La guerre... Elle peuple notre imaginaire depuis l'enfance – qu'elle fascine –, entre récits des anciens combattants et gestes plus ou moins héroïques comme aussi dans des films de cinéma américain. De ces fantasmes restent des codes qui survivent dans notre inconscient : l'affrontement d'armées organisées, hiérarchisées, mues par des nouvelles lubies de guerres « d'État islamique » ou de « Daech » dont la pseudo-victoire ou la défaite, toutes deux fictives, décideront soi-disant du sort des États voisins et du paysage moyen-oriental (la Croix-Rouge, les aides humanitaires et les conventions de Genève sur le traitement des civils, des prisonniers et des otages restant lettre morte).
Certes, à la guerre des rois et des croisés a succédé celle des nations et des nationalismes ;
la révolution technologique de ces dernières années, les capacités de destruction et de massacre ; la distinction entre militaires et civils s'estompe avec les gaz (dès la Première Guerre mondiale) et les bombardements massifs d'objectifs non militaires à partir de la Seconde Guerre mondiale, d'autant plus que les civils, objets de frappes au moins aussi exposés que les militaires, vont devenir également acteurs comme résistants ou partisans (guerres et guérillas de libération), comme nous le vivons actuellement.
Certes encore, on sait que la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens. Mais enfin, ces moyens sont si extraordinaires, la légitimation du meurtre à grande échelle est si opposée aux valeurs usuelles issues du Décalogue, que la coupure reste nette dans nos têtes : la guerre était et demeure une horreur, même si cette horreur est parfois le seul moyen de combattre le pire.
C'est cet ensemble de repères qui s'éboule irrémédiablement sous nos yeux. Le premier pan qui s'est effondré a été détruit à Hiroshima : le saut de puissance de destruction et de mort fut tel qu'aussitôt enclenchée la course au nucléaire, il fallut – et on y est parvenu heureusement – apprendre l'art d'accumuler des armes pour ne jamais s'en servir, de rester en permanence capable de faire la guerre dans la minute et de convaincre qu'on n'hésitera pas un instant à la faire. La « guerre froide », c'est-à-dire la « non-guerre » mais la menace d'un déclenchement de guerre immédiat, notamment pendant des décennies à travers la dissuasion nucléaire. Cet état de fait commençait à indiquer une sorte de porosité de la frontière entre guerre et paix, la généralisation d'une zone grise où les supergrands, se battant par factions ou petits peuples interposés, n'étaient ni vraiment déclarés ni vraiment pacifiques, comme par exemple « l'Ukraine aujourd'hui ».
Mais c'était finalement l'effondrement de l'URSS qui, sur ce terrain aussi, bouleversa encore plus radicalement la donne, en donnant un avantage stratégique radical aux USA, leur donnant les moyens d'un rêve de domination planétaire dans lequel le passage du commercial et du financier au militaire finit par se faire sans effort, au gré des intérêts définissant les « missions » et donc les « coalitions ».
Dans ce monde « post-11-Septembre », les mots semblent avoir perdu tout sens. Les terroristes sont toujours à l'œuvre en Syrie, en Irak, au Yémen, en Libye avec plusieurs douzaines d'attentats d'une spectaculaire gravité contre des civils innocents (hommes, femmes et enfants compris) à cause de leur appartenance communautaire, et nous voilà avec des centaines de veuves, de veufs et d'orphelins.
Les guerres qui sévissent au Proche-Orient sont menées par des terroristes qui ont pour but de désorganiser, semer l'angoisse et la peur auprès des peuples avoisinants : voilà ce que visent ces combattants et ces va-t-en-guerre. Chez eux, cette attitude procède d'une haine profonde du monde et de soi. Ces jeunes combattants égarés sont des ennemis non seulement de la démocratie, mais aussi de toute forme de civilisation. Ce qui compte, c'est la barbarie, les attaques inopinées sur des simples citoyens et étudiants. Les combattre, c'est affronter des primitifs résolus à détruire tout ordre social. Ils nous rappellent les temps éloignés de Gengis Khan. L'opinion mondiale n'a que trop tardé à se rendre compte du danger qu'ils présentent ; il n'y a pas lieu de chercher des excuses à l'inexcusable, et dans la plupart des pays tant en Occident qu'en Orient, on commence enfin à le comprendre et à réaliser, preuves à l'appui, qu'il faut absolument les éliminer en les anéantissant.
Si les terroristes sont en mesure de commettre leurs crimes, c'est uniquement, nous le savons, parce qu'ils ont l'appui financier et secret de certains pays qui partagent leur fanatisme. Mais il importe de distinguer très soigneusement qui sont leurs sympathisants.
Il y a tout d'abord ceux qui les aident directement en leur procurant refuges, armes, passeports falsifiés, soins médicaux, encouragements et appuis logistiques. Ceux-ci sont les vrais coupables. Même s'ils feignent d'ignorer leurs projets sataniques et inhumains contre les peuples démunis. Aucun citoyen, en effet, ne devrait plus ignorer désormais à quels agissements il pourrait se trouver ainsi mêlé.
Sont aussi coupables ceux qui barbouillent les murs d'inscriptions favorables aux terroristes sur les façades des murs des villes et des cimetières. Et ceux qui, aveuglément, sont hostiles à la religion et à la culture. Ils semblent approuver leurs objectifs, en paroles ou par écrit sur Internet, ou bien encore par des prières falsifiées tout en faisant semblant de contrecarrer d'ailleurs le recours à la violence. Ils manifestent un mépris total de toutes les créatures humaines ainsi que des sites historiques et archéologiques inscrits au patrimoine international de l'Unesco, et surtout de tout ce qui s'appelle évolution, transformation et progression.
Nous espérons – Dieu le veuille ! – que les belligérants connaîtront enfin la grâce, facteur de changement d'idées et de prise de conscience de leurs erreurs et de leurs idéaux erronés qui ont été condamnés par le monde entier. Il est temps de mettre fin aux chocs des armes et d'exprimer de la sollicitude envers tous ceux qui souffrent, de handicap, de perte de famille, de manque de foyer, de famine ou qui sont infirmes. Que la paix mette fin au fracas des armes et aux blessures physiques et morales.
Sylvain THOMAS


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef