« Le Liban, riche de sa civilisation phénicienne et arabe, commune aux chrétiens et aux musulmans et ouverte à la Méditerranée et à l'Europe, n'a nul besoin de chercher à s'identifier à une quelconque civilisation étrangère, qu'elle soit perse ou ottomane » a affirmé le ministre du Tourisme Michel Pharaon lors du lancement à Jbeil de la deuxième édition du Festival poétique de l'alphabet, placé sous son patronage et organisé par le Conseil culturel de Jbeil en collaboration avec la Rencontre du lundi-Kesrouan et auquel ont participé six poètes libanais et arabes.
Soulignant à cette occasion « l'importance de la créativité artistique », le ministre Pharaon a assuré que « la poésie est porteuse de messages politiques et humains bien plus profonds que ceux que renferment les déclarations redondantes des politiciens ». Appelant à se rallier à la politique du dialogue, de la paix, du vivre-ensemble, de l'ouverture et du respect de l'autre, M. Pharaon a vivement déploré « l'impuissance de ce peuple libanais – pourtant grandiose – à élire un président de la République et voter une loi électorale ».
Dans son discours inaugural, le vice-président du Conseil culturel avait auparavant relevé que le Festival de l'alphabet se tient dans des circonstances environnantes de « saccage de la culture orientale, de destruction des vestiges et du massacre de la mémoire ».
Le député Neemetallah Abou Nasr s'est félicité également de « cette célébration de la fête de l'alphabet à l'heure où la barbarie tente d'effacer les plus belles civilisations », ajoutant : « Ils coupent les têtes avec l'épée et la hache, nous écrivons la paix, le dialogue et l'ouverture avec nos plumes. » Rappelant d'autre part « le défi de la coexistence harmonieuse des civilisations musulmane et chrétienne relevé par le Liban », le député a critiqué « les tentatives d'une seule communauté de s'emparer du Liban ».
Prenant la parole, le président du Conseil culturel, Antoine Raad, a mis l'accent sur « le respect que le Conseil porte au patrimoine, lequel doit en permanence s'injecter de sang nouveau en vue de l'avenir ».
Remerciant le ministre Michel Pharaon pour avoir proposé la candidature de la ville de Jbeil au titre de la capitale arabe touristique, le président de la municipalité de Jbeil, Ziad Hawat, a enfin annoncé le projet d'« un musée de l'alphabet dans la ville de Jbeil, qui sera financé par l'émigré libanais Carlos Slim ».
L'hymne de Jbeil a ensuite été entonné avant que les poètes entreprennent de déclamer successivement leurs poèmes.
Liban
Pharaon : Nul besoin pour le Liban de s’identifier aux civilisations perse ou ottomane
OLJ / le 29 avril 2015 à 00h00


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