« Aucun conteneur ne restera désormais plus de dix jours aux douanes », a promis hier le ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, lors d'une rencontre avec la communauté des affaires à la Chambre de commerce et d'industrie de Beyrouth. Le renforcement des contrôles douaniers il y a quelques semaines a provoqué la colère des importateurs qui se sont plaints des délais de dédouanement et des coûts subis en raison de l'entassement des marchandises au port de Beyrouth. Le ministre a une nouvelle fois défendu la nécessité de renforcer les contrôles pour lutter contre la contrebande et la fraude fiscale, mais il a fait état de nouvelles mesures d'assouplissement. « 40 à 45 % des marchandises passent désormais par le circuit aléatoire (par opposition au circuit rouge dans lequel les contrôles sont systématiques) », a-t-il indiqué en affirmant que cette proportion augmentera progressivement. « À partir de la semaine prochaine, il n'y aura plus d'engorgement au port de Beyrouth », a ajouté le ministre.
Plus de 14 000 nouveaux fonctionnaires
Ali Hassan Khalil a ensuite abordé la question du budget 2015, en déplorant l'explosion des dépenses salariales de l'État, qui ont atteint 6 727 milliards de livres en 2014 et qui devraient atteindre 7 100 milliards cette année. « Il n'est pas normal que le gouvernement approuve en un an l'embauche de plus de 14 000 nouveaux fonctionnaires. Les considérations sécuritaires justifient peut-être la priorité accordée à l'emploi de militaires et d'agents de sécurité, mais il faut savoir que cela a un impact direct sur l'économie et les finances publiques », a-t-il déclaré. En revanche, le ministre a estimé qu'il fallait renforcer les dépenses d'investissement. Si le budget 2015, qui comprend 35 à 40 lois de programmation, n'est pas approuvé, les dépenses d'investissements seront minimes, a-t-il prévenu.
Ali Hassan Khalil a également appelé le Parlement à se réunir pour voter des projets d'accord avec des bailleurs de fonds internationaux, pour financer différents projets d'investissement. Selon lui, plus de onze lignes de crédits bonifiés, d'une valeur totale de 900 millions de dollars, risquent d'être annulées si elles ne sont pas approuvées au Parlement.

