La vie politique doit reprendre sa vigueur après les fêtes pascales, avec une série de rendez-vous politiques, parlementaires et diplomatiques, le plus crucial sans doute, au plan local, étant la réunion que le bureau de la Chambre doit tenir, la semaine prochaine en principe, pour recueillir le point de vue des blocs parlementaires au sujet de l'ordre du jour de la prochaine séance plénière, tel que proposé par le chef du législatif, Nabih Berry.
Les avis des différents blocs détermineront la convocation ou non de réunions parlementaires. Des voix se sont déjà élevées pour critiquer un ordre du jour démesuré (33 points), qui ne correspond pas au principe de l'état de nécessité législative permettant à la Chambre de maintenir un fonctionnement minimal et de statuer sur des dossiers considérés comme étant urgents, en l'absence d'un chef de l'État. C'est le 14 Mars, notamment, qui conteste l'ordre du jour proposé et qui redoute principalement une banalisation de la vacance présidentielle. Cette coalition a déjà fait savoir qu'elle refuse de participer à des réunions législatives ordinaires, la priorité devant aller, selon elle, à l'élection d'un successeur à Michel Sleiman. Son argument est le suivant : si les parlementaires qui boycottent les séances électorales peuvent se déplacer, place de l'Étoile, pour approuver des textes de loi qui ne sont pas tous urgents par souci, disent-ils, d'assurer le bon fonctionnement des institutions, ils devraient, à plus forte raison, commencer par élire un président de la République.
Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, est revenu hier sur la question, vingt-quatre heures après que le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, eut pointé du doigt, sans le nommer, le Courant patriotique libre du général Michel Aoun, lui reprochant de bloquer la présidentielle, au cours de son homélie, lundi, à l'occasion de la messe célébrée à l'intention de la France. Ce à quoi le CPL a répondu indirectement hier dans son communiqué, en laissant entendre que sa position par rapport à ce dossier s'inspire du document de Bkerké datant de février 2014 « lequel avait insisté sur le respect des principes défendus par le pacte national ».
Les rapports entre Rabieh et Bkerké sont ainsi loin d'être au beau fixe. Signe indicateur de la dégradation des relations entre les deux parties : le général Aoun ne s'est pas rendu cette année auprès du patriarche pour lui présenter ses vœux pour Pâques, au moment où dans les milieux du 14 Mars, on se félicitait du discours du patriarche, même si on considérait qu'il est intervenu tardivement.
Sur un autre plan, la visite du secrétaire d'État adjoint, Anthony Blinken, à Beyrouth, semble avoir ouvert un ballet diplomatique sur la scène locale. Beyrouth s'apprête à accueillir incessamment Mortada Sarmadi, émissaire spécial du président iranien, Hassan Rohani, qui, à l'instar d'Anthony Blinken, doit expliquer aux dirigeants libanais les tenants et les aboutissants de l'accord sur le nucléaire iranien et discuter avec eux du dossier de la présidentielle, sur lequel l'ambassadeur d'Iran, Mohammad Fateh Ali, s'est arrêté hier en exprimant l'espoir qu'un chef de l'État sera élu sans tarder au Liban.
Le 20 avril, c'est le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui est attendu à Beyrouth pour superviser la livraison à l'armée du premier chargement d'armes françaises, financé par l'Arabie saoudite.
Toujours dans le cadre de ce ballet politico-diplomatique, le ministre saoudien des Télécommunications, Mohammad Soubal, est arrivé hier à Beyrouth. Il doit prendre part à la conférence du bureau exécutif du Conseil des ministres arabes des Télécommunications (qui s'ouvrira aujourd'hui au Mövenpick). Il aura, en marge de ces assises, une série d'entretiens avec les dirigeants libanais, portant notamment sur les attaques du leader du Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, contre Riyad. Celles-ci ont été vivement critiquées hier par le chef du PSP, Walid Joumblatt, au moment où l'ambassadeur d'Arabie, Ali Awad Assiri, faisait part au président de la Chambre, Nabih Berry, qui l'a reçu à Aïn el-Tiné, du mécontement de son pays face à la campagne de dénigrement menée par cheikh Nasrallah contre lui.
Liban
Intense activité politico-diplomatique après les fêtes pascales
OLJ / le 08 avril 2015 à 01h34


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