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Nos lecteurs ont la parole - Belén Guàrner Banares

Regard d’une Espagnole...

Un an est déjà passé depuis que j'ai commencé à préparer mon voyage au Liban. Un jour, j'ai eu la chance de rencontrer un Libanais qui habitait Barcelone. Après lui avoir posé presque 100 questions sur le Liban et Beyrouth, j'étais prête à partir. Mais il avait encore une remarque à me faire : « Ne parle jamais de politique ni de religion avec un Libanais. Jamais. On n'a jamais vécu une dictature, on est toujours habitué à donner notre opinion. Si on n'est pas de l'avis de la personne avec qui on parle, on le frappe directement. »
Lorsque je suis arrivée au Liban, j'ai toujours eu la sensation que la politique était comme Voldemort dans Harry Potter. On sait que la politique nous entoure, qu'elle est là, mais on n'en parle jamais. Néanmoins, même si ça pourrait sembler une contradiction, j'ai toujours eu la sensation que tout le monde est très politisé ici, que tout le monde a au moins une opinion autour d'un sujet politique donné, n'importe lequel. Je peux voir, je peux sentir comment autour de moi la politique définit les Libanais, mais je n'arrive pas encore à comprendre. Je ne perdrai pas espoir, peut-être qu'un jour je réussirai à comprendre.
Si je m'arrêtais là, j'oublierais une question centrale sur la relation entre la politique et les jeunes. Ici, la politique, c'est-à-dire ce qui concerne l'organisation de l'État et la conception du pouvoir, n'est pas seulement une question de classe sociale, origine de la politique moderne européenne. C'est aussi une question de religion, une question d'ethnicité, une question de recherche de la différence avec l'autre. De plus, les influences des grands régimes de la région (syrien, iranien, saoudien) dans les affaires internes des pays voisins et l'apparition d'un nouvel élément pas du tout bienvenu comme l'est Israël font du Liban l'échiquier du Moyen-Orient. Et le Moyen-Orient, l'échiquier du monde.
Ça ne va jamais être facile pour moi de comprendre la situation qui se déroule autour du pays et de la région. Mais, à mon avis, même si je suis fille de l'éducation postcoloniale européenne, il ne faut jamais oublier que l'élément essentiel de la politique ce sont les gens. Bref, il ne faut jamais oublier que les gens font la politique.

Belén Guàrner BANARES
Étudiante en Master Info-Comm – USJ

Un an est déjà passé depuis que j'ai commencé à préparer mon voyage au Liban. Un jour, j'ai eu la chance de rencontrer un Libanais qui habitait Barcelone. Après lui avoir posé presque 100 questions sur le Liban et Beyrouth, j'étais prête à partir. Mais il avait encore une remarque à me faire : « Ne parle jamais de politique ni de religion avec un Libanais. Jamais. On n'a jamais vécu une dictature, on est toujours habitué à donner notre opinion. Si on n'est pas de l'avis de la personne avec qui on parle, on le frappe directement. »Lorsque je suis arrivée au Liban, j'ai toujours eu la sensation que la politique était comme Voldemort dans Harry Potter. On sait que la politique nous entoure, qu'elle est là, mais on n'en parle jamais. Néanmoins, même si ça pourrait sembler une contradiction, j'ai toujours eu la...
commentaires (2)

POUR CHAQUE DEUX LIBANAIS... TROIS OPINIONS... DU PRESTIGIEUX ET DU MIRACULEUX... QUOI !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

17 h 41, le 10 avril 2015

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Commentaires (2)

  • POUR CHAQUE DEUX LIBANAIS... TROIS OPINIONS... DU PRESTIGIEUX ET DU MIRACULEUX... QUOI !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    17 h 41, le 10 avril 2015

  • Au Liban, tout individu se croit investi d'un destin.

    Annie

    14 h 58, le 10 avril 2015

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