Le Premier ministre recevant hier le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, en visite officielle au Liban, en présence de l’ambassadeur d’Iran. Photo Ani
Dans le cadre de sa tournée régionale, qui a déjà englobé l'Algérie, la Tunisie, le sultanat d'Oman et l'Irak, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Mortada Sarmadi, a entamé hier une visite officielle à Beyrouth, où il s'est entretenu successivement avec le président de la Chambre, Nabih Berry, le Premier ministre, Tammam Salam et le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil. Il devait rencontrer en soirée le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, en présence de l'ambassadeur d'Iran, Mohammad Fateh Ali. Les échanges ont porté, d'une part, sur les conséquences de l'accord-cadre sur le nucléaire et, de l'autre, sur les développements militaires au Yémen. De Aïn el-Tiné, le responsable iranien a souligné la nécessité de « faire cesser l'offensive militaire au Yémen, d'interdire la destruction de l'infrastructure du pays et le meurtre du peuple innocent, et surtout d'inciter les parties yéménites à entamer le dialogue ».
C'est d'ailleurs sur la crise du Yémen que s'est attardé le diplomate.
Lors d'une conférence de presse au Grand Sérail, il a évoqué « une erreur stratégique flagrante qui a été commise, et qui doit inciter tous les États soucieux de l'intérêt régional de s'unir pour trouver une issue convenable à la crise yéménite ».
« Lorsque la République islamique d'Iran déclare que l'offensive militaire au Yémen est une erreur stratégique grave commise contre ce pays, cela signifie qu'elle concentre tous ses efforts pour soutenir les initiatives politiques louables visant à y mettre un terme », a-t-il poursuivi. Insistant sur l'impératif d'une solution politique au Yémen, qui inclurait toutes les parties, il a préconisé « la formation d'un cabinet d'union nationale, la gestion du pays ne pouvant être confiée à une seule catégorie politique ».
C'est dans ce contexte qu'il a situé ses échanges avec les responsables libanais. « Nous souhaitons mettre au point, en concertation avec les autorités libanaises, un mécanisme susceptible d'instaurer la stabilité et la sécurité dans une région dominée actuellement par le terrorisme, l'extrémisme et le takfirisme, qui menacent toute la région et tous ses peuples », a-t-il déclaré.
Mais s'agissant du dossier libanais, et précisément de la présidentielle, Mortada Sarmadi a réitéré la position iranienne, selon laquelle « Téhéran ne s'ingère dans les affaires d'aucun État. Nous estimons que les élites politiques libanaises, les partis et les courants politiques sont capables de trouver des solutions et des issues à tous les problèmes, dont la présidentielle ». Il a souhaité dans ce cadre que « les mécanismes de dialogues déjà initiés marquent un pas dans ce sens ».
Il a réaffirmé, à partir du palais Bustros, « notre foi dans la capacité des parties libanaises à trouver l'issue convenable à l'état de vacance présidentielle ». Et de conclure, sur une note d'optimisme : « Nous souhaitons que l'étape prochaine apporte une issue à la présidentielle libanaise. »
Arrivé à Beyrouth en provenance d'Istanbul, le diplomate iranien avait été reçu par l'ambassadeur d'Iran et des responsables de l'ambassade, avant de se rendre immédiatement au « jardin des Deux Martyrs » (rawdat al-Chahideyn) pour se recueillir sur la sépulture de Imad Moghniyé.
Il doit en principe se rendre à Moscou lundi prochain.


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20 h 49, le 09 avril 2015