Les opérations de fusions-acquisitions dans le secteur de l'énergie ont nettement augmenté en 2014, et cette tendance devrait se poursuivre cette année, selon une étude du cabinet Ernst & Young (EY) publiée hier. « La valeur des transactions sur le secteur a augmenté de 41 % par rapport à 2013, représentant ainsi un montant de près de 177 milliards de dollars », tandis que « le volume des opérations a progressé de 19 % », atteignant 474 opérations, a décompté le cabinet. Dans les deux cas, cela représente le niveau le plus élevé de ces cinq dernières années, souligne-t-il, ajoutant que « l'année 2015 s'annonce aussi active que 2014 ». Si la zone Emea (Europe, Moyen-Orient, Afrique) est première en termes de nombre de transactions en 2014, avec 42 % du total, le continent américain a concentré plus de la moitié (54 %) de la valeur des opérations, ajoute EY.
Le cabinet observe aussi que les États-Unis ont privilégié les transactions à l'intérieur du pays, les acteurs du secteur cherchant principalement à « augmenter leurs actifs régulés pour diminuer leur risque » ou à « développer la part renouvelable de leur capacité de production ». A contrario, les transactions en Europe se sont davantage orientées vers des opérations transfrontalières pour répondre aux défis posés par les changements de régulation, par des redéploiements géographiques ou de leur modèle d'activité, note EY. Dans la région Asie-Pacifique, Inde, Chine et Australie ont représenté 80 % de la valeur des transactions, tirées pour les deux premiers pays par « les évolutions de régulation », et pour le dernier par la poursuite « des privatisations de la production électrique ». Enfin, « l'Afrique continue à susciter » l'intérêt « grâce aux politiques encourageant les investissements dans l'énergie et le développement de l'électrification. L'année 2014 a notamment vu le groupe américain de services pétroliers Halliburton racheter son compatriote Baker Hugues pour 35 milliards de dollars, et le français Alstom céder l'essentiel de ses activités énergétiques à l'américain GE, une opération estimée à 12,35 milliards d'euros. Et depuis le début de l'année 2015, la major anglo-néerlandaise Shell a annoncé l'acquisition du britannique BG Group pour 64,5 milliards, Schlumberger a pris 45,6 % du russe EDC pour 1,7 milliard de dollars.
EY souligne par ailleurs « la part prépondérante des transactions faisant intervenir un investisseur financier, private equity ou fond d'infrastructure, qui représentent en 2014 24 % des transactions, un niveau jamais atteint dans les cinq dernières années ». Les investisseurs financiers « devraient maintenir, voire intensifier, leur intérêt pour le secteur » en 2015, concourant de plus en plus avec les acteurs traditionnels. Le gérant d'actifs Carlyle a notamment annoncé en mars avoir levé 2,5 milliards de dollars pour investir dans le pétrole et le gaz hors des États-Unis.
(Source : AFP)

