L'événement était attendu avec impatience par toute la jeunesse de Beyrouth, et il fut tel qu'il dépassa tout ce qu'on aurait pu prévoir. La cohue élégante était celle des grands jours... Beaucoup d'animation, beaucoup de vie.
Excellent orchestre qui, du haut de la galerie, sous un dais rouge, communiquait aux danseurs l'entrain endiablé de son jazz, ou les berçait dans les languissantes mélodies des tangos et des valses : alors la salle entière baignée dans la tendre lumière mauve venant du parquet de verre, et éclairée doucement par les mille couleurs de sa coupole, paraissait vraiment un palais des Mille et une Nuits.
Les toilettes très élégantes retenaient l'attention. J'ai pu noter au passage : Madame J. Tabet en rouge et blanc, Mme A. Achou qui portait un très garçonnier costume-tailleur. Mme Delienne dans un joli ensemble et Mme Krebs toujours ravissante dans une teinte neutre. Mme Em. Achou dans une robe noire très distinguée. Mme Manchet en dentelle grise un peu sévère pour sa gracieuse jeunesse. Mme Traboulsi en crêpe imprimée. Mlle Sursock dans un ravissant ensemble vert et blanc et chez Jenny coiffée, telle Cléopâtre, d'un charmant casque en jersey blanc. Mlle Rizk en gris souris. Mlle E. Mattar en satin bleu, toutes deux très élégantes (...).
Une ombre à ce gracieux tableau, qui pourrait enlever si on n'y prend garde tout le charme de ces réunions, c'est la foule hétéroclite et sale de badauds fouilleux qui encombre la porte. Il est à espérer que la direction prendra des mesures sévères pour empêcher ces groupes compacts de portefaix et de cireurs d'obstruer ainsi l'accès de son établissement.
Carnet mondain
Mme Abadie-Gasquin recevra le jeudi 11 avril.
Mme Herbet ne recevra pas en avril.
Liban - Les Archives Racontent...
Le thé dansant du Grand Théâtre
Dans « L'Orient » du 10 avril 1929
OLJ / le 10 avril 2015 à 00h00

