Les militaires ont été pris en otage par les groupes islamistes à Ersal en août dernier. Photo d’archives
Neuf mois se sont écoulés et les espoirs des familles des soldats détenus par les jihadistes depuis août dernier à Ersal sont maintenus à petites doses de fausses promesses de revoir un jour leurs enfants rentrer. Ces promesses sont émises tantôt par les groupes islamistes ravisseurs tantôt par les membres du gouvernement qui parlent de confidentialité et de médiations loin des caméras et des médias. Les familles ont lancé mardi un ultimatum d'une semaine au gouvernement, délai au terme duquel elles menacent de recourir à nouveau à l'escalade et aux blocages d'axes principaux dans le pays si des assurances concrètes concernant l'état de leurs enfants ne leur sont pas fournies.
Cette menace intervient en réaction à des rumeurs qui sont parvenues aux familles, rumeurs faisant état d'un éventuel transfert des neuf détenus par le groupe État islamique (EI) du jurd de Ersal vers la région de Raqqa, en Syrie. Ces informations n'ont été ni confirmées ni infirmées par le gouvernement, ce qui a accru la tension au sein du groupe des parents des otages « qui avaient pourtant renoncé de leur propre gré à recourir à des mesures mettant en péril les intérêts économiques des Libanais, en bloquant les routes », souligne Hussein Youssef, porte-parole des familles des militaires otages, interrogé par L'Orient-Le Jour.
Pour sa part, Youssef s'est montré sceptique quant à l'éventualité d'un transfert récent des militaires vers la région de Raqqa. « Il est géographiquement et pratiquement impossible de pouvoir déplacer des jihadistes sur plusieurs centaines de kilomètres en compagnie de détenus dans cette zone non seulement hostile à l'homme, mais qui est de même surveillée de notre côté de la frontière par nos troupes et du côté syrien par les troupes du régime syrien et ses services de renseignements », souligne-t-il.
Youssef a estimé qu'il n'y a d'autre part aucune percée dans ce dossier depuis plusieurs mois, surtout en ce qui concerne les soldats détenus par le groupe EI avec lequel les négociations sont presque inexistantes pour ne pas dire impossibles. « Le médiateur officiel en charge du dossier, le général Abbas Ibrahim, ne nous répond pas et les membres de la cellule de crise gouvernementale, le ministre de l'Intérieur, Nouhad Machnouk, et le ministre de la Santé, Waël Bou Faour, tiennent des discours différents, de quoi ôter tout sérieux à la manière avec laquelle est pris en charge ce dossier », reprend le porte-parole. Il a estimé par ailleurs que tout semble pour le moment confus et ceci ne peut pas durer de la sorte. « Nous ne voulons plus compatir avec les Libanais et leurs intérêts économiques, puisque personne ne semble concerné par notre détresse et nous exigeons donc des réponses à nos questions, d'ordre purement pratique. "Où sont nos enfants ?
Sont-ils toujours en vie ?
Nous mentent-ils à propos de leur sort ? Y a-t-il des compromis effectués sur le compte de nos enfants ? » martèle-t-il, la voix pleine d'émotion et de désespoir.
« Pourquoi l'affaire des camionneurs a déclenché une réponse tellement rapide de la part du gouvernement, s'est-il interrogé. Nos enfants sont les enfants de l'institution militaire, ils représentent toute la patrie et son autorité, ne méritent-ils pas autant d'attention ? »
Il s'est dit cependant confiant et optimiste, surtout en Dieu, quant à l'issue de cette « crise d'ordre national ».
Le porte-parole a enfin indiqué que les mouvements de protestation ne ressembleront en rien à ce qu'ils étaient auparavant, laissant planer le mystère sur les séries d'actions qu'ils ont l'intention d'entamer au cas où le gouvernement n'obtempère pas et que les responsables n'arrivent pas à avancer des garanties concernant la situation et le sort des militaires détenus.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine