Le groupe boursier Euronext entre dans une période d'incertitudes avec le départ surprise de son patron Dominique Cerutti, un homme très apprécié des investisseurs qui a su relancer l'entreprise depuis son introduction en Bourse l'an dernier. L'annonce mercredi soir de sa démission pour prendre la tête du groupe de conseil en technologies Altran était tout sauf attendue, M. Cerutti, 54 ans, ayant encore fait part récemment de son désir de s'inscrire dans la durée à Euronext. « L'heure de vérité, c'est maintenant. Donc je ne me vois pas partir parce que tout ce que j'ai fait ces dernières années, c'était pour ce qui commence aujourd'hui », indiquait-t-il à l'AFP en octobre. L'incertitude était palpable mercredi matin à la Bourse de Paris, où le cours perdait 2,43 % à 39,13 euros en fin de matinée. De son côté, Altran s'appréciait de 3,68 % à 9,71 euros. Son départ est « une vraie surprise pour tout le monde », confirme une source interne au groupe. « Nous sommes déçus, mais nous comprenons qu'il se lance dans ce nouveau défi à Altran », selon cette source. M. Cerutti a été la cheville ouvrière du nouvel Euronext, dont l'introduction en Bourse en juin 2014 sur ses propres marchés a été le premier aboutissement. Pour les analystes de RBC Capital Markets, « M. Cerutti est très compétent (comme le montre le fait que l'action a doublé depuis l'introduction en Bourse en 2014) et un enthousiaste promoteur de l'entreprise ». Le groupe a fait son entrée en Bourse à 20 euros, le cours de Bourse ayant grimpé jusqu'à 40 euros récemment. « Dominique Cerutti était clairement apprécié des investisseurs en raison du travail remarquable qui a été réalisé depuis la prise d'indépendance d'Euronext », constate un courtier parisien dans une note. Ce succès a effacé les dernières années tumultueuses pour ce groupe, qui chapeaute les Bourses de Paris, Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne.
Racheté en 2007 par le NYSE, mastodonte qui gère la Bourse de New York, le groupe passe sous pavillon américain, l'Europe ne devenant plus alors une priorité stratégique. Après l'échec de la fusion entre NYSE Euronext et l'allemand Deutsche Boerse en 2011, le spécialiste américain des dérivés ICE fait une offre fin 2012 sur le groupe transatlantique, mais se sépare des activités européennes continentales, ce qui sera fait en juin 2014. Lors de cette introduction en Bourse, M. Cerutti, qui a rejoint NYSE Euronext en 2009 après un long parcours au sein du groupe américain IBM, se bat alors pour redonner du lustre à Euronext et le protéger d'un éventuel rachat. Il met en place un noyau d'actionnaires regroupant des banques européennes et élabore une stratégie tournée davantage vers le financement des entreprises que vers les produits financiers sophistiqués, bénéficiant dans le même temps d'un dynamisme retrouvé du marché des introductions en Bourse avec une année 2014 quasi record. Le groupe va désormais s'atteler à trouver un successeur à Dominique Cerutti, dont le parcours et la culture d'entreprise « à l'américaine » pouvait détonner dans le milieu financier parisien. Il doit rester en place jusqu'au 15 juillet et notamment lors de la présentation des résultats pour le premier trimestre et l'assemblée générale du groupe, prévus début mai.
(Source : AFP)
Économie - Finance
Démission surprise du PDG d’Euronext
OLJ / le 24 avril 2015 à 00h00


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