris de justice
M. Machnouk a ensuite expliqué que celui-ci se poursuivra jusqu'à l'arrestation de toutes les personnes dont les noms figurent sur la liste des repris des justice, établie en coordination avec les différents services de sécurité. « Un certain nombre d'entre elles ont pu être arrêtées en peu de temps, simplement lors de leur passage à un barrage. Des perquisitions sont effectuées à la recherche d'autres. L'important est qu'on veut mettre un terme partout à l'anarchie qui prévaut au plan de la sécurité », a affirmé le ministre en relevant que même avec la fin du plan dans la banlieue, les services de sécurité continueront de rechercher les personnes faisant l'objet de mandats.
Il s'est félicité de ce que les autorités ont réussi à faire prévaloir la sécurité « au moment où les incendies qui entourent le pays ne cessent de gagner en force », que ce soit à travers le plan de sécurité, le dialogue (entre le courant du Futur et le Hezbollah) ou les contacts politiques, a-t-il indiqué.
Nouhad Machnouk a assuré qu'avec le temps, « les Libanais pourront pleinement réaliser que plus rien ne sera comme avant et que la sécurité sera maintenue fermement », en donnant l'exemple de la Békaa « où les statistiques des FSI montrent que les cambriolages, les vols et les rapts ont cessé à 95 % ». Selon ses explications, 2 295 agents et 90 officiers sont déployés dans le cadre du plan de sécurité qui associe les FSI, l'armée et la Sûreté générale.
Kamikaze présumé à Saïda...
En réponse à une question, M. Machnouk a reconnu qu'un homme soupçonné d'être un kamikaze a été arrêté à Saïda. « L'enquête se poursuit avec lui. Mieux vaut ne pas en parler avant qu'elle ne soit terminée », a-t-il commenté.
Au moment où le ministre donnait sa conférence de presse, les unités de l'armée des FSI et de la Sûreté générale effectuaient une série de perquisitions à Hay el-Sellom, Laïlaki et Haret Hreik où ils ont arrêté, selon le commandement de la Direction de l'orientation des forces régulières, plusieurs Libanais et un Palestinien, poursuivis pour tirs contre des civils et des militaires, et pour usage de la force contre des agents de l'ordre.


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